SCANDALES a répétition sur la représentation

....  SCANDALES  à  répétition  sur  la  représentation ! .... 

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.......... Vous m'accuserez sûrement d'exagérer et d'injustement surcharger mes articles par diverses considérations qui polluent mon sujet principal . Vous avez certainement raison ! Certes, mais je me dois d'insister sur le fait majeur se cachant dérrière ces lamentables actualités de corruption ou concernant les lacunes répétitives de nos élus : Nos représentants connaissent exactement ce qui se passe en Europe et en France, ... Ils connaissent trés exactement les problèmes, l'origine ainsi que les risques encourus à maintenir notre pays dans la direction et le cadre juridique ultra libéral internationaliste débridé au sein duquel nous vivons !. Nos représentants défendent-ils vraiment nos intérêts ? Voilà la vraie question -

Agissent-ils pour réellement défendre le progrés ? - Ils savent bien tout ce qui suit dans les articles tiers que je vous propose .... Quels sont les résolutions proposées ? L'actualité spectacle ( jeux, amusements, ou compétitions sportives ) ou l'actualité écran ( insécurité, conflit de domaine, procés ou scandales à répétition, ... ) se chargent de nous détourner des vrais sujets de fonds ainsi que sur les véritables moyens de les résoudre. ....

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.......   Je commence mon exposé par un renvoi à un article tiers sur le  "Le coût de la main-d’œuvre : comparaison européenne 1996-2008" - ( étude INSEE )- Je veux en venir au fait qui m'intéresse et qui justifie la création de cet article - Il s'agit de vous faire comprendre la chose suivante - A défaut d'un alignement des coûts par le haut, ce qui semble impossible sans une puissante solidarité internationale dans les milieux ouvriers qui n'est pas d'actualité, ou d'un alignement proportionnel par le bas respectant le partage des richesses entre les coûts et le pouvoir d'achat des ouvriers par "zone", qui ne peut avoir lieu dans le cadre d'un système libéral "stricto sensu", l'Europe économique se soldera dans tous les cas par la dégradation ( sachant  que ce processus est déjà engagé par le fait d'une inflation volontaire des prix et la stagnation des revenus salariés ) .... puis la disparition progressive pûre et simple de l'ensemble des dispositifs de solidarité fondés sur la répartition ( sécu - retraite, chômage, etc....). En effet, ces prélévements superflus en terme économique alourdissent les zones économiques qui s'y résolvent. La surcharge des coûts de production entraine donc la faillite progressive inexorable des zones offrant la meilleure protection à ses citoyens : Cette logique va contre le progrés social et surtout à l'encontre du discours des politiques qui affirment sauver le système. Les méfaits d'une mondialisation de l'économie livrée aux seules lois du marché est incontestable : Elle sera synonyme d'un retour de la lutte brutale des classes et des guerres de domaine. Une protection sociale privée ? Elle grêve sans contre partie ni garantie d'efficacité ou de pérennité les budgets des populations démunies. Il faut donc comprendre, d'un point de vue citoyen, que les choix actuels de nos politiques et représentants, contraire aux seules options salvatrices du niveau de vie des citoyens, ne vont pas dans le bon sens.

Curieusement, les "décideurs" incarnant la "représentation" feignent de ne pas voir ces réalités ou ne proposent que des placébos déjà employés dans le passé - Les seuls paramètres évoqués sont ceux des Taux d'intérêts, du coût de la main d'oeuvre, jugée trop onéreuse ( prétendument en raison des charges sociales ) ou l'extension perpétuelle des zones de marchés : Jamais n'est évoqué la question de la transparence bancaire permettant de traquer les patrons voyous, les truands cravatés, les gangsters de la drogue ou les profiteurs, ....l'encadrement des taux de profit et l'édiction d'une norme constitutionnelle sur le partage des richesses en entreprise,.... l'extension de la technique du rachat des entreprises par le collectif des employés réunis en coopérative,.... la création de marchés publics ouverts de confrontation des offres et de la / demande,.... l'extraction du facteur humain, celui du "coût de la masse salariale" des paramètres de la concurrence, l'édiction d'une norme salariale mondiale ( smic international ), de l'édiction d'une norme mondiale fixant une liste limitative des paramètres technologiques entrant dans le jeu de la concurrence, la création d'un véritable contrôle des conditions de travail et de rémunération lié aux organismes d'offre d'emploi ainsi qu'aux organes de défense des salariés. Ces organes pouvant alors saisir directement la justice et cela ... en amont des conflits pour boycotter les entreprises qui ne respectent pas les cnditions légales minima,... etc ..... Bref !.....

il s'agirait de préciser les régles du jeu du marché mondial de demain en allant dans le sens d'un progrés social et non pas vers une régression sans précédent comme il se pratique aujourd'hui ! ... Tout cela me laisse perplexe -

Voila la priorité logique du travail d'un représentant digne de ce nom sur notre bon vieux continent Européen - Est-ce la cas ? Loin s'en faut et l'actualité proposée au titre d'illustration sur cette page en atteste !... ? A moins que je ne sois qu'un fou délirant et paranoïaque : Ces faits, études et enquêtes venant de supports divers et variés dans l'espace, source et le temps, que je ne fais que centraliser sur ce support de démonstration, sont-ils réels et authentiques ? Oui ! Alors ? Au lieu de cela se fait encore entendre le seul et même son de cloche allant dans le sens des intérêts patronaux et visant un seul et unique paramètre : Réduire le coût de la masse salariale, les charges sociales jugées contraignantes - Tout autre paramètre est jugé impertinent !

On n'évoque pas l'idée impertinente d'aligner les normes par le aut en subordonant l'entrée sur nos marchés à la condition d'offrir aux travailleurs un niveau équivalent de protection ! .. ?? NON ! On aligne par le bas sous prétexte de liberté ! Par contre on vous oblige  à vous, les petits, à de plus en plus de normes contraignantes ( écologique, sécuritaires, etc, ...) qui alourdissent votre budget de sur-vie;... .Sommes nous des imbéciles pour croire aux mêmes promesses stériles exposées depuis plus de quarante années et d'attendre que des élites égoïstes s'occupent de nous ? Il s'agirait alors pour eux, politiques et géants de la finance ou industriels, de mettre tout le monde sur le même niveau de précarité, de pauvreté en partant de la norme des pays affichant les meilleurs taux de profit - Voilà ce qu'est en réalité de la mondialisation de l'Europe et de l'économie - Notre Europe n'est pas l'idéal politique souhaité par nos aïlleuls -

Face à ce pouvoir monétaire mondial, aucun contre pouvoir citoyen réel et efficace n'a été mis en oeuvre. Etonnant ? Les théses présentées par les grands partis politiques Européens n'affichent aucune proposition ni programme économique alternatif réel puisqu'il s'agirait efficacement de changer radicalement le système économique en revenant sur le principe domanial de partage et hiérarchique de notre société matérielle . Tandis que ceux-là continuent de promettre monts et merveilles en dépit de bon sens ! Sont-ils nos représentants ou les représentants d'une classe politique privilégiée au service du capitalisme sauvage mondiale ? J' espère qu'ils valent mieux que cela - L'avenir le dira - Je m'emporte encore ...... - Voici les articles à lire absolument et de vous faire... votre avis  .... Ce premier renvoi est un article de l'INSEE à lire sur le site d'origine

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http://www.insee.fr/fr/ffc/docs_ffc/ref/EMPSAL12e_D3_CMO.pdf

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........ Voyons maintenant quelques illustrations journalistiques de ce scandale Européen et mondiales qui laisse présager, uniquement pour des raisons de paradoxe culturel & psychologique, le premier aspect de la chute de notre civilisation princière et manufacturière -

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...............................http://www.lepetitjournal.com/saopaulo/societe/89239-esclavagisme--zara-pointee-du-doigt.html

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Des petites mains boliviennes et péruviennes travaillant dans des ateliers de couture de São Paulo plus de 12 heures par jour, des enfants de moins de 14 ans enchaînés à leurs machines à coudre, c’est ce que la police a découvert en remontant la filière de fabrication de vêtements vendus au Brésil par la célèbre marque espagnole Zara

L’enquête a débuté suite à une dénonciation anonyme en mai, dans la petite ville d’Americana, à l’intérieur de l’Etat de São Paulo. 52 personnes travaillant à la confection de vêtements dans des conditions dégradantes ont alors été libérées de l’esclavage par les inspecteurs du Ministère du Travail. En remontant la filière, ils ont abouti dans deux ateliers de couture, au centre de São Paulo et dans le nord de la ville.

Esclaves de l’ombre
Une quinzaine de Boliviens et Péruviens, dont une adolescente de 14 ans, tous clandestins, y confectionnaient des vêtements à raison de 12 à 16 heures de travail par jour, sans autorisation de sortir des ateliers, sauf en cas d’extrême urgence, comme le fait d’amener son enfant chez le médecin. Les pièces ainsi fabriquées se retrouvaient ensuite dans les boutiques Zara des shopping malls de luxe de la capitale pauliste.

Ces esclaves de l’ombre ont été recrutés directement dans leur pays d’origine par des hommes de main des sous-traitants de la grande marque espagnole. Séduits par les promesses du « rêve brésilien », ils se sont retrouvé enfermés dans des locaux surchauffés, sans salaire car leur patrons décomptaient de leur maigre paie le prix du voyage jusqu’à São Paulo.

Zara s’excuse
Les autorités brésiliennes ont fermé les deux ateliers, légalisé les employés libérés et dressé 52 contraventions contre leurs employeurs, pour travail dégradant, saisie irrégulière du salaire, dépassement du nombre d’heures légales de travail, non paiement des charges sociales, mise en danger de la santé des employés, insécurité et insalubrité des lieux, privation arbitraire de liberté.

« C’est une action exemplaire, explique Giuliana Cassiano Orlandi, inspectrice fiscale, car comme il s’agit d’une marque de renom international, cela fait comprendre aux consommateurs que les vêtement de griffe vendus dans les boutiques de luxe peuvent avoir été produits au moyen de travail esclave. » Le groupe Inditex, propriétaire de Zara International, a promis de son côté, de payer 140.000 R$ de charges sociales en retard, et d’enquêter sur ses fournisseurs pour se séparer de ceux qui ne respectent pas les lois du travail.

La pointe de l’iceberg
L’affaire Zara n’est peut-être que la pointe de l’iceberg. Le Ministère du Travail enquête maintenant sur une vingtaine de griffes de luxe, nationales et étrangères, qui pourraient aussi recourir à des sous-traitants pratiquant le travail esclave. L’enquête est secrète, aucun nom n’a été dévoilé, mais déjà avant Zara, les marques Marisa, Pernambucanas, et Collins avaient été épinglées pour soupçon de pratiques esclavagistes.

Au Brésil, le travail esclave est sous haute surveillance depuis des années, ce qui ne l’empêche pas de se perpétuer. Chaque 6 mois, le Ministère du Travail publie une liste noire d’entreprises accusées de pratiquer le travail esclave et le nombre de personnes libérées de ce joug par les autorités. Elles ont été 251, dans 16 Etats différents, fin juillet.

Le code pénal brésilien qualifie d’employé esclave une personne contrainte d’effectuer des journées de travail exhaustives et qui ne peut quitter son emploi à cause des dettes contractées auprès de son patron. L’Organisation Internationale du Travail (OIT) elle, définit le travail esclave comme « un acte de coercition exercé sur une personne qui doit réaliser certains types de travaux et reçoit une pénalité lorsque ce travail n’est pas effectué ».



Jean-Jacques FONTAINE (www.lepetitjournal.com – Brésil) mercredi 9 novembre 2011

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.............................................. http://www.rts.ch/emissions/abe/1371094-tomates-d-espagne-le-bagne-sous-cellophane.html

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Emission du 17 février 2004

 

Tomates d'Espagne : le bagne sous cellophane [DR]
Tomates d'Espagne : le bagne sous cellophane [DR]

 

Tomates d'Espagne : le bagne sous cellophane

 

Les cultures intensives d'Andalousie produisent des tomates tout au long de l'année. Dans quelles conditions y travaillent les ouvriers agricoles ? Quel bilan écologique tirer de ce mode de production et de distribution ? En collaboration avec Kassensturz, ABE tente de répondre à ces questions.

 

On sait depuis quelques années déjà que les bananes sont produites dans des conditions inhumaines, d'où le succès du label Max Havelaar. On hésite à acheter en plein hiver des petits pois acheminés par avion du Kenya parce qu'il y a quand même des limites au gaspillage. Et franchement, l'idée qu'un tee-shirt ou des baskets puissent avoir été cousus ou collés par les mains d'un enfant en Inde ou au Viêt Nam nous donnait presque envie d'apprendre le tricot et d'opter pour des birkenstock.

Mais, c'est la conscience sereine que nous craquions pour une magnifique barquette de fraises ou pour quelques belles tomates espagnoles. On se disait que l'Espagne au moins, c'est l'Europe, la démocratie, le soleil en plus. Jusqu'à ce que l'on découvre le bagne sous cellophane. Derrière ces produits aussi, il y a des conditions de production inacceptables. Avec nos collègues de Kassensturtz, nous avons décidé de faire le point.

On a fini par l'oublier, mais les tomates étaient autrefois réservées aux tables estivales. Depuis une quinzaine d'années, on s'est peu à peu habitués à les consommer toujours plus tôt.

Pour faire mentir les saisons, une grande partie de ces fruits ont parcouru 2000 kilomètres, soit la distance qui sépare la Suisse d'Almeria, en Andalousie.

Cet océan de serres en bordure de mer a été surnommé la Californie de l'Europe. 35'000 hectares sous plastique, soit une fois et demi le lac de Neuchâtel. Cette région est l'une des plus sèche d'Europe, il n'y pleut pratiquement jamais. Mais il y a 20 ans, on a compris que ce soleil qui brûlait tout permettait aussi de faire mûrir des tomates en plein hiver.

Auparavant, les habitants de la région partaient vers le nord en quête de travail, notamment dans les serres hollandaises. Depuis, les travailleurs immigrants ce sont les autres, des Marocains pour la plupart.

En février 2000, les conditions de vie de ces ouvriers agricoles ont brusquement surgi à la une de l'actualité. Suite au meurtre d'une jeune femme espagnole, une partie de la population d'El Ejido s'est livrée a une véritable chasse aux Marocains. Durant trois jours et trois nuits, sous le regard passif de la police locale, la foule s'en est prise à tout ce qui touchait de près ou de loin ceux que l'on appelle ici les Maures.

Depuis, malgré la promesse faite aux immigrés de leur fournir conditions de vie et logements décents, rien n'a été entrepris.

Raymond Gétaz est agriculteur et membre du Forum civique européen, une organisation qui a mené une vaste enquête sur place et qui, depuis un an, observe l'évolution de la situation dans les serres espagnoles. Le constat est sévère : "Il y a eu plus de 700 plaintes, mais aucune enquête. Il faut vous imaginer, il y a des gens qui ont été tabassés, des maisons qui ont été brûlées, énormément de biens qui ont été complètement détruits, et malgré ça, toutes les enquêtes ont été classées, ou elles sont quelque part dans les tiroirs."

Le mépris de l'homme

Pour la majorité des travailleurs immigrés, la loi espagnole ne s’applique pas. En particulier pour tout ceux qui sont là clandestinement. La seule règle est celle que dictent l’offre et la demande sur le marché de l’emploi. Le salaire est d'environ 5 francs de l’heure pour travailler dans des serres où la température dépasse souvent 40 degrés. 

Mais le problème le plus grave réside dans les conditions de logement. La grande majorité des ouvriers agricoles vit loin des villes, dans des hangars désaffectés ou sur les rares espaces jugés impropres à la culture des légumes. Plus de la moitié de ces logements ne disposent pas d’eau potable et de sanitaires, près d’un tiers n’ont pas l’électricité. 

Au nord de l’Europe, la main d’œuvre représente la moitié des coûts de production d’une tomate. En Andalousie, elle est inférieure au tiers. Cette réalité appartient à la politique agricole commune. Selon Raymond Gétaz, cette différence est due à une spécialisation des productions : "En Europe du nord, on produit beaucoup de viande, de lait, de sucre, de céréales, des produits où toute la production est réglementée, avec des quotas, des limites de production, etc. Et de l’autre côté, en Europe du sud, on produit des fruits et légumes, en concurrence, un pays envers l’autre. Cela donne la possibilité d’employer beaucoup de main-d’œuvre, au noir notamment. Je pense que toute cette production qui a lieu, pas seulement à El Ejido, mais aussi en Sicile, en Crête ou à Chypre, ou dans d’autres pays de l’Europe du sud, peut-être en Hongrie aussi, ce sont des situations qui sont concurrentielles, les unes avec les autres, et elles ne peuvent pas marcher sans main-d’œuvre au noir, c’est quelque chose de voulu."

Depuis un an, à El Ejido, la situation s’est encore dégradée. D’une part, la municipalité décourage l’accès des ouvriers marocains à la ville, ils sont chassés et ne savent pas où aller, d’autant que de nombreux logements ont été détruits, officiellement à cause de leur insalubrité. Mais rien n’a été reconstruit. De plus, en janvier dernier, le gouvernement espagnol a durci sa politique vis-à-vis de l’immigration clandestine. Pour les travailleurs au noir, la précarité est encore plus grande. En fait, en Andalousie, la seule chose qui change, c’est que les Marocains commencent à être remplacés par une autre main-d’œuvre, venue de Lituanie, de Pologne ou d’Ukraine, et surtout d’Equateur. Aux yeux des patrons espagnols, ces derniers présentent deux qualités : ils parlent la langue et sont catholiques, pour le reste, les conditions de travail sont tragiquement les mêmes.

Sur le marché mondial des fruits et légumes, la concurrence est telle que les producteurs compriment leur coût là où c’est le plus facile, c’est-à-dire sur la main-d’œuvre. Un système qui méprise à ce point l’homme, n’a, a fortiori, aucun égard particulier pour la nature. En Andalousie, les maraîchers prospèrent grâce aux immigrés, au soleil et à l’eau. 

Début mars, 120'000 Espagnols descendaient dans la rue à Madrid pour protester contre le plan hydrologique national. Un projet du gouvernement visant à transférer une partie des ressources en eau du nord du pays vers le littoral sud.

Plus aride, le sud concentre aussi l’essentiel de l’agriculture irriguée. Et à lui seul, l’arrosage des cultures représente 80% de la consommation en eau du pays. Or, pour maintenir la production actuelle dans ces régions, l’approvisionnement naturel pourrait bientôt ne plus suffire. Raymond Gétaz explique que "la région d’Alméria a l’avantage d’avoir trois nappes phréatiques à des profondeurs différentes qui sont très aquifères et qui ont un très grand potentiel. Ces nappes ont commencé à être exploitées à partir du début des années 50. Il y a eu des forages, mais très vite, ces nappes ont été surexploitées. Ce qui a fait que d’abord c’est la première nappe, à 500 mètres, qui s’est salinisée, ensuite c'est celle à 1000 mètres, et maintenant, par endroit, par région, ils sont déjà obligés d’aller à 1500 mètres pour avoir de l’eau à peu près propre.

57% des forages, qui sont actuellement en place, sont des forages illégaux, et au vu et au su de tout le monde. Là aussi, il y a des complicités qui sont graves, parce qu’on peut s’imaginer qu'avec des nappes phréatiques en profondeur salinisées, c’est pour des générations que cette eau ne sera plus utilisable."

Et au rythme actuel, les experts estiment que sous le potager de l’Europe, les nappes seront épuisées d’ici 10 à 15 ans. Pour l’instant, la réponse du gouvernement consiste à vouloir transvaser une partie des eaux de l’Ebre et à les acheminer par canaux jusqu’aux serres du sud. Aujourd’hui, en Espagne, nombreux sont ceux qui s’y opposent et réclament une véritable politique de gestion à long terme des ressources en eau.

Pour donner la mesure de l’absurdité d’une telle gestion à court terme, sachez encore que, non content de vouloir transférer l’eau de l’Ebre vers le sud du pays, le gouvernement espagnol envisage aussi de passer un accord avec une société privée française pour pomper de l’eau du Rhône dans la région de Montpellier afin d’alimenter celle de Barcelone.

Mais le problème écologique ne se résume pas à l’eau. Il y a toute la question de l’utilisation des engrais chimiques et des pesticides.

Le mépris de l'environnement

Dans la région d’Almeria, la densité et l’étendue des serres posent de nombreux problèmes phyto-sanitaires. Une telle concentration de cultures facilite la transmission des maladies, notamment virales. Et comme il est difficile de pratiquer la lutte biologique à une telle échelle, les producteurs multiplient les traitements préventifs.

Les producteurs espagnols sont soumis aux mêmes normes que celles en vigueur dans les autres pays européens. L’emploi des pesticides est en principe contrôlé par les coopératives qui commercialisent la production. Pour autant, les maraîchers andalous utilisent 3 à 4 fois plus de pesticides que leurs homologues hollandais.

L’une des raisons tient aux variations de températures entre le jour et la nuit. L’atmosphère d’une serre peut passer de 4 à 40 degrés, d’où une forte condensation. Résultat : l’emploi régulier de fongicides pour prévenir l’apparition de moisissures sur les plantes. 

Avant d’être expédiés vers le nord de l’Europe, les légumes ont, en général, droit à un bain, histoire d’effacer toute trace. Les fongicides, à base de cuivre par exemple, ont tendance à colorer les tomates en bleu. ça n’est pas dangereux, mais le rouge se vend quand même mieux. 

Mais que reste-t-il après cette petite toilette ? Pour le vérifier, nous avons effectué un sondage.

Les arrivages d’Espagne étant quotidiens, nous nous sommes rendus chez les principaux distributeurs et avons acheté, au cours de la même journée, différentes sortes de tomates.

Afin de nous livrer leur bulletin médical, les fruits ont été confiés au Laboratoire cantonal de Genève.

Au total, 43 substances ont été recherchées, soit 21 fongicides et 22 insecticides. Toutes correspondent à des pesticides qui sont autorisés dans les cultures, tant en Suisse qu’en Espagne. 

Pour bon nombre de ces substances, l’expérience montre que le simple lavage des fruits ne suffit pas à les éliminer totalement. Claude Corvi, chimiste cantonal, ajoute qu'"il faudrait vraiment frotter le fruit pour pouvoir enlever toutes ces traces. Mais d’autre part, certains de ces produits sont des produits que l’on appelle systémiques, c’est-à-dire qu’ils pénètrent dans la sève, ils sont véhiculés par la sève de la plante, et dans ce cas-là, ils se retrouvent à l’intérieur du produit."

Résultats

Dans notre sondage, aucune trace d’insecticides n’a été trouvée. Par contre, 60% des échantillons contenaient un ou plusieurs fongicides, heureusement dans des teneurs conformes à ce qui est autorisé en Suisse.

Dans le détail, 4 échantillons ne présentent aucune trace de pesticides. 

- Il s’agit de tomates grappes achetées à la Coop de Signy

- Chez Jumbo à Vernier

- Ainsi qu'à Migros Genève

- Et de tomates rondes vendues au détail chez Aligro à Genève.

Dans tous les autres échantillons, le laboratoire a trouvé des fongicides :

- Ainsi, chez Magro à Etoy, les tomates cerises présentaient des traces de procymidone.

- Même constat chez Jumbo à Vernier, pour des tomates charnues.

- Ensuite, chez Waro à Vich, les tomates cerises contenaient du Chlorothalonil.

- Chez Manor à Chavannes, les grappes présentaient des traces de Dichlofluanide.

- A Migros Genève, les tomates rondes, vendues en action, contenaient des traces de procymidone et d’iprodione.

- On termine avec Aligro à Genève, où les tomates extras contenaient les traces de 3 fongicides : procymidone, chlorothalonil et oxadixyl. 

Malgré cet inventaire de termes barbares, ces résultats ne surprennent pas le laboratoire : "...c'est un résultat qui est normal au niveau des concentrations mesurées, mais qui est relativement élevé au niveau de la fréquence d’apparition de ces résidus. Ceci se retrouve fréquemment dans des produits d’origine espagnole, voire italienne ou marocaine. Par contre, dans des pays du nord, en Suisse par exemple, nous avons moins de résidus, parce que nous utilisons moins ce type de produits parasitaires dans les cultures sous serres, et que nous avons un système de production intégrée par exemple, où les produits ne sont utilisés que lorsque nécessaire, et non pas de façon préventive et systématique."

Effectivement, en juin dernier, on avait fait le test pour les tomates vendues en Suisse et le laboratoire n’avait décelé aucun résidu. Au choix, on préfère donc ne pas avaler du tout de pesticides, même si les traces décelées sont faibles. Mais là encore, c’est une question d’éthique, car le principal danger des pesticides est moins pour celui qui consomme les légumes que pour l’ouvrier agricole qui les pulvérise. Pour vous donner une idée, une étude portant sur 506 hospitalisations pour intoxications aiguës chez des ouvriers agricoles de la région d’Almeria en 1996 fait état de 5 % de décès. En d’autres termes, chaque année, des hommes se détruisent la santé ou meurent en produisant des légumes qui seront consommés ici. Dans ce système d’agriculture, les producteurs sont plus préoccupés par les normes en vigueur chez nous que par la santé de leurs ouvriers là-bas. 

Mais le sinistre bilan ne s’arrête pas là. Comme il faut acheminer ces tomates d’Andalousie jusqu’en Suisse, on utilise des camions. Et le transport a lui aussi un coût écologique.

Entre les serres andalouses et la Suisse, les camions parcourent 2'000 kilomètres. Sur cette distance, un 38 tonnes brûle environ 800 litres de gasoil. D’après les calculs effectués par l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), l’énergie dépensée pour transporter un kilo de tomates espagnoles permettrait, par exemple, de faire bouillir 4 litres de lait, ou faire cuire une belle ratatouille.

Mais le plus préoccupant réside dans les émissions de CO2. Sur le trajet, chaque camion libère 2 tonnes de dioxydes de carbone dans l’atmosphère. Du point de vue de l’effet de serre, la contribution n’est donc pas négligeable.

Chaque année, près de 40 mille camions quittent l’Espagne en direction de la Suisse, mais ce n’est encore qu’une petite part des 1 million 800 mille poids lourds qui transportent les marchandises espagnoles vers le nord de l’Europe.

L’économie européenne s’appuie sur le transport par route. Ces vingts dernières années, le trafic n’a cessé d’augmenter au fur et à mesure que s’organisait le partage de la production à l’échelle du continent.

Aujourd’hui, trois-quart des marchandises voyagent en camion. En valeur, cela représente même le 9/10ème des échanges commerciaux. Outre les problèmes écologiques que cela pose, on commence à atteindre certaines limites géographiques. En certains points de passage du continent, la saturation est permanente. Pour Patrice Salini, membre du Conseil national français des transports et expert auprès du Conseil des ministres de Bruxelles, "...on a bien conscience que les taux de croissance actuels nous emmènent quelque part dans le mur, d’où cette prise de conscience européenne. Au niveau communautaire, comme au niveau national, on parle de plus en plus de politique de développement de transports combinés, d’alternative autoroutière. Il y a donc une prise de conscience, le problème, c’est que l’on a énormément de difficultés à mettre en place des politiques efficaces."

Actuellement, l’une des alternatives aux camions, c’est évidemment le rail. Ou, plus précisément, la combinaison des deux. Pour l’instant, à peine 3% des marchandises échangées empruntent cette voie.

Il faut dire qu’en matière de gros cubes, les transporteurs sont devenus des entreprises européennes, alors que dans le monde du rail, chaque compagnie veille encore jalousement sur ses prérogatives nationales.

Patrice Salini ajoute encore que les discours bougent davantage que les actions concrètes : "Je crois qu’il y a une prise de conscience terrible. On est en train de se rendre compte qu’il ne suffit pas de dire nous sommes favorables à un système ou un autre, qu’il ne suffit pas de se mettre d’accord collectivement pour favoriser un système, mais qu’il faut débloquer des sommes considérables pour aider à un déplacement même faible des transports, d’un mode vers l’autre, ou même d’un système vers l’autre."

Effectivement, la construction d’un réseau ferré capable d’absorber le trafic marchandises se chiffrerait en milliards de francs. Et ce type d’investissement ne produirait véritablement ses effets que dans une vingtaine d’années. Pour les financiers, comme pour les politiciens, le profit à court terme est nul.

En résumé, personne ne peut nier que le prix payé sur le plan humain et écologique, pour avoir des tomates et autres légumes toute l’année, et bon marché, est trop élevé.

Ceux qui importent ces produits, ce sont les grands distributeurs. Comment comptent-ils répondre à ces problèmes, envisagent-ils seulement des solutions ? Nous avons invité les responsables de Coop et Migros.

André Mislin, membre de la direction romande de Coop, et Johan Züblin, ingénieur agronome et responsable de la qualité pour Migros Zürich, répondent aux questions d'Isabelle Moncada. 

Isabelle Moncada : Etes-vous au courant de ce qui vient d'être dit ?

- Johan Züblin : Oui, nous sommes au courant de certaines choses, mais pas toujours dans les détails. Comme nous travaillons avec des fournisseurs à long terme, nous savons avec qui nous travaillons, et nous sommes aussi au courant des événement de El Ejido. Nous avons un ingénieur agronome qui travaille sur place pour nous, et qui nous informe de ce qui se passe dans la région. Moi-même, je me suis rendu sur place avec une équipe au mois de novembre pour me rendre compte de la situation.

- André Mislin : Nous sommes également au courant de ce qui se passe dans la région. Nous avons d'ailleurs délégué un groupe de travail de trois personnes, notamment le directeur des achats du groupe, le directeur du service qualité, ainsi que le responsable achats fruits et légumes. Ils sont allés sur place au mois de février. Et j'aimerais encore préciser que nous faisons partie du l'Euro Groupe, une des plus puissantes centrales européennes, qui travaille pour améliorer nos relations avec les fournisseurs.

IM : Puisque vous êtes au courant, cela voudrait dire que vous ne vous préoccupez pas tellement des questions d'éthique ?

- JZ : Non, nous sommes très préoccupés, mais nous avons tous été très surpris de ce qui se passe en Europe. Nous avons beaucoup axé notre politique éthique et sociale sur les pays en voie de développement, avec Max Havelaar, le textile en Inde et tous ces programmes qui marchent très bien. Nous avons aussi fait des codes de conduite pour ces pays avec des organisations internationales, des ONG, et on a soudain été surpris d'être confrontés à un problème si grave en Europe. Alors, il faut un certain temps pour trouver comment nous pouvons faire maintenant pour améliorer cette situation.

IM : Si vous êtes choqués par cette situation, pourquoi ne suspendez-vous pas, par exemple, les importations en attendant que les choses changent ?

- AM : Non, le groupe est tout à fait conscient qu'il faut travailler en profondeur. Nous avons aussi des codes de conduite selon les normes de l'Organisation internationale du travail. Nous contraignons les sociétés à ce qu'elles soient accréditées aux normes SA 8000, et nous avons établi une charte pour les petites sociétés qui n'ont pas les moyens de se payer cette accréditation. Si elles ne respectent pas ces conditions, nous ne pouvons rester leur partenaire.

IM : Mais, en attendant, est-ce que les choses changent et qu'est-ce que vous allez faire ?

- JZ : Au mois d'avril 2000, un mois après les événements, nous avons envoyé quelqu'un sur place faire des audits auprès de nos fournisseurs avec qui nous travaillons depuis longtemps. Mais comme ils sont très nombreux, nous faisons le contrôle au niveau des coopératives, qui ont deux à trois cent membres. On visite aussi des producteurs, mais c'est impossible de les visiter tous. Dans la dernière lettre que nous leur avons envoyée, nous demandons aux fournisseurs de revoir toutes les démarches qu'ils font sur place et de nous communiquer ce qu'ils veulent faire concernant l'approche éthique et sociale, par exemple dans la possibilité d'offrir des logements de bonne qualité. Et à la fin de l'année, nous retournerons sur place faire une évaluation de la situation. Mais je précise, nous travaillons avec de très bons producteurs et fournisseurs, que nous connaissons depuis longtemps, et qui n'ont pas eu de problèmes ces derniers mois.

IM : En dehors de l'hébergement et des conditions dramatiques dans lesquelles vivent ces ouvriers, il y a aussi les conditions salariales qui sont extrêmement mauvaises. Cela ne vous dérange pas de continuer à importer des produits dans ces conditions ?

- AM : Mais oui, cela nous dérange. C'est pour cela que l'on travaille avec cette charte sociale mise en place. Dans celle-ci, un minimum de salaire a été fixé par le gouvernement. Nous demandons à ce que ces coopératives la respectent.

IM : Mais vous faites de la concurrence au niveau du prix, alors pourquoi ne faites-vous pas de la concurrence au niveau éthique, en permettant notamment au consommateur d'avoir le choix, comme pour les bananes du label Max Havelaar par exemple, et de payer peut-être un peu plus cher certains aliments, mais produits dans de meilleures conditions ?

- AM : Le consommateur a le choix en ce qui concerne les fruits et légumes. Il faut dire que 73% provient de notre pays. Tout ce qui est importé, ce sont des fruits et légumes que l'on ne trouve pas ici toute l'année.

IM : Vous pourriez décidé, tant que les conditions sociales ne se sont pas améliorées, de ne pas fournir des tomates toute l'année ?

- JZ : Nous sommes des petits dans la région d'Alméria. Si l'on fait un label seul, on n'a pas de poids. Je pense qu'il faut se mettre ensemble. Nous sommes en contact avec des distributeurs européens pour trouver un moyen de faire quelque chose. En dehors de ce que l'on fait avec nos contrats envers nos fournisseurs, de voir avec des partenaires européens pour avoir plus de poids. Et ensuite, d'agir aussi ailleurs qu'à Almeria.

Si vous voulez faire connaître votre avis à Coop et Migros, le Forum civique européen (cliquez sur le lien dans la colonne de droite) en collaboration avec la Fédération romande des consommateurs, propose une lettre-type de protestation. L’adresse : Forum civique européen, boîte postale 4004 Bâle.

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............... Nos élus protègent les intérêts des consommateurs ? Dit-on ! IL doit alors y avoir des lacunes ! ... Saviez-vous que  les produits de beauté, les bonbons sont toxiques pour la pluparts,... Que nos concentrés de tomates, produits de manière monopolistique en chine et sont empoisonnés ... Oui empoisonnés ! ...

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.............................  http://www.lepoint.fr/societe/sauce-tomate-la-mafia-derriere-l-or-rouge-17-05-2017-2128178_23.php#section-commentaires
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Sauce tomate : la mafia derrière "l'or rouge" ?

Dans son livre "L'Empire de l'or rouge", Jean-Baptiste Malet lève le voile sur ce qui se trame derrière le business du concentré de tomates.

PAR 6MEDIAS

Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

Les pratiques mafieuses proliféreraient à l'ombre des tomates.

Les pratiques mafieuses proliféreraient à l'ombre des tomates. © DR

 

Le marché de la sauce tomate et du concentré de tomates représente-t-il un nouvel eldorado pour les mafias du monde entier ? Dans son livre L'Empire de l'or rouge : enquête mondiale sur la tomate d'industrie, aux éditions Fayardle journaliste du Parisien Jean-Baptiste Malet lève un coin du voile sur ce juteux commerce. Au terme d'une enquête de deux ans et demi tout autour du monde, le constat de l'auteur est clair : « La tomate d'industrie est un produit de marchandise de prédilection des mafias. »

Jean-Baptiste Malet, après avoir enquêté sur les pratiques d'Amazon, a notamment exploré l'Italie, grand fournisseur de tomates, mais aussi de sauces, concentrés ou tomates pelées. Dans son livre, il révèle qu'une grande partie des tomates qui sont utilisées dans ces sauces « fabriquées en Italie » proviennent d'autres pays. C'est l'assemblage seul qui est réalisé dans la péninsule et suffit à revendiquer une fabrication locale. Les tomates utilisées sont notamment originaires de Chine, 2e producteur mondial de tomates d'industrie. Des « hybrides, [qui] poussent sous la terre et ont la peau plus épaisse » et sont souvent ramassées par des enfants et des adolescents.

« Tomato business »

Mais même les tomates italiennes ne sont pas toutes blanches puisque Jean-Baptiste Malet relève que la « quasi-totalité des Africains, Bulgares et Roumains qui travaillent dans les récoltes, notamment dans la province de Foggia (Pouilles), ne sont pas déclarés ». Le « tomato business » et ses faux étiquetages bien moins sévèrement punis par la loi que le trafic de drogue permettent aux mafias de prospérer et de blanchir de l'argent, relève l'auteur. Il estime que leur chiffre d'affaires dans ce secteur est de « 15,4 milliards d'euros en 2014 ». « Il n'a jamais été aussi facile pour les entreprises criminelles de faire fructifier des capitaux sales. » Pour lui, « la criminalité dans l'agroalimentaire a pris une telle ampleur en Italie que les institutions la désignent sous le terme d'agromafia ». ( ..,... )

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........................... http://www.20minutes.fr/sante/2001127-20170123-e171-dentifrices-bonbons-vrais-risques-colorant

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E171 dans les dentifrices et bonbons: Quels sont les vrais risques de ce colorant?

POLLUTION Une récente étude de l'Inra montre que ce colorant, présent dans beaucoup de produits alimentaires et cosmétiques, attaque le système immunitaire chez le rat...

Illustration de bonbons.
Illustration de bonbons. - Pixabay
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Haro sur le M & m’s, les Têtes brûlées et le dentifrice ? Une nouvelle étude scientifique a de quoi inquiéter : le dioxyde de titane, présent dans bien des produits de consommation, que l’on repère sur les emballages sous le sigle E171, pourrait être dangereux pour la santé. Faut-il renoncer à se brosser les dents et interdire tout bonbon aux enfants ? 20 Minutes fait le point.

Que dit l’étude de l’Inra ?

Une étude de l’Institut national de la recherche agronomique a en effet dévoilé vendredi que ce colorant provoque des lésions précancéreuses chez le rat. Or, l’E171 est utilisé de façon courante, aussi bien dans les bonbons que dans le dentifrice. L’étude montre pour la première fois chez l’animal que l’E171 pénètre dans le sang, la paroi de l’intestin et se retrouve dans l’organisme. Mais surtout, qu’il provoque des troubles du système immunitaire. « On a constaté sur les rats que l’E171 se retrouvait dans le foie et provoquait des lésions précancéreuses », résume Pierre Fabrice, directeur de recherche à l’Inra.

C’est quoi en fait l’E171 ?

Son petit nom scientifique est « dioxyde de titane » et il est composé à 45 % de nanoparticules et à 55 % de microparticules. « L’E171 n’est pas un nanomatériau parce qu’il y a moins de 50 % de nanoparticules », précise Pierre Fabrice. Ce colorant permet de blanchir un produit, de le faire briller et d’améliorer la protection contre les UV. On le retrouve dans certains dentifrices, des cosmétiques, des crèmes solaires, des peintures.

Mais aussi dans 150 produits alimentaires, selon une enquête de Agir pour l’environnement, qui avait déjà alerté sur les dangers de cet additif. L’ONG a pointé du doigt notamment les gâteaux Napolitain Lu, les chewing-gums Malabar, les épices pour guacamole Carrefour et les conserves de blanquette de veau William Saurin… ainsi qu’une centaine de bonbons.

Mais attention, ce colorant n’est pas présent dans tous les dentifrices, loin de là. « Ce qui prouve qu’il n’est pas indispensable », plaide Magali Ringoot, coordinatrice des campagnes d’Agir pour l’Environnement. Et l’ONG a même été plus loin : après avoir repéré la présence de l’E171 dans certains gâteaux, bonbons et autres produits alimentaires, elle a écrit aux industriels pour leur faire part des risques. « Beaucoup d’industriels ont retiré ce colorant de leurs produits, notamment les conserves de blanquette de veau William Saurin et les têtes brûlées, souligne Magali Ringoot. C’est plutôt encourageant ! »

Est-il vraiment dangereux ?

Une évaluation par l’agence du cancer de l’OMS a déjà conduit au classement du dioxyde de titane comme cancérogène possible pour l’homme en cas d’exposition professionnelle par inhalation. Mais l’étude de l’Inra fait grand bruit car elle parle cette fois des conséquences sur la santé de cet additif ingéré. « Cette étude fait date car elle démontre que des rats exposés aux mêmes doses d’E171 que l’Homme développent des lésions précancéreuses. Or on sait que les premiers consommateurs de bonbons, ce sont les enfants. Pour nous, il faut appliquer le principe de précaution et retirer du marché les produits qui contiennent de l’E171. »

Pollution et malbouffe: Comment notre mode de vie attaque le cerveau des enfants

De son côté, l’Inra souligne qu’on ne peut pas conclure directement que l’E171 est un cancérigène certain. « Notre étude n’est qu’un point de départ dans ce travail pour déterminer les éventuels risques de ce produit », résume Pierre Fabrice de l’unité Toxalim. Pour deux raisons : « On ne peut pas extrapoler ces résultats sur l’Homme. Et nous avons constaté des lésions précancéreuses, c’est-à-dire des anomalies qui ne deviendront pas forcément des tumeurs cancéreuses. »

C’est quoi la suite ?

Ces incertitudes n’ont pas empêché les autorités de prendre rapidement des mesures. Dès vendredi, les ministères chargés de l’économie, de la santé et de l’agriculture ont décidé de saisir l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail afin de déterminer si l’additif alimentaire E171 présente un éventuel danger pour les consommateurs. L’Anses devrait rendre ses conclusions d’ici la fin mars. ( ...,... )

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............................... A lire sur site........... http://www.lci.fr/conso-argent/nanoparticules-alerte-sur-l-additif-alimentaire-e171-2028374.html

................................................................ http://www.i-dietetique.com/articles/75-aliments-contenant-du-dioxyde-de-titane-e-171/9599.html

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.................................. https://www.quechoisir.org/action-ufc-que-choisir-substances-preoccupantes-dans-185-produits-cosmetiques-les-consommateurs-appeles-a-passer-a-l-action-n11915/

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Substances préoccupantes dans 185 produits cosmétiques

 

Les consommateurs appelés à passer à l’action !

Publié le : 22/02/2016 

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Alors que les  fabricants  de produits cosmétiques persistent à utiliser des composés potentiellement dangereux malgré la multiplication des alertes scientifiques et des tests de l’UFC-Que Choisir révélant leur présence, l’association publie une base de donnée exclusive sur la composition de 185 produits cosmétiques courants (1) et appelle les consommateurs à faire la chasse aux substances indésirables.

L’UFC-Que Choisir a ainsi repéré parmi les rayons des produits cosmétiques du quotidien (dentifricesshampooingdéodorants, crèmes de visage, après-rasages…), pas moins de 185 produits contenant des substances préoccupantes du fait de leur caractère toxique, allergisant, irritant ou perturbateur endocrinien.

  • Des composés préoccupants dans 185 cosmétiques courants : Pour les allergènes on dénombre 62 produits, dont 55 contiennent de la Methylisothiazolinone (MIT) un allergène majeur d’autant plus irritant qu’il est très majoritairement ajouté à des produits non rincés qui resteront en contact prolongé avec la peau. S’agissant des perturbateurs endocriniens, pas moins de 101 produits en recèlent, dont 44 sous la forme d’ethylhexyl-methoxycinnamate, un filtre UV perturbant le fonctionnement oestrogénique et thyroïdien. Pourquoi donc mettre des filtres UV totalement inutiles dans des eaux de toilettes, des démaquillants ou des produits capillaires ?

  • Même les grandes marques sont à épingler : ces substances sont retrouvées aussi bien dans des produits de grandes marques de fabricants que de distributeurs. Ainsi parmi les 26 produits contenant les tristement célèbres parabènes à longue chaîne, on trouve 3 produits de la marque ‘Roc’, 2 produits de chez ‘L’Oréal’, 2 produits ‘Carrefour’, 2 de chez ‘Leclerc’, ainsi que chez 17 autres marques courantes. Pire, 8 lingettes pour bébés des marques ‘Bébé Cadum’, ‘Mixa’, ‘Nivea’, ‘Pampers’, (…) contiennent du phenoxyethanol un conservateur toxique pour le foie et le sang !

  • Gare aux mentions marketing faussement rassurantes : en l’absence d’encadrement réglementaire spécifique, les consommateurs ne peuvent même pas se fier aux mentions apposées par les fabricants pour les rassurer. Ainsi malgré la mention «  hypoallergénique » figurant sur le lait de toilette ‘Mots d’enfants’ de Leclerc, la ‘Crème pour le change’ des bébés de ‘Corine de Farme’ ou encore sur les nettoyants féminins ‘Physélia Intimate’, nous avons relevé la présence dans ces produits de MIT un conservateur auquel des dermatologues ont décerné en 2013 la palme peu enviable de l’allergène de l’année !

Malgré les alertes répétées des toxicologues et des dermatologues, les fabricants n’ont toujours pas changé leurs pratiques. Dans l’attente cruellement longue d’une réglementation enfin protectrice, l’UFC-Que Choisir recommande aux consommateurs de ne plus acheter les produits contenant ces composés, notamment pour les usages les plus à risques (bébés, enfants, produits non rincés) et pour ce faire :

  • Met à la disposition des consommateurs une carte-repère utilisable au moment de l’achat avec les 12 substances les plus à risque, ainsi que sa base de données accessible gratuitement sur son site quechoisir.org ;

  • Compte sur les consommateurs pour être des « veilleurs de marché » en notifiant les produits cosmétiques contenant ces substances au moyen de notre formulaire de signalement.

Mise à jour du 21 février 2017

Un an après notre action sur les ingrédients indésirables, l‘UFC-Que Choisir met à jour son étude et publie une liste de plus de 400 produits cosmétiques dans lesquels des composés toxiques ont été repérés.

NOTES

(1) Base de données sur la composition de 185 produits cosmétiques courants (crèmes hydratante, shampoing, déodorants, eaux de toilette, lingettes…) contenant des composés préoccupants  (perturbateurs endocriniens, allergènes, composés toxiques…).          (......,..... )

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............................ Danger -

Toxiques dans les cosmètiques .......... https://www.quechoisir.org/decryptage-produits-cosmetiques-les-fiches-des-molecules-toxiques-a-eviter-n2019/

............................................                 http://www.femininbio.com/sante-bien-etre/actualites-nouveautes/400-produits-cosmetiques-ingredients-dangereux-87833

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..............................http://www.euractiv.fr/social/analyse/entre-reussite-economique-et-precarite-sociale-lallemagne-dix-ans-apres-les-lois-hartz-19310.html

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Entre réussite économique et précarité sociale : l'Allemagne dix ans après les lois Hartz

 

 
 

 

Deux études publiées par l'Ifri reviennent sur la pauvreté Outre-Rhin, à l'aune des réformes menées dans les années 2000. Si le taux de chômage a baissé sur le papier, la précarité a également augmenté, mais l'Allemagne reste dans la moyenne des pays européens.

 

Brigitte Lestrade est professeur émérite de l’université de Cergy-Pontoise. Ses recherches portent principalement sur les aspects économiques, sociologiques et culturels de l’Allemagne contemporaine, plus particulièrement sur l’évolution du monde du travail.

Au mois d'août 2012, le gouvernement allemand a célébré les dix ans des lois Hartz. Bien que cette réforme emblématique du marché de l'emploi ait été introduite par un gouvernement rouge-vert (SPDBündnis 90/DieGrünen), elle a été reprise à son compte par la coalition gouvernementale noire-jaune (CDU/CSU-FDP) qui lui a succédé.

C'est en effet le 16 août 2002, à la cathédrale française de Berlin, que le chancelier Schröder, dans le cadre d'une cérémonie solennelle, a reçu des mains de Peter Hartz le rapport de la «Commission chargée de la réduction du chômage et de la restructuration de l'Office fédéral du travail » qu'il présidait. Saluée par les uns comme « la plus grande réforme du marché du travail de tous les temps », conspuée par les autres « d'engin de démolition de l'État social », elle n'a pas cessé de diviser la société allemande.

Les lois Hartz, surtout la quatrième loi qui est à la base de la fusion de l'assistance chômage et de l'aide sociale, ont eu un impact profond tant sur le paysage économique et social que politique, bien au-delà de ce que ses concepteurs ont pu imaginer à l'époque. Sur le plan politique, elle a non seulement fait perdre le pouvoir au gouvernement Schröder, mais elle a aussi contribué à ce que le parti d'extrême gauche, Die Linke, s'établisse en tant que cinquième force politique en Allemagne, car elle lui a servi de ciment pour refuser « la pauvreté par décret »

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..........................................http://www.20minutes.fr/economie/588407-economie-allemagne-la-croissance-est-en-hausse-la-precarite-aussi

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ECONOMIE - Tous les indicateurs économiques sont au vert mais le nombre de travailleurs pauvres augmente...

L’Allemagne affiche une croissance à faire pâlir d’envie ses voisins européens. Le PIB a augmenté de 2,2% au deuxième trimestre 2010, contre 1% en moyenne dans la zone euro et 0,6% pour la France.

Après une récession plus marquée que dans le reste de l’UE l’année dernière, la reprise a été d’autant plus forte outre-Rhin. Une performance qui s’explique par un modèle économique dynamique mais qui cache aussi une précarité galopante.

Les exportations boostent la croissance

L’investissement mais surtout les exportations ont à nouveau tiré le PIB allemand vers le haut. Avec le retour de la demande mondiale, les exportations du «made in Germany» ont retrouvé leur niveau d’avant crise. 

Le taux de chômage continue de son côté de baisser. Selon les derniers chiffres du gouvernement, il est tombé à 7,5% en juillet contre 8,2% l’année dernière.

Travailleurs pauvres

Si tous les indicateurs économiques sont au vert, ils cachent cependant une situation sociale beaucoup moins idyllique. En dix ans, le nombre de travailleurs pauvres a augmenté de près de deux millions, selon une étude de l’Institut du travail de l’université de Duisbourg-Essane publiée au début du mois.

Plus de 6,5 millions de personnes en Allemagne, soit près de 20% des travailleurs, toucheraient ainsi moins de 10 euros brut de l'heure, 
Parmi eux, 2 millions d'employés gagnent même moins de 6 euros de l'heure et ils sont nombreux, dans l’ex-RDA, à vivre avec moins de 720 euros par mois pour un temps complet.

Hausse du temps partiel

Des chiffres qui s’expliquent d’abord par le recours massif au temps partiel. L’Allemagne affichait déjà avant la crise l’un des taux les plus élevés d’Europe:26% de sa population active était ainsi à temps partiel en 2007, contre 17% en France, selon l’Insee. 

Pour éviter les licenciements, Angela Merkel les a vivement encouragés depuis deux ans. Les entreprises allemandes ont aussi préféré garder leurs employés sous la main en attendant des jours meilleurs plutôt que de les mettre à la porte. 
 
Baisse et gel des salaires

Les mesures prises par les gouvernements successifs pour améliorer la compétitivité ont aussi tiré vers le bas les rémunérations. Car contrairement à la France et à beaucoup d’autres pays de l’UE, l’Allemagne n’a pas de salaire minimum. Celui-ci est fixé par négociations salariales dans chaque branche d’activité. 

En période de crise, nombre d’employés ont préféré des baisses de salaires par crainte des licenciements. Le plus puissant syndicat allemand, IG Metall, a ainsi accepté cette année un gel des rémunérations pour préserver 3 millions d’emplois. 

Il a déjà fait savoir qu’il réclamerait des augmentations «significatives» lors des prochaines négociations à l’automne maintenant que la croissance était de retour.

 Elsa Meyer
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...............................................http://www.bsi-economics.org/index.php/macroeconomie/item/360-espagne-competitivite-prix
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Espagne : la compétitivité, à quel prix ?

Résumé :

- L’Espagne a mis en place ces dernières années une politique de dévaluation compétititive tout en menant parallèlement un désendettement du secteur privé et la flexibilisation de son marché du travail ;

- L’ajustement des coûts salariaux unitaires, combiné à la hausse du taux de marge des entreprises privées et à la baisse des prix à la production ont permis de sortir l’Espagne de la récession économique grâce au commerce extérieur, ce qui traduit un retour à la compétititivité prix.

- Cependant le désendettement privé et toutes les réformes économiques menées n’ont pas eu les effets escomptés sur la reprise de l’emploi et de l’investissement et il semblerait même que l’Espagne paye la contrepartie de sa compétitivitéprixretrouvée.

- La désinflation a contribué à baisser les prix à la consommation, ce qui peut rendre l’économieplus attractive au niveau international mais des risques déflationnistes persistent et pourraient menacer la reprisemalgré de nettes améliorations début 2014.

 

Annoncée comme la recette miracle pour relancer l’activité économique, la compétitivité prix  est le cheval de bataille de nombreux pays de la Zone Euro, notamment ceux de la périphérie : Irlande, Portugal, Grèce. Cette quête de la compétitivité prix  a amené plusieurs pays à mettre en place des réformes de grande envergure pour stimuler l’activité économique par les exportations. L’Espagne fait partie des pays au sein de la Zone Euro ayant jusqu’à maintenant tiré le plus de bénéfices de ses réformes, pour gagner en compétitivité prix. Dès la fin 2013, le pays sortait de la récession et les perspectives de croissance pour 2014 augurent un amorçage de reprise de l’activité économique (prévision de +0,8% de croissance du PIB en 2014, selon Consensus Forecast).

Améliorer sa compétitivité prix constitue une étape clé pour l’Espagne et ce modèle semble porter ses fruits au vu des chiffres positifs de la balance commerciale et plus particulièrement des exportations. Cependant, face aux difficultés actuelles (persistance d’un chômage élevé et d’un faible investissement), certains doutes peuvent être éventuellement émis sur les véritables atouts de ce modèle, basé sur la compétitivité, notamment à moyen terme.

 

Sortir de la crise par le désendettement privé et la modération salariale

Entre 2000 et 2008, l’Espagne connaissait une période avec une croissance annuelle moyenne de 7,1% contre 4,2% en moyenne dans la Zone Euro. Pour autant elle couvait durant ces années un endettement privé toujours plus important qui l’a amené progressivement au fond du gouffre (une croissance moyenne de -1,2% depuis 2009) : crise immobilière, augmentation du nombre de défaillances d’entreprises, forte instabilité du système bancaire, dérapage des finances publiques et crise de la dette souveraine obligataire.

Alors même que le pays entamait une cure d’austérité économique et mettait en place des réformes structurelles, les entreprises espagnoles sont entrées dans un cycle de désendettement privé : entre 2010 et 2013 le montant de dette privée est passé de 229% du PIB à 209%, contre 100% en moyenne dans la Zone Euro.

Dans un précédent article paru sur BSI Economics, le mécanisme de désendettement privé en Espagne avait été étudié : les entreprises ont réussi à contracter leur masse salariale brute, via notamment la réduction du nombre d’employés. Dès lors elles ont réussi à maintenir leur taux de marge en procédant à une répartition de la valeur ajoutée plus favorable au profit qu’à la masse salariale.

Entre 2007 et 2013, pendant que la croissance de la valeur ajoutée (VA) a perdu 4 points de pourcentage, la croissance de la rémunération des salariés a enregistré une baisse de 17% alors que l’excédent brut d’exploitation (EBE), qui peut être assimilé aux profits des entreprises, augmentait de 13%. Le taux de marge des entreprises (EBE/VA) a ainsi pu augmenter, offrant plusieurs perspectives : purger les dettes et baisser les prix à la consommation pour devenir plus attractif à l’international.

 

Une réussite en termes de hausse de la compétitivité prix …

Renouer avec la compétitivité prix  n’est pas une tache facile même pour un pays comme l’Espagne, 4ième économie de la Zone Euro, qui possède un tissu industriel développé et innovant (secteurs pharmaceutique et des télécommunications par exemple). La mise en place de réformes structurelles était un passage quasi obligatoire au vu de la dégradation de la compétitivité prix de l’Espagne dans les années 2000.  La transition fut assez longue  avant d’observer des résultats positifs. L’Espagne s’est à la fois appuyée sur le désendettement des entreprises privées mais aussi sur des réformes de grande envergure afin de flexibiliser son marché du travail : nouveaux contrats de travail avec période d’essai, réduction des cotisations patronales, baisse des coûts de licenciement, renforcement des conditions d’accès au chômage ou encore assouplissement des négociations collectives.

L’appartenance à la Zone Euro ne permet pas aux pays en quête de compétitivité de dévaluer leur taux de change. Au vu des déséquilibre structurels de plusieurs pays de la zone, dont l’Espagne, une baisse du taux de change (donc de l’euro) se serait révélée insuffisante pour espérer devenir plus attractif. Ces pays ont alors mis en place des politiques de dévaluation compétitive, en s’appuyant sur les coûts de production. La baisse des coûts salariaux unitaires[1](CSU) est donc apparue comme une étape décisive pour tendre vers plus de compétitivité. Entre début 2009 et 2014, les CSU espagnols ont baissé de 6% (contre une baisse moyenne de 8% dans les pays de la périphérie mais une hausse de 5% dans la Zone Euro).

La hausse des marges des entreprises privées associées à cette baisse des coûts salariaux a donc permis aux entreprises espagnoles de baisser leurs prix à la consommation. Dès le troisième trimestre de l’année 2013, l’Espagne a enfin pu tirer profit de ses efforts pour sortir de la récession, notamment grâce à une balance commerciale positive (hausse plus importante des exportations que des importations) qui a pu tirer la croissance vers le haut. Les exportations qui représentaient 24% du PIB en 2009 avoisinent désormais 34%, contre 32% pour les importations ce qui correspond au niveau du début des années 2000. Cette nette amélioration du commerce extérieur est un signe révélateur de la réussite de l’Espagne pour se rendre plus attractive.

 

… Qui ne masque pas certaines inquiétudes : faible demande intérieure, chômage

La demande extérieure porte la croissance espagnole et cette situation devrait se poursuivre en 2014. Toutefois de nombreux problèmes persistent : malgré une petite reprise au premier trimestre 2014 l’investissement (public et privé) est trop faible, le taux de chômage se maintient au dessus des 25% de la population active, la demande intérieure reste atone et les risques déflationnistes persistent.

Le désendettement privé a amené les entreprises espagnoles à augmenter leur taux de marge pour purger leur stock de dette financière. Ces dernières ont alors accumulé une épargne importante (augmentation du stock d’épargne des entreprises de 40% entre 2009 et 2013) leur servant à rembourser leurs créances et à s’autofinancer. Les difficultés des banques espagnoles et le niveau déjà élevé d’endettement des entreprises ont contribué à assécher l’économie en liquidité. Ne pouvant donc avoir accès au canal du crédit, les entreprises se sont appuyées sur leur épargne pour s’autofinancer, dans des proportions de grande ampleur. Le ratio d’autofinancement (épargne/formation brute de capital fixe) a rapidement dépassé les 100% pour atteindre 135% en 2013, ce qui rappelle fortement la situation des entreprises japonaises des années 90, plongées dans la déflation.

Le taux de financement (formation brute de capital fixe/VA) a quant à lui violemment chuté : en 2007 il était de 37% et stagne autour de 24% depuis quatre années. L’investissement a contribué négativement à la croissance du PIB en 2013 et en 2014 il semble se reprendre, mais tant que le canal du crédit ne sera pas à nouveau activé, il restera faible.

L’investissement privén’est pas la seule source de préoccupations en Espagne, au vu des problèmes persistants du chômage. La flexibilité du marché du travail a certes permis d’améliorer la compétitivité des entreprises mais la reprise de l’emploi tarde à se manifester alors même que le niveau de chômage reste très élevé (25,6% en mars 2014). A titre de comparaison avec l’Irlande, autre pays de la périphérie ayant également vécu une crise immobilière et en plein cycle de désendettement privé, les chiffres du chômage en Espagne sont nettement plus élevés et donc inquiétants.

Les jeunes sont particulièrement touchés par le chômage notamment à cause du manque de qualification de cette population. Une étude de l’OCDE de 2012 montrait qu’environ 70% des jeunes entre 15 et 29 ans en 2010 n’avaient pas le niveau équivalent au BAC ou n’avaient encore jamais exercé d’activité professionnelle. Beaucoup de jeunes ont travaillé dans le domaine de la construction dans les années 2000 et suite à la crise immobilière, nombreux se sont retrouvés au chômage, sans être suffisamment qualifiés pour trouver rapidement un autre emploi, dans un contexte délicat.

Les réformes du marché du travail devraient permettre de réinsérer les chômeurs. Mais la flexibilité actuelle de ce marché, notamment via la facilité d’embauche des contrats intérimaires, n’est pas nécessairement une garantie de stabilité de l’emploi et se traduit généralement par une forme de précarité. Globalement le revenu disponible brut (RDB) a baissé de 3,2% depuis 5 ans. Cette baisse du RDB impacte directement la demande intérieure, très faible et qui a contribué négativement à la croissance du PIB en 2013.

 

Désinflation persistante = petit atout et gros danger 

La demande intérieure est certes en berne mais elle pourrait bénéficier du recul de l’inflation et de la baisse des prix. En effet l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH) continue de baisser. Malgré la modération salariale, la baisse des prix pourrait stimuler la consommation privée en 2014, comme lors du dernier trimestre de l’année 2013 où elle avait augmenté de 0,5% par rapport au trimestre précédent. Malgré cet effet d’aubaine,le risque déflationnisten’est pas à écarter en Espagne.

L’effort des entreprises à se désendetter et à faire baisser les prix à la consommation, le niveau élevé du chômage et  l’insuffisance de l’investissement contribuent à cette baisse de l’IPCH, mais il ne faudrait pas que cette désinflation se convertisse en déflation, ce qui compromettrait à terme la reprise en Espagne. Pour faire repartir l’inflation, les banques commerciales devront alimenter l’économie en crédit. Les banques espagnoles sont normalement débarrassées du risque sur la dette souveraine qui pesait sur leur bilan (le rendement des obligations espagnoles à 10 ans est passé de 7,6% en juillet 2012 à 3,06% fin avril 2014) et la probable, du moins attendue, prochaine opération de LTRO de la Banque Centrale Européenne (BCE) devrait leur permettre de relancer la machine du crédit.

Les dernières enquêtes de la BCE (bank lending survey) se sont révélées optimistes sur les conditions d’offre de crédit, à des taux peu élevés. Pour autant l’économie réelle ne semble pas bénéficier de ces conditions favorables, notamment à cause d’une trop faible demande de crédit. En effet les entreprises et les ménages, étant en pleine phase de désendettement, restent peu enclins à souscrire à de nouveaux crédits. Même si les taux d’emprunt sont bas, les exigences en termes de collatéral restent trop élevés. Pour y remédier, le gouvernement espagnol a récemment proposé des sources de financement alternatif pour les PME afin de contourner ces exigences des banques. Toutefois sans reprise du crédit, l’Espagne risque de rentrer dans une spirale déflationniste.

Même si l’Espagne n’est pas dans la même situation que le Japon des années 90, certaines similitudes apparaissent et pourraient laisser planer le doute. Si le pays ne trouve pas rapidement de solutions pour stimuler la consommation privée, la demande intérieure restera largement insuffisante pour soutenir la croissance. Une demande intérieure faible, couplée avec un chômage élevé et persistant alimenteraient alors une spirale négative : contraction de la demande, baisse des prix, hausse du poids de la dette (le ratio dette/PIB augmente mécaniquement avec la baisse des prix), faillites et défauts des entreprises, contraction de la demande etc…

 

Conclusion

L’économie espagnole poursuivra très vraisemblablement sa reprise en 2014 en s’appuyant sur le commerce extérieur. Ce regain de forme provient en majeurepartie de l’attractivité retrouvée de l’économie espagnole. Cette hausse de la compétitivité est le fruit d’un long ajustement, basé sur de nombreuses réformes parfois douloureuses.

Cependant cette compétitivité couve de nombreux problèmes. La flexibilité du marché du travail est certes un atout mais le chômage stagne encore à un niveau trop élevé et elle devrait sans doute introduire une précarité non négligeable. Les risques d’une telle situation pourraient être dans le meilleur des cas une demande interne faible pour les années à venir ou dans le pire des cas l’apparition de tensions déflationnistes.

Un modèle économique basé sur la compétitivité représente indéniablement un atout majeur pour sortir de la crise et relancer l’activité. Mais une économie ne peut reposer à terme uniquement sur cette caractéristique si elle veut avoir une croissance solide et durable.

 

Notes:

[1] Selon la définition de l’INSEE, « Les coûts salariaux unitaires sont les coûts salariaux par unité de valeur ajoutée produite. Les coûts salariaux incluent les salaireset traitements bruts versés par l'employeur (rémunérations, primes, congés payés, commissions et honoraires y compris cotisations sociales), augmentés des charges patronales. »

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.................................http://www.lemonde.fr/economie/article/2013/07/01/en-espagne-plus-d-emplois-mais-plus-de-precarite_3439709_3234.html
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En Espagne, plus d'emplois, mais plus de précarité

Le Monde |  • Mis à jour le  |Par Sandrine Morel

 
 

 

A peine 7 % des 1,28 million de contrats signés en mai sont de période indéterminée, dont près de 40% à temps partiel.
 

 

Madrid, correspondance

L'Espagne va mieux. C'est en tout cas le message qu'a essayé de faire passer le gouvernement de Mariano Rajoy en annonçant les chiffres du chômage pour mai : près de 100 000 sans-emploi de moins qu'un mois plus tôt. Un recul inédit depuis le début de la crise.

Mais la "récupération de l'emploi" s'accompagne d'une augmentation des contrats précaires. Un an et demi après la réforme du marché du travail et quelques mois après l'annonce d'un plan pour l'entrepreneuriat et contre le chômage des jeunes, le début de la "reprise", si reprise il y a, passe par les emplois saisonniers et les contrats à temps partiel.

A peine 7 % des 1,28 million de contrats signés en mai sont de période indéterminée, soit 95 800. Et non seulement ce type de contrats se raréfie (2 500 de moins en mai par rapport à avril), mais près de 40 % sont à temps partiel.

"La réforme du travail autorise les employeurs à imposer aux salariés embauchés à temps partiel des heures supplémentaires, payées, ou pas d'ailleurs, puisque les contrôles sont très compliqués, dénonce Paloma Lopez, responsable de l'emploi pour les Commissions ouvrières. S'y ajoutent des bonifications fiscales quand le salarié a moins de 30 ans. Résultat : le temps partiel est le seul type de contrat qui augmente. Non seulement l'emploi maintient son caractère saisonnier, mais les salariés sombrent dans la précarité, avec des mi-temps payés entre 400 et 500 euros mensuels."

Lire aussi : L'envolée des petits boulots

Ruben Molinero, 28 ans, titulaire de deux diplômes, en chimie et en technologie, en a fait les frais. En deux ans, il a enchaîné une dizaine de petits boulots et envisage à présent de quitter l'Espagne, sa "seule perspective d'avenir". Après un stage comme oenologue, lors de vendanges en 2012, non rémunéré, et des emplois de quelques heures par jour ou de deux jours par semaine, comme serveur, commercial et animateur de ventes promotionnelles en grands magasins, il a été embauché sur une chaîne de montage dans une entreprise automobile à Valladolid, à 200 kilomètres de son domicile. En septembre, son contrat de six mois "pour travaux et services" prendra fin. "Je ne crois pas à l'amélioration des chiffres du chômage, dit Ruben. Il y a un peu plus d'offres que l'an dernier, mais elles sont de pire en pire."

"RIEN D'AUTRE"

Juan, un jeune diplômé en ingénierie qui ne veut pas que son nom apparaisse, raconte qu'une société espagnole du secteur de l'énergie lui a demandé de seréinscrire à la faculté, afin de le prendre en stage. Il a accepté. "Je n'avais rien d'autre et je dois bien remplir mon CV", lâche-t-il, désabusé.

"J'avais l'espoir que le type d'emploi créé change grâce à la réforme du travail, reconnaît Gayle Allard, économiste à l'IE Business school, mais les entreprisesne semblent pas motivées pour employer avec des contrats fixes, malgré la baisse des coûts de licenciement." En revanche, cette spécialiste du marché du travail juge que la progression de l'emploi à temps partiel est une bonne chose :"C'est une forme d'emploi qui peut être une porte d'entrée sur le marché du travail pour les jeunes ou faciliter la [vie] des parents de jeunes enfants", à condition qu'elle soit désirée.

Selon une enquête du centre d'études BBVA Research, la réforme du marché du travail approuvée en février 2012 a permis d'éviter 60 000 destructions d'emplois de plus, en permettant la sortie des conventions collectives, une réduction des heures de travail et une baisse des salaires.

La question est de savoir s'il vaut mieux plus d'emplois, plus précaires, ou moins d'emplois, de meilleure qualité. Décidée à réduire un taux de chômage de 27 %, l'Espagne a fait son choix.

 

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........................... Nos élus représentent-ils autre chose que l'objet d'un mandat impersonnel et général visant le seul intérêt de la République ?.... où représentent-ils parfois une autre cause bassement matérielle et intéréssée ?

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............................................http://www.linternaute.com/actualite/interviews/06/helene-constanty/helene-constanty-chat.shtml

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Lobbies : "Les dérapages des députés sont très rarement sanctionnés"

  Co-auteur d'une enquête sur les lobbies ("Des députés sous influences", Fayard), Hélène Constanty a répondu en direct à vos questions sur son travail d'investigation et le rôle des groupes de pression à l'Assemblée nationale.

 

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"Certains lobbyistes et députés ont refusé de nous recevoir."

J'imagine qu'il n'est pas facile d'obtenir des infos sur les lobbies. Avez-vous rencontré des obstacles ou subi des pressions ?

Helène Constanty En effet, le sujet a rarement été abordé en édition. Nous avons été plutôt bien reçus par les députés (à quelques exceptions près). Les lobbyistes, en revanche, sont beaucoup plus difficiles à aborder, en particulier ceux qui travaillent dans des entreprises. L'un des secteurs les plus fermés ? Le médicament. Dans notre blog, nous continuons d'informer sur le sujet, avec de nouvelles révélations, en particulier sur le chantage à l'emploi exercé par certains lobbies.

 

Qui sont les lobbyistes ? Travaillent-ils en "free lance" ou pour des cabinets ?

Il existe deux sortes de lobbyistes : ceux qui travaillent dans des entreprises et ceux qui font partie de cabinets spécialisés. Dans la première catégorie, on trouvera par exemple le "responsable des relations avec les élus" ou le "directeur des relations extérieures". Dans la seconde catégorie, les principaux cabinets sont regroupés au sein de l'AFCL, "Association française des conseils en lobbying".

 

Pourquoi vous intéressez-vous aux lobbies ?

Par curiosité et goût pour les enjeux cachés, qui expliquent bien souvent les grandes décisions politiques et économiques. C'est une façon de décrypter notre société, d'en comprendre les ressorts.

 

Comment les élus ont-ils réagi à la publication de votre livre ?

La plupart des députés ont bien réagi. L'important, pour certains, est d'être cité quelque part... Les réactions ont été nombreuses à notre classement, jamais réalisé, de l'activité des députés au cours de la législature. Les bien notés (les plus actifs) ont applaudi, les moins bien classés (nous les appelons "les fantômes", ils sont environ 150) n'ont évidemment pas apprécié.

 

Vous avez dû mettre des mois à réaliser votre classement ? Comment vous y êtes-vous pris ?

L'enquête a occupé les deux auteurs, à temps complet, pendant six mois. Première étape : nous avons épluché toutes les données disponibles sur le site de l'Assemblée nationale. Deuxième étape : une centaine d'entretiens avec des députés et des lobbyistes, afin de comprendre "qui roule pour qui", quelles causes ont été défendues par les élus au cours de la législature.

 

 

"Le "talon d`achille" de nos députés est bien souvent leur autre mandat électoral local"

Des personnalités ont-elles refusé de vous répondre sur leurs liens avec les lobbyistes ?

Il s'agit vraiment d'une enquête d'investigation, il n'existait quasiment rien sur le sujet. Certains lobbyistes et députés ont refusé de nous recevoir. D'autres ont accepté, à contrecœur, et nous ont éconduits au bout de quelques minutes d'entretien. Des noms ? André Santini, député UDF et maire d'Issy-les-Moulineaux, qui n'a pas du tout apprécié qu'on le questionne sur le sujet de l'eau, en tant que président du SEDIF, qui approvisionne en eau potable des millions de Franciliens.

 

Au fondement du succès du lobbying n'y a-t-il pas une forte culture du clientélisme chez nos élus ?

Oui, en effet. Le "talon d'Achille" de nos députés est bien souvent leur autre mandat électoral local : maire d'une ville, conseiller général ou régional... Les lobbies ont donc recours, très facilement, au chantage à l'emploi, par exemple. Certains députés ont aussi tendance à "gâter" des clientèles électorales particulières : chasseurs, Arméniens, viticulteurs, etc.

 

Quels avantages concrets un élu peut-il tirer à céder aux pressions d'un lobby ?

Il peut par exemple (nous consacrons un chapitre dans le livre à ce sujet) avoir de gros moyens financiers pour organiser un colloque à l'Assemblée nationale, qui lui donnera une publicité. Ces colloques sont "sponsorisés" par des industriels qui paient très cher la possibilité de prendre la parole à la tribune. Et bien sûr, nos élus sont constamment invités à des petits-déjeuners, déjeuners, dîners, cocktails, soirées privées, voyages... L'invitation de plusieurs élus UMP à la Coupe du monde de football par Suez, au moment de la discussion de la privatisation de GDF et de sa fusion avec Suez, a fait scandale l'été dernier.

 

On parle beaucoup des lobbies ces derniers temps : les révélations sur GDF et Suez ont-elles brisé le silence ?

A la suite de ces révélations (certains députés se sont indignés de la méthode Suez) et de la parution de notre livre, plusieurs initiatives ont vu le jour. Des sénateurs Verts ont demandé une commission d'enquête sur les abus du lobbying. Et des députés UMP ont déposé une proposition de modification du règlement de l'Assemblée, afin d'introduire plus de transparence.

 

Pourquoi avoir choisi le "jeu des 7 familles" pour parler d'un sujet aussi grave : pouvez-vous m'expliquer votre démarche ?

Le "jeu des 7 familles" est simplement une façon pour nous de classer les députés par degré d'activité et "d'influençabilité". En queue de classement, "les fantômes", ceux qui ne mettent jamais les pieds au palais Bourbon ; en tête, "les VIP", ceux qui sont les plus actifs. Et entre les deux, par exemple, "les laboureurs", qui consacrent l'essentiel de leur énergie à leur circonscription. A noter aussi : les "porte-voix", qui assument leur rôle de relais de certains lobbies.

 

"Certains députés se battent pour des convictions, quitte à fâcher certains collègues de leur parti"

Qui arrive en tête des députés les plus influents ? Et des plus influençables ?

Numéro un pour son hyperactivité : Richard Maillé, député UMP des Bouches-du-Rhône. Par ailleurs épinglé dans le livre pour ses liens avec le lobby des hélicoptères (Eurocopter). Les cancres sont nombreux ex-aequo. Citons F.-X. Villain (apparenté UMP, Nord), Michel Sordi (UMP, Haut-Rhin) ou Didier Julia (UMP, Seine-et-Marne). Parmi les plus influençables, citons Claude Gatignol (UMP, Manche), "élu du nucléaire", dans la circonscription la plus nucléaire de France (La Hague, Flamanville). Christian Philip, relais des transports publics, ou encore Paul-Henri Cugnenc (UMP, Hérault), qui défend chirurgiens et viticulteurs. Faut-il préciser qu'il est lui-même chirurgien et viticulteur ?

 

Certains élus ont-ils une conduite exemplaire vis-à-vis des lobbies ou personne n'échappe à leur travail de pression ?

Tous sont l'objet de pression. Libre à eux de relayer les pressions qu'ils estiment être de bonnes causes. Et de refuser, par exemple, des invitations par trop compromettantes. Nous avons rencontré au cours de notre enquête de nombreux députés passionnés et extrêmement travailleurs. Une de nos familles, "les croisés", comprend des députés qui se battent pour des convictions, quitte à fâcher certains collègues de leur parti. Exemples à l'UMP : Christine Boutin ou Nathalie Kosciusko-Morizet.

 

Ne craignez-vous pas d'encourager le discours du "tous pourris" à quelques mois des législatives ?

C'est une réflexion que l'on nous fait très fréquemment lorsque nous présentons notre enquête. Nous avons voulu, tout au contraire, faire œuvre citoyenne : demander des comptes à nos élus, ne pas leur "signer un chèque en blanc" lorsque nous déposons notre bulletin dans l'urne. Un citoyen éclairé devrait savoir "pour qui roule" son élu. Il peut en être ravi ou au contraire estimer que cette cause ne lui convient pas...

 

Y a-t-il des cas avérés de corruption ou reste-t-on au stade de la connivence entre élus et groupes d'intérêts ?

Ce n'est pas à nous, journalistes, de déterminer ce qui est "corruption" ou pas. Nous révélons des pratiques qui nous semblent condamnables ou à la lisière de la légalité. Aux citoyens, ensuite, de demander des comptes... Aux juges d'ouvrir des enquêtes s'ils le jugent adéquat.

 

"Nous avons voulu, faire œuvre citoyenne : demander des comptes à nos élus"

Avez-vous des exemples de lois qui ne visaient qu'à satisfaire les demandes d'un lobby particulier, sans prendre en compte le bien commun ?

Les exemples foisonnent, bien qu'il soit toujours difficile de déterminer ce qu'est "le bien commun" ou l'intérêt général. La chasse offre un bon exemple : au cours de la législature, les députés se sont évertués à détricoter la loi votée en 2000, afin de donner satisfaction aux chasseurs. Autre exemple : le vin. Des brèches ont été ouvertes dans la loi Evin (publicité plus facile pour le vin) alors que l'alcoolisme est un fléau social. Mais la pression du lobby viticole est forte.

 

On dit que la culture du lobbying n'est pas très développée en France. Pourtant, à vous lire, les lobbies semblent bien puissants : comment expliquez-vous ce paradoxe ?

Le lobbying est très bien développé en France. La différence avec les pays anglo-saxons, c'est que le sujet est tabou. Le Parlement ignore son existence. Mais en réalité, les lobbies sont très actifs auprès des parlementaires et des cabinets ministériels.

 

Quels sont les lobbies les plus puissants ?

Les mieux organisés sont ceux qui représentent des intérêts liés à des décisions publiques : armement, contrats publics, médicaments. Traditionnellement, la viticulture et l'agriculture sont également actives et bien représentées au Parlement.

 

Que pensez-vous de la proposition d'enregistrement des lobbyistes faite par des députés UMP ? Est-ce que cela permettra vraiment de mettre fin à cette opacité ?

Ce serait un premier pas vers plus de transparence. Les lobbyistes seraient déclarés, enregistrés. Mais il faudrait sans doute aller beaucoup plus loin pour fixer des règles claires et établir une ligne entre ce qui est licite et ce qui ne l'est pas... Comme par exemple, les assistants parlementaires employés à la fois par un élu et par un lobby.

 

Est-ce que ça se passe mieux au Parlement européen, qui est présenté comme un modèle, où bien y a t-il aussi des dérapages ?

Au Parlement européen, l'existence des lobbies est reconnue. Ils ont droit de cité et sont enregistrés. Cela ne limite aucunement leur action. Mais au moins leurs interventions s'effectuent de façon plus visible. Je vous conseille, à ce propos, un documentaire qui sera diffusé le 11 décembre sur Canal +, dans l'émission "Lundi Investigation". Thème : les lobbies au cœur de la République.

 

"Les dérapages sont très rarement sanctionnés."

Pensez-vous que la Commission d'enquête demandée par les élus Verts sur le lobbying a des chances d'aboutir ?

La demande de commission d'enquête a peu de chances d'aboutir. C'est l'un des problèmes de nos institutions : la faible marge de manœuvre dont disposent les élus pour jouer le rôle de contrôle de l'exécutif.

 

Quelles sont vos propositions pour moraliser ou tout du moins encadrer le lobbying ?

Nous sommes journalistes, pas militants. Nous pensons avoir contribué à ouvrir le débat sur un sujet trop occulté. Maintenant, à vous de jouer et de faire en sorte que le sujet soit sur la place publique et que des propositions émergent dans les programmes des partis en 2007...

 

Des sanctions sont-elles prévues dans le règlement de l'Assemblée ? Des élus ont-ils déjà été punis ou est-ce la grande hypocrisie ?

Grande hypocrisie, en effet ! L'institution n'exerce aucun contrôle sur ce sujet. Les dérapages sont très rarement sanctionnés.

 

Comment les lobbyistes font-ils pour entrer à l'Assemblée si l'accès leur est officiellement interdit ?

Nous révélons dans le livre la liste secrète des 50 lobbyistes titulaires de badges d'accès. Au-delà, de très nombreux lobbyistes se font délivrer des "badges de complaisance", en tant que collaborateurs bénévoles d'un député. Ceci dans l'opacité la plus totale !

 

Avez-vous de nouveaux projets d'enquête ? Lesquels ?

Oui, bien sûr. Mais par définition, une enquête d'investigation doit rester secrète jusqu'à la publication...

 

Hélène Constanty Je vous remercie pour vos questions, très pertinentes. A une autre fois sur L'Internaute !

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............................................. http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/16/alerte-a-la-fraude-aux-cotisations-sociales_4488438_823448.html

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Alerte à la fraude aux cotisations sociales

Le Monde.fr |  • Mis à jour le  | Par Jean-Baptiste Chastand

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image: http://s2.lemde.fr/image/2014/09/17/534x0/4488852_6_1586_aurel-pour-le-monde_6fa50a31c5c5aa10082c36efabae7f59.jpg

Aurel pour "Le Monde"

Sus aux patrons indélicats ! Après avoir régulièrement dénoncé la fraude aux prestations sociales, la Cour des comptes a decidé de sonner l'alarme à la fraude aux cotisations. Selon son rapport annuel sur la Sécurité sociale, qui doit êtrepublié mercredi 17 septembre, le niveau des « irrégularités » et des « fraudes », toutes branches confondues, s'est établi à un niveau record en 2012 avec un montant estimé entre 20,1 et 24,9 milliards d'euros.

Ces nouvelles estimations sont beaucoup plus élevées que celles qui circulaient jusqu'ici. En 2011, un rapport parlementaire avait évalué entre 8 et 15 milliards le niveau de la fraude au prélèvement – principalement le travail au noir – contre 2 à 3 milliards seulement pour la fraude aux prestations. Selon ces nouveaux chiffres, ce sont près de 5 % des recettes de la « Sécu » qui manqueraient chaque année dans les caisses. Il faut rappeler que le « trou » de la Sécu devrait être de 13,4 milliards d'euros en 2014. Résoudre la fraude aux prélèvements permettrait donc de résorber immédiatement le déficit.

Le problème est que la lutte contre la fraude est dramatiquement insuffisante, alors que celle-ci ne cesse de se développer« La fraude transnationale, la sous-traitance en cascade, les faux statuts, les circuits de financement occultes compliquent la tâche des agents chargés du contrôle des cotisations », s'inquiète la Cour, qui estime qu'à peine 5,9 à 7,3 % des montants détournés font l'objet d'un redressement par les Urssaf. Pire, le taux de recouvrement effectif de ces sommes est « dérisoire », puisqu'il s'établit à seulement quelques millions d'euros, soit à peine 0,2 % des sommes en jeu, selon la Cour.

COMBINES DÉJÀ CONNUES

Plusieurs combines, déjà connues, sont citées par la Cour. La fraude passe ainsi par une sous-déclaration des heures effectivement travaillées, très difficilement détectable, ou par l'utilisation détournée du statut d'auto-entrepreneur pour des salariés « déguisés » en travailleurs indépendants. La Cour s'inquiète aussi des abus liés au statut de travailleur détaché d'autres pays de l'Union européenne, où les cotisations sociales sont plus faibles.

Selon le rapport, si la lutte contre le travail au noir a fait des progrès ces dernières années, elle reste d'un niveau trop faible, surtout au régime social des indépendants (RSI) et à la mutualité sociale agricole (MSA). « La lutte contre la fraude chez les travailleurs indépendants apparaît ainsi quasi inexistante », révèle la Cour. En 2012, il y a eu ainsi seulement 357 redressements pour 2,8 millions de cotisants au RSI. Ces redressements n'ont même pas été suivis de recouvrements, le RSI souffrant d'une inefficacité chronique.

ALIGNER LES PRATIQUES SUR LE FISC

A la MSA, il y a eu seulement 468 procès-verbaux pour travail dissimulé en 2012, sur 1,2 million de cotisants. Pour les cotisations de retraites complémentaires, c'est pire encore puisque les organismes ne procèdent à aucun contrôle. Malgré une loi votée en 2007, les contrôleurs des Urssaf ne surveillent ainsi toujours pas ces cotisations, qui s'élèvent pourtant à 56,7 milliards d'euros par an.

« Les moyens d'enquête en matière de fraude aux cotisations demeurent largement en-deçà des dispositifs prévus en cas de fraude fiscale », estime globalement la Cour, qui appelle à ce que l'arsenal des inspecteurs des impôts soit aussi étendu aux contrôleurs des Urssaf. Les croisements automatiques de données devraient être beaucoup plus utilisés. Elle veut aussi durcir les sanctions pour les patrons indélicats en les alignant sur celles prévues pour la fraude fiscale. « La fraude aux cotisations sociales ne met pas moins en péril que la fraude fiscale l'ordre public », martèlent les rapporteurs.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/09/16/alerte-a-la-fraude-aux-cotisations-sociales_4488438_823448.html#EISMTZfGMfYXg3uB.99

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........................................http://www.regardscitoyens.org/etude-sur-le-lobbying-au-parlement/
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Qui sont les représentants d’intérêt auditionnés à l’Assemblée nationale ?

Afin de mener une étude sur l’influence des lobbies au Parlement avec Transparence International France, nous nous proposons de cartographier les acteurs entendus par les députés en amont de leur travail législatif à partir des données publiquement disponibles que sont les listes d’audiences mises en annexes des rapports parlementaires.

Lee travail d’identification de plus de 15 000 noms étant considérables, nous avons développé une application collaborative pour permettre à chacun de nous aider dans cette tâche.

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Angleterre : Les plus pauvres paient le prix à l’austérité : les travailleurs confrontés à la plus forte baisse de leur niveau de vie depuis l’époque victorienne

lu dans la presse anglaise

http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/the-poorest-pay-the-price-for-austerity-workers-face-biggest-fall-in-living-standards-since-victorian-era-8991842.html

Les plus pauvres paient le prix à l’austérité : les travailleurs confrontés à la plus forte baisse de leur niveau de vie depuis l’époque victorienne

La plus forte baisse du niveau de vie depuis l’époque victorienne voit salariés faibles et moyens souffrir de restrictions sans précédent sur leurs revenus, alors que les mesures d’austérité continuent à mordre de façon disproportionnée les femmes et les travailleurs à temps partiel, comme le révèlent des études aujourd’hui.

Plus de 5 millions de personnes sont officiellement classées comme peu rémunérées, et un nombre croissant de travailleurs du secteur public ont du mal à joindre les deux bouts, selon le groupe de réflexion New Economics Foundation (NEF).

Il avertit : « Les travailleurs à revenu faible et intermédiaire sont confrontés à la plus forte baisse de leur niveau de vie depuis le début de relevés fiables, au milieu du XIXe siècle. »

La NEF a calculé que le secteur public emploie aujourd’hui 1 million travailleurs à faible revenu – double de l’estimation précédente – avec la santé et le personnel des soins sociaux, les assistants d’enseignement et les employés de conseils municipaux, pris au piège des petits salaires.

Vendeuses et travailleurs dans le commerce de détail constituent le plus fort groupe de travailleurs faiblement rémunérés dans le secteur privé, un grand nombre travaillant comme serveurs, personnels de bars et caissiers.

L’étude fustige la baisse continue du revenu disponible, le gel du salaire et l’inflation conduisant avec régularité aux retards des salaires sur les prix.

La Joseph Rowntree Foundation a conclu hier que, pour la première fois, le nombre de familles vivant dans la pauvreté dépasse celui des familles sans travail. L’agenda politique de ces derniers mois est bousculé par le coût de la vie, faisant valoir que le salaire moyen de 1 600 £ par personne appartient au passé – c’était son niveau quand le gouvernement de Coalition a pris ses fonctions en mai 2010.

Des ministres compte sur la reprise économique, alors que les niveaux d’emploi ont cessé de croître. Ils affirment qu’ils ont programmé les étapes pour réduire le coût de l’essence et de l’énergie et augmenter le seuil de l’impôt sur le revenu. Cependant, le personnel communal un sur quatre est maintenant réduit au plus bas salaire, défini comme moins de 60 % du salaire national moyen, soit l’équivalent de 7,47 £ l’heure ou 13 600 £ par an.

Helen Kersley, économiste, a déclaré : « jusqu’à maintenant, on a supposé que la faible paye se limitait au secteur public. Mais prenez en compte les 500 000 travailleurs à faible revenu utilisés par les fournisseurs de services externalisés, et vous verrez que le problème est beaucoup plus profond que cela. »

Pressé de souscrire des contrats aux fournisseurs les moins chers, ces travailleurs sont souvent encore moins bien lotis que leurs homologues employés directement par le secteur public. « Un éducateur gagne seulement £6,44 à 7,38 £ par heure dans le secteur privé par rapport aux 9 £ £11 dans le secteur public » ajoute le rapport.

Karen Jennings, Secrétaire général adjoint de l’unisson, qui a commandé le rapport, a déclaré :  » les salaires sont actuellement comparables aux pires du secteur privé… le secteur public doit commencer à prouver qu’il peut offrir des salaires décents. »

Frances O’Grady, Secrétaire général du TUC, a déclaré : « Le chancelier s’est félicité dans ses attaques du niveau de vie de ceux qui éduquent et prennent soin de nos familles. »

Un porte-parole du ministère du travail et des retraites a déclaré : « nos réformes de la protection sociale sont conçues pour augmenter les incitations au travail et améliorer la vie de certaines des familles plus pauvres dans nos communautés, avec le [nouveau système avantages] universel de crédit des ménages, 3 millions seront mieux lotis. »

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................... Nos élus savent-ils que.......

...............................................................http://www.arte.tv/sites/fr/leblogueur/2011/09/30/travail-des-enfants-letat-des-lieux-en-europe/

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TRAVAIL DES ENFANTS : L’ÉTAT DES LIEUX EN EUROPE

 

enfant au travail

Il est difficile de réunir des statistiques au sujet du travail des enfants qui se déroule souvent dans l’illégalité. Le BIT évalue leur nombre à quelque 250 millions de 5 à 14 ans. Environ 61% d’entre eux (soit près de 153 millions) se trouvent en Asie, 32% (soit 80 millions) en Afrique, et 7% (soit 17,5 millions) en Amérique latine. S’il n’existe pas de statistiques sur le nombre d’enfants qui travaillent en Europe, des données fiables ont été collectées dans de nombreux pays. La plupart des enfants européens qui travaillent vont aussi à l’école. Ils occupent souvent un petit emploi pour se faire de l’argent de poche. Mais ils sont nombreux à travailler aussi et surtout pour nourrir leur famille.

Portugal : un programme d’éradication

En 1989, les statisti­ques officielles relevaient la présence de 11 486 tra­vailleurs âgés de moins de 18 ans dans le secteur du textile, de la construction et du tourisme. En 1991, 3 834 mineurs entre 12 et 14 ans travaillaient comme indépendants. Au cours de cette même année, une étude du BIT a recensé 63 000 jeunes travailleurs, âgés de 12 à 14 ans.

Il y a encore 10 ans, 48 000 enfants de 11 à 15 ans travaillaient quotidiennement au Portugal : dans les usines, aux champs, dans les forêts comme bûcherons. A Amarante, chaque jour 500 paires de chaussures de grandes marques européennes sont fabriquées par des enfants pour 3,40 de l’heure. Sommé de réagir par le Conseil de l’Europe, le gouvernement a  lancé un vaste programme d’éradication du travail des enfants en durcissant sa législation.

Italie : une habitude dans les campagnes

Selon la CGIL (Confédération italienne des travailleurs), 300 000 enfants de huit à seize ans seraient employés en 2009 par des patrons peu soucieux de l’âge réel de leur mains-d’œuvre, surtout dans le sud du pays. La plupart travaillent dans la ceinture des agglomérations de la région de Naples.

Dans les quartiers espagnols, les “picciotti” (les petits) travaillent environ douze heures par jour pour gagner 35,20 € par semaine, en collant des boîtes, vernissant des voitures, cousant des chaussures, des sacs ou bien des portefeuilles qui copient les grandes marques.

L’été, plus de 140 000 mineurs travaillent pendant les vacances. Les zones les plus touchées sont Naples, Milan, Gênes, Turin, la région de Rome, les Pouilles et la Sicile. Comme dans beaucoup des pays Européens, faire travailler les enfants dans l’exploitation agricole familiale est une habitude ancienne dans les campagnes. Dans les villes, l’emploi d’enfants touche les populations les plus pauvres et les conditions de vie très dure d’une frange de la population.

Alors, les enfants trouvent facilement du travail plusieurs heures par semaine dans des ateliers de réparation de scooters ou de voiture, des bars, des supermarchés, des chantiers en construction et dans les innombrables ateliers du pays (chaussures, sacs, confection). A Naples, selon des études locales, ces ateliers emploieraient 35 000 enfants, une partie travaillant en dehors des heures scolaires et l’autre n’étant plus scolarisé.

Espagne : une activité saisonnière

Ils seraient environ 200 000 enfants à travailler en Espagne. Souvent dans des conditions pénibles et risquées. Les secteurs qui les emploient le plus sont l’agriculture, le bâtiment, les ateliers textiles et les usines de chaussures.

Les syndicats et l’inspection du travail ont relevé une activité saisonnière d’enfants dans le maraîchage, la cueillette des fruits et des olives, ainsi que dans les bars, magasins ou des petites entreprises. Il s’agit soit des enfants des propriétaires de commerce, qui apportent une contribution à l’entreprise familiale, soit d’enfants de travailleurs saisonniers, qui travaillent la plupart du temps sans êtres déclarés.

Le gouvernement espagnol a récemment découvert un réseau organisé, exploitant des mineurs étrangers, surtout en provenance de l’Équateur. On aurait fait miroiter à ces mineurs, essentiellement des jeunes filles âgées de 13 à 17 ans, l’espoir d’un travail bien payé, pour que les parents les autorisent à partir. Une fois en Espagne, ces enfants doivent fabriquer des produits d’artisanat équatorien et les vendre dans la rue.

Grèce : les enfants issus de “minorités ethniques”

En Grèce, 65 000 adolescents et 10 000 enfants de moins de 14 ans travaillent de manière régulière, selon le gouvernement. La plupart dans le secteur de l’agriculture, le tourisme ou les petites entreprises familiales. Près de 5 800 enfants vivent dans la rue et sont forcés à travailler par des adultes. Leurs revenus sont estimés à plus de 2,6 millions de dollars par mois selonl’UNICEF. D’après l’enquête, 61% des enfants sont des garçons, et 10% ont moins de cinq ans.

Les « enfants de la rue », comme on les appelle, se trouvent aux carrefours. Ils essuient le pare-brise et vendent des boîtes de mouchoir en papier ou des fleurs aux conducteurs. L’UNICEF a aussi trouvé que 44,1% de ces enfants sont grecs, et que les autres sont des immigrants ou des réfugiés. Les enfants exploités sont essentiellement issus des minorités ethniques ou de groupes d’immigrants, comme les communautés tsiganes et albanaises importantes en Grèce.

Grande Bretagne: la tradition du “job”

Les britanniques ont été les premiers à réglementer le travail des enfants en 1883. De nos jours, environ deux millions d’enfants britanniques travaillent régulièrement, selon l’OIT. En Angleterre, comme en Irlande, la tradition du “job” qui apporte aux enfants un peu d’argent de poche est bien ancrée. Les jeunes enfants obtiennent facilement un travail de quelques heures par semaine. Ils travaillent surtout le dimanche et en dehors des heures scolaires, dans les traditionnelles tournées de distribution de lait et de journaux, tôt le matin ou comme baby-sitters ou vendeurs chez les commerçants le soir.

Certains profitent de cette tradition pour obtenir une main-d’œuvre bon marché. Ils sont nombreux à travailler sans le permis obligatoire, délivré par les municipalités. Souvent pour une durée qui excède les dix sept heures légales hebdomadaires pour les 13/14 ans (seuil qui constitue déjà une dérogation à la directive européenne de 1994, qui prévoit seulement 12 heures). Le B.I.T. estime que 36% des écoliers seraient au travail avant 7 heures du matin ou après 19 heures le soir, ce qui est illégal.

Il n’est pas rare de croiser des adolescents travaillant dans les pubs plus de vingt cinq heures par semaine, y compris tard le soir, pour moins d’une livre (1.50 €) de l’heure.
Toujours selon le B.I.T., plus d’un enfant sur cinq qui travaille aurait été victime d’un accident du travail.

En Angleterre, les organisations non gouvernementales s’inquiètent du développement de ce phénomène qui concerne surtout les enfants des ménages pauvres. Les gains des écoliers semblent couvrir une part importante des besoins des familles modestes.

Allemagne: acquérir un bien d’une certaine valeur

Le taux d’emploi des jeunes en Allemagne est rela­tivement faible même si l’on ne connaît pas le nom­bre qui exerce une activité professionnelle. Une analyse portant sur 2 500 étudiants du lycée de Thuringen a, par exemple, indiqué que 37 % de ces jeunes exerçaient une activité professionnelle et que, pour 24 % d’entre eux, il s’agissait d’un emploi qui n’était pas conforme à la législation sur l’âge minimum. Cette analyse récente a été réalisée dans le secteur agricole et en ex-RDA, une partie du pays où le marché du travail reste peu étudié.

Un rapport rendu par le Bundes­tag confirme que les données relatives au travail des jeunes ne sont pas fiables mais il ne fait pas état d’estimations chiffrées. Quatre études commanditées respectivement par les gouvernements régionaux de Nordrhein-Westphalie, de Hessen, de Brandebourg et de Berlin en 1989, 1993 et 1994 et réalisées sur un échantillon représentatif d’adolescents âgés de 12 à 17 ans, donnent quelques indications.

Elles révèlent qu’une proportion non négligeable d’adolescents commencent à travailler dès l’âge de 12-14 ans, poussés avant tout par le désir de gagner de l’argent (entre 66 % et 72 % des jeunes interro­gés, selon l’enquête), de s’offrir ce que leurs parents ne veulent pas ou ne peuvent pas leur acheter ou d’économiser pour acquérir un bien d’une cer­taine valeur : ordinateur, chaîne stéréo, VTT.

Les Pays-Bas: un manque de données

En 1987, le ministère des Affaires sociales a réalisé une enquête dans 20 écoles et a constaté que trois quarts des étudiants âgés entre 13 et 17 ans avaient un emploi rémunéré et que trois quarts d’entre eux exer­çaient une activité illégale. L’horaire hebdomadaire était en moyenne de 17,5 heures.

La France : la hausse du chômage s’accompagne d’ une hausse du travail infantile

Il n’existe peu de données sur le travail précoce des garçons et filles de moins de 15 ans. Le chômage qui frappe les adultes s’accompagne d’une hausse significative du travail des enfants dans les secteur informels de l’économie : le travail de rue, la distri­bution de dépliants publicitaires. Selon la CFDT, aucune législation ne réglemente le travail domesti­que et, dans le secteur agricole, les mineurs peuvent travailler dès l’âge de 12 ans sous le contrôle de leurs parents.

Selon l’Institut national de la statistique et des études éco­nomiques (INSEE), en 1998, le nombre de mineurs âgés de moins de 18 ans exerçant un emploi rému­néré s’élevait à 129 155, soit 0,65 % de l’ensemble de la main-d’œuvre. Un chiffre qui semble nettement inférieur au taux d’acti­vité réel.

C’est dans le commerce et dans la réparation automobile que cette proportion est la plus élevée (2,82%), suivies par les industries agricoles et alimentaires, l’hôtellerie restauration et la construction. Les apprentis (211 000 contrats en 2002) constituent les gros bataillons des jeunes de moins de dix-huit ans au travail. Près de 13 000 d’enfants sont recensés par les fichiers de quinze agences de mannequins titulaires d’un agrément leur permettant d’employer des enfants.

La Scandinavie : le Danemark en tête de liste

Le Danemark figure en première place sur la liste du travail des jeunes de l’OCDE. En Scandinavie, la participation totale de 40 % porte sur l’ensemble de la catégorie des 10-17 ans. Comme en Grande-Bretagne et aux États-Unis, une majorité de jeunes commencent à travailler dès l’âge de 15 ans.

35 % de l’échantillon des jeunes interrogés lors de cette étude ont un travail continu. La majorité d’entre eux travaillent entre minimum 1 heure et maximum 10 heures hebdomadaires. Plus d’un tiers des 15-17 ans a déjà connu des longues semaines de travail. À l’inverse, les statistiques publiées en 1999 pour la Norvège indiquent que 49 % des mineurs âgés entre 16 et 19 ans et interrogés lors du dernier sondage (1998) étaient recensés dans les chiffres de la main-d’œuvre.

La Turquie : 80% des enfants poursuivent leur scolarité

En 2000, le BIT a constaté que 7,8 % des mineurs âgés entre 10 et 14 ans exer­çaient une activité dans l’agriculture, les garages de réparation automobile, la menuiserie, l’industrie textile, les tanneries ou des services domestiques. Selon une autre étude de 1999, 4,2 % des enfants (511 000) âgés entre 6 et 14 ans pratiquent active­ment une activité économique, tandis que 27,6 % (3 329 000) accomplissent un travail à domicile. Environ 80 % des enfants travailleurs poursuivent leur scolarité.

La Roumanie : 60% des enfants qui vivent dans la rue travaillent

Bien que la scolarité soit obligatoire, le pourcentage de mineurs inscrits dans l’enseigne­ment primaire a chuté de 97,3 % en 1989 à 94,4 % en 1998. Dans les établissements secondaires, le taux de fréquentation est passé de 91,1 % en 1989 à 61,6 % en 1998.

D’après les statistiques de la NACPA (le service national pour la protection de l’enfance et de l’adoption), entre 2 500 et 3 000 mineurs vivaient dans la rue en l’an 2000. Selon l’enquête nationale sur la situation des enfants de la rue en 1999, 60 % d’entre eux travaillent.

La Bulgarie : des travaux lourds et dangereux pour la santé

En Bulgarie, en 2000, le BIT a estimé que 14 % des mineurs entre 5 et 15 ans exerçaient une activité rémunérée en dehors du cercle familial. Ces jeunes travailleurs œuvrent dans le sec­teur commercial, les services, les transports, les communications, l’industrie de la construction ou l’agriculture.

Une partie des jeunes exercent aussi des emplois non rémunérés pour des raisons fami­liales alors que d’autres accomplissent des travaux lourds et dangereux pour la santé. 10 % des prosti­tuées sont des mineures.

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........................................http://observateurocde.org/news/archivestory.php/aid/86/O_F9_travaillent_les_clandestins_.html

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Où travaillent les clandestins?

Direction de l'Education, de l'Emploi, du Travail et des Affaires Sociales

Dans quels secteurs les clandestins sont-ils le plus souvent employés ? S’il est difficile d’établir un panorama précis des différents métiers exercés par les migrants en situation irrégulière, les informations obtenues à la suite d’opérations de régularisation démontrent que le nombre de secteurs ayant recours à la main-d’œuvre clandestine est bien plus élevé que celui auquel on pouvait s’attendre. Une étude réalisée dans six pays de l’OCDE - Espagne, États-Unis, France, Grèce, Italie, Portugal - révèle que dans l’ensemble, les migrants en situation irrégulière sont assez jeunes. En Espagne, en France et en Italie, les trois quarts des régularisés ont moins de 40 ans. De plus, il est possible d’identifier un noyau de secteurs qui ont tendance à recourir de préférence à la main-d’œuvre étrangère, qu’elle soit régulière ou irrégulière. Il s’agit notamment de l’agriculture, du bâtiment et des travaux publics, de la petite industrie, du tourisme, de l’hôtellerie-restauration et des services rendus aux ménages et aux entreprises, y compris les services informatiques.

Plusieurs raisons expliquent cette tendance. Tout d’abord, la main-d’œuvre étrangère apporte une plus grande flexibilité au travail productif. Le caractère saisonnier des activités agricoles, par exemple, fait que les exploitants recherchent en permanence des travailleurs prêts à accepter des conditions de travail pénibles et intensives. La présence de travailleurs étrangers s’inscrit aussi dans un contexte, notamment en Europe et aux États-Unis, de recherche systématique de minimisation des coûts et de flexibilité du travail.

Contrairement à l’agriculture et à l’industrie, dont la part dans le produit intérieur brut est en déclin dans la plupart des pays industrialisés, la présence croissante des clandestins dans le secteur tertiaire va de pair avec une hausse de l’emploi. Dans certains pays, ils sont de plus en plus présents dans des secteurs délaissés par les nationaux tels que les activités de santé, d’hygiène et d’enseignement. Dans des pays comme la France et l’Italie, les travailleurs clandestins qualifiés peuvent trouver un emploi dans l’enseignement scientifique et linguistique ainsi que dans les services de soins dans les hôpitaux, mais à un taux salarial inférieur à celui des nationaux. Le tourisme saisonnier, le commerce de détail et l’hôtellerie-restauration, dans lesquels les horaires de travail sont particulièrement longs, ont également recours à la main-d’œuvre clandestine. La croissance des services rendus aux entreprises ( entretien et maintenance de matériel, gardiennage) et aux ménages (garde d'enfants et autres services domestiques) offre également des débouchés à ce type de main-d’œuvre.

Le développement récent de la sous-traitance dans la plupart des pays de l’OCDE favorise également le recrutement d’étrangers en situation irrégulière. La sous-traitance permet aux entreprises dans de nombreux secteurs de réduire leurs charges sociales et d’échapper aux contraintes imposées par le droit du travail. Les entreprises de textile-habillement et de bâtiment et travaux publics tout comme les entreprises de services y ont souvent recours. Cette pratique a permis de développer une forme de « faux » salariat, dans la mesure où les salariés d’une entreprise de sous-traitance sont en réalité des travailleurs indépendants. Néanmoins, dans la plupart des cas, ils continuent à travailler exclusivement pour l’entreprise sous-traitante qui, bien que recevant de la part de l’entreprise donneur d’ordres les machines et les outils indispensables à l’activité sous-traitée, est libre de recruter ses travailleurs. Ce qui se traduit en général par le recrutement de travailleurs étrangers en situation irrégulière pour minimiser les coûts. L’entreprise donneur d’ordres est donc indirectement responsable, mais jusqu’à présent et dans bon nombre des législations des pays de l’OCDE, elle est dépourvue de toute responsabilité juridique en ce qui concerne le recrutement. Cette situation pourrait bien changer. La France, par exemple, souhaiterait qu’incombe aux entreprises donneurs d’ordres une responsabilité plus lourde en ce qui concerne le recrutement des travailleurs par leurs entreprises sous-traitantes.

L’emploi illégal des étrangers révèle dans une certaine mesure les rigidités du marché du travail, notamment en termes de flexibilité et d’adaptation des structures productives. Il reflète également les problèmes liés à l’économie souterraine. Surtout, il permet de souligner le fait qu’on ne saurait appréhender le problème du travail clandestin en se limitant à mettre en œuvre une politique de contrôle des flux migratoires.

- See more at: http://observateurocde.org/news/archivestory.php/aid/86/O_F9_travaillent_les_clandestins_.html#sthash.SWMa7ydq.dpuf

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..........................................http://www.monde-diplomatique.fr/2003/04/BELL/10087

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L’Europe organise la clandestinité

Malgré de nombreuses protestations, le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy a affiché sa détermination à poursuivre les « vols groupés » - nouvelle version des « charters » de M. Charles Pasqua - d’immigrés clandestins. Dans l’ensemble des pays de l’Union européenne, ceux-ci sont réprimés de plus en plus durement par de nouvelles lois. En revanche, les pouvoirs publics demeurent silencieux quand l’exploitation éhontée de ces travailleurs étrangers permet à bon nombre d’employeurs d’abaisser leurs coûts salariaux.

par Nicholas Bell, avril 2003
APERÇU

La production intensive de fruits et légumes figure parmi les secteurs les moins réglementés de la politique agricole commune (PAC), et donc l’un des plus soumis au libéralisme sauvage. « L’employeur doit avoir constamment sous la main une quantité de main-d’oeuvre telle qu’il puisse faire sa récolte quelles que soient les circonstances climatiques ou économiques, écrit Jean-Pierre Berlan, chercheur à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Il faut une armée de réserve d’ouvriers agricoles qui est assurée par la main-d’oeuvre immigrée clandestine. Il y a une véritable articulation, une complémentarité entre immigration clandestine et immigration officielle . » Il se réfère au « modèle californien » mis en place au XIXe siècle, mais ce constat vaut également pour l’Europe actuelle. A un détail près : désormais, il faut parler plus généralement de « travail non déclaré », effectué par des nationaux et par des immigrés.

Une des rares études européennes menées sur le terrain dans six pays par des syndicalistes le confirme : « Les informations hétéroclites font clairement état de pratiques noires et grises, locales, hétérogènes, qui tendent à se développer, à s’intensifier, à s’étendre. Cela va de l’augmentation des heures supplémentaires non déclarées de salariés permanents jusqu’au développement de formes illégales, et parfois même esclavagistes, de recrutement de la main-d’oeuvre agricole, en passant par les formes les plus atypiques et flexibles de travail occasionnel . »

S’ajoute à ce tableau le rôle décisif des grandes chaînes de distribution, qui exercent une pression infernale sur les producteurs. Ces derniers sont devenus de véritables sous-traitants qui cherchent à s’en sortir en compressant, coûte que coûte, le seul poste sur lequel ils ont prise : l’emploi. Prenant l’exemple de la vente des salades, Denis Brutsaert explique : « en fonction des demandes des grandes surfaces, à n’importe quel moment de la journée, les acheteurs téléphonent pour dire qu’il leur faut un (......)

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...................................http://normanderic.hautetfort.com/archive/2010/06/30/corruption-chez-les-socialistes-de-la-region-paca.html

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.............................« La vérité sur les finances parisiennes : Delanoé-Hidalgo mauvais gestionnaires ! | Page d'accueil | Une fonctionnaire jugée pour un pamphlet »

30/06/2010

Corruption chez les socialistes de la région PACA

Voila la raison de tout ce tapage exagéré et ce combat sans précédent contre notre ministre du travail : les socialistes sont englués dans une ENQUÊTE sur des détournements de fonds publics visant le conseil régional socialiste Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca). Une façon de détourner l'attention...

Après Roland Balalas, chargé d’instruire les demandes de subventions, Franck Dumontel, ex-directeur de cabinet du président Michel Vauzelle, et Jules Nyssen, ancien directeur général des services du conseil, Guillaume Lalange, qui fut directeur de l'aménagement du territoire du conseil régional, a été mis en examen la semaine dernière.

A quelques mois des élections régionales, l'affaire tombe au plus mal POUR LES responsables socialistes de Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca). D’autant que l'ancienne vice-présidente du conseil régional, la médiatique députée Sylvie Andrieux, s’attend à une mise en examen prochaine.

QUANT au président du conseil régional, l'ancien ministre Michel Vauzelle, il pourrait également avoir à s’expliquer devant la justice. « C’est un tsunami politique », résume malicieusement RENAUD Muselier, député UMP de la circonscription.

L'enquête conduite par le juge Franck Landou porte sur d'importants flux FINANCIERS entre des associations fantômes des quartiers nord de Marseille et le service politique de la ville du conseil régional. Sous la houlette de Sylvie Andrieux, entre juin 2005 et janvier 2007, ce service aurait versé plus de 700 000 € de subventions à une douzaine de structures mises en PLACE par deux figures des quartiers nord : Boumedienne Benamar et Benyoub Same. En échange, ils devaient convaincre les habitants de ces quartiers de voter en faveur de Sylvie Andrieux.

Achat de réfrigérateurs, de VOITURES DE LUXE, d'ordinateurs high-tech...

Méthodique et discret, le juge Landou procède par étapes. En janvier, huit responsables associatifs ONT ÉTÉ interpellés et mis en examen. Quatre d'entre eux ont effectué plusieurs mois de détention provisoire. En juin, c'est au tour de Roland Balalas d’être mis en examen. Attaché parlementaire de Sylvie Andrieux, chargé au conseil régional d'instruire les demandes de subventions, il a confirmé que sa patronne avait « essentiellement des visées électoralistes ».

Considérés comme complices, Jules Nyssen et Franck Dumontel ont également été mis en EXAMEN. Avec la mise en examen de Guillaume Lalange, le dernier rempart de Sylvie Andrieux s'effondre. Face à cette réalité judiciaire, cette dernière a pris les devants et écrit au juge de lui « donner l’occasion de s’expliquer et de réfuter les accusations »dont elle est l’objet. Sa requête devrait être BIENTÔTsatisfaite.

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.....................................................http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/07/02/01016-20140702ARTFIG00033-affaire-des-ecoutes-nicolas-sarkozy-mis-en-examen.php
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Affaire des écoutes : Nicolas Sarkozy mis en examen

 

L'ex-président Nicolas Sarkozy arrive dans une voiture de police au pôle financier de Paris, le 1er juillet 2014.
 

 

 

Les chefs de recel de violation du secret professionnel, corruption active et trafic d'influence actif ont été retenus contre l'ex-président, soupçonné d'avoir tenté d'obtenir des informations confidentielles sur une ENQUÊTE le concernant. Trois autres personnes sont aussi mises en examen.

 

Après quinze heures de garde à vue DANS LES locaux de l'office anti-corruption - une première pour un ancien chef de l'Etat -, Nicolas Sarkozy a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi. Les chefs de recel de violation du secret professionnel, corruption et trafic d'influence actifs ONT ÉTÉ retenus contre l'ex-président par les juges du pôle financier de Paris. Ces délits sont passibles de peines pouvant aller jusqu'à dix ans de prison. Il n'a pas été soumis à un contrôle judiciaire. Un peu plus tôt dans la soirée, trois autres personnes ont également été mises en examen par ces mêmes juges d'instruction: l'avocat de l'ancien président, Me Thierry Herzog, le haut magistrat Gilbert Azibert et un autre avocat général à la Cour de cassation, Patrick Sassoust, qui n'a toutefois pas été présenté aux juges. Pour des raisons déontologiques, Thierry Herzog ne pourra pas représenter Nicolas Sarkozy dans cette affaire, puisqu'il est également mis en cause. Mais l'ex-président sera défendu par un proche de l'avocat pénaliste, Me Pierre Haik.

Les juges d'instruction cherchent à établir si l'ancien chef de l'Etat a tenté d'obtenir des informations couvertes par le secret de l'enquête auprès de Gilbert Azibert sur une décision de justice le concernant, en échange de la promesse d'une intervention pour un poste de prestige à Monaco. La COURde cassation devait alors se prononcer sur la saisie dans l'affaire Bettencourt des agendas de NICOLAS Sarkozy, susceptibles d'intéresser les juges enquêtant sur d'autres dossiers. Dans le dossier Bettencourt, Nicolas Sarkozy avait été mis en examen avant de bénéficier d'un non-lieu.

A l'origine, son placement sur écoute

A l'origine de l'affaire, son placement sur écoutes en SEPTEMBRE 2013 dans l'enquête sur les accusations, pour l'heure non étayées, d'un financement par la Libye de Mouammar Kadhafi de sa campagne victorieuse de 2007. Dans ce dossier libyen, plusieurs de ses proches avaient d'abord été placés sur écoute: les anciens ministres Claude Guéant et Brice Hortefeux, mais aussi Michel Gaudin, ancien patron de la police nationale et ex-préfet de police de Paris. Ce dernier, devenu son directeur de cabinet après la défaite de 2012, entretient au printemps 2013 plusieurs conversations qui interpellent les enquêteurs. Il semble vouloir, en vain, se renseigner sur l'enquête libyenne auprès d'un responsable policier. Les juges décident de placer à son tour l'ex-président sur écoute, en particulier le téléphone qu'il utilise sous l'identité d'emprunt de Paul Bismuth pour converser avec Me Herzog. Or, des échanges entre les deux HOMMES peuvent laisser croire qu'ils ont cherché à obtenir des informations confidentielles auprès de Gilbert Azibert. «Ces faits ne reposent que sur des écoutes que nous contestons et dont la légalité sera fortement combattue, a estimé le conseil de Thierry Herzog, Me Paul-Albert Iweins. Nous allons nous battre.»

Ces développements judiciaires interviennent au moment où les rumeurs sur sa volonté de prendre à l'automne la tête du parti de droite UMP se font de plus en plus précises. Si quelques sarkozystes avaient dénoncé dans la journée son placement en garde à vue, aucun ténor de droite n'est monté au créneau pour le défendre. Outre les dossiers de financement libyen et de trafic d'influence présumés, le parquet de Paris a confié à des juges financiers une ENQUÊTE sur le financement de la campagne de 2012 de Nicolas Sarkozy. Ses meetings semblent avoir été en grande partie financés par l'UMP afin de masquer un dépassement du plafond des dépenses de campagne autorisé par la loi.

re a pris les devants et écrit au juge de lui « donner l’occasion de s’expliquer et de réfuter les accusations »dont elle est l’objet. Sa requête devrait être BIENTÔTsatisfaite.

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..........................http://www.marsactu.fr/justice-affaires/perquisition-au-local-de-campagne-de-karim-zeribi-35488.html?page=35

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Perquisition au local de campagne de Karim Zéribi

L'étau judiciaire se resserre autour du conseiller MUNICIPAL écologiste Karim Zéribi. Ce mercredi, la brigade financière a en effet perquisitionné durant plusieurs heures son ancien local de campagne au 62, boulevard du Capitaine Gèze (14e) ainsi que Marsactu a pu le constater. En présence de Zéribi, les policiers en sont ressortis en emportant des ordinateurs et plusieurs dossiers. Ils intervenaient dans le cadre de l'instruction menée par la juge Anne Tertian. Les enquêteurs cherchent à savoir si les fonds des associations fondées par l'ancien eurodéputé auraient pu servir à FINANCER son activité politique. Il existait en tout cas une proximité réelle entre ces deux activités puisque la permanence de l'écologiste partageait les locaux de Capitaine Gèze avec l'association APC RECRUTEMENT.

"À mon avis, cela devrait s'accélérer maintenant", juge Jean-Louis Keita, l'avocat de Zéribi. Il paraît en effet inéluctable que l'élu soit entendu, ainsi qu'il l'a lui-même réclamé lors d'une récente conférence de presse. Dans sa livraison du jour, le Canard enchaîné précise quelques points de l'instruction en cours et indique que la justice s'intéresse notamment à "l'embauche de personnel pour de la propagande électorale". Dans cette affaire, un ancien président de l'association Agir pour la citoyenneté fondée par Zéribi est déjà mis en EXAMEN pour abus de confiance et recel. Il doit être réentendu la semaine prochaine.

Par Jean-Marie Leforestier, le 2 juillet 2014

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..........................http://votreargent.lexpress.fr/consommation/allez-vous-vous-faire-rembourser-les-benefices-de-votre-assurance-emprunteur_367044.html

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Allez-vous vous faire rembourser les bénéfices de votre assurance emprunteur ?

Par Elodie Toustou pour VotreArgent.fr, publié le , mis à jour le 

 

Vous avez adossé à votre crédit à la consommation ou immobilier une assurance emprunteur ? Pour les défenseurs des consommateurs, les bénéfices que génèrent ces contrats auraient dû revenir aux emprunteurs. Et les sommes en jeu peuvent atteindre des milliers d'euros. Mais les établissements financiers ne l'entendent pas de cette oreille. Depuis deux ans, un bras de fer juridique est engagé sans que l'on sache encore qui en sortira vainqueur. 

 

 

Allez-vous vous faire rembourser les bénéfices de votre assurance emprunteur ?
 

 

Getty Images/iStockphoto

 

Il y a deux ans, une décision du Conseil d'Etat tombée au beau milieu de l'été aurait pu aboutir au dénouement d'un scandale financier concernant près de 10 millions de particuliers ayant souscrit un crédit immobilier ou à la consommation. Dans la ligne de mire : les assureurs et surtout les banquiers accusés d'avoir conservé durant plus de dix ans 19 milliards d'euros de bénéfices "techniques et financiers" provenant de l'assurance emprunteur. Imposée par les banques pour la souscription d'un crédit immobilier, mais facultative pour un prêt à la consommation, elle couvre le risque de décès, d'invalidité ou d'incapacité de son détenteur. Les surprimes n'ayant pas servi à couvrir la réalisation des risques ainsi que les intérêts dégagés par leur placement sur les marchés financiers auraient dû être redistribués aux emprunteurs selon l'UFC Que Choisir. Sauf qu'une fois reversés aux banques par les assureurs, ces fonds y sont restés au chaud.  

Un arrêt très flou

Pourtant, le 23 juillet 2012, le Conseil d'Etat donne raison à l'UFC Que choisir. La décision intervient dans le cadre des poursuites judiciaires engagées en 2007 contre la CNP Prévoyance, la Caisse d'Épargne et dans un second temps contre Cofidis par l'association de consommateurs. Cette dernière se réjouit alors de cette arrêt officialisant le bien-fondé du reversement des bénéfices aux souscripteurs. Il déclare en effet illégale l'ancienne rédaction del'article A331-3 du Code des assurances excluant les contrats collectifs en cas de décès du calcul de la participation aux bénéfices comme cela est le cas, par exemple, pour les contrats d'assurance vie. Problème, la rédaction de l'arrêt est tout sauf précise et peut donner lieu à interprétation. En effet, le Conseil d'Etat ne dit pas clairement si sa décision concerne l'assurance emprunteur en tant que telle. Il ne dit pas non plus s'il considère l'assurance emprunteur en tant que contrat d'assurance collective en cas de décès. Ce qui laisse planer le doute.  

Jusqu'à 3.000 euros pour un prêt immobilier

L'association, pour qui les contrats d'assurance emprunteur sont assimilables aux contrats d'assurance sur la vie, invite alors les particuliers détenteurs d'une assurance emprunteur groupe à se tenir prêts afin d'agir pour récupérer ce qui leur revient. Par exemple, jusqu'à 3.000 euros pour un emprunt immobilier de 200.000 euros sur 20 ans. Sont concernés les détenteurs d'un prêt immobilier contracté entre 1996 et 2005 ou d'un crédit à la consommation signé entre 1997 et 2007. Mais pour chiffrer précisément ces montants, l'association doit se procurer des documents comptables auprès des établissements afin de déterminer le montant exact des bénéfices techniques et financiers reversés aux banques par les assureurs et, dans un second temps, calculer les sommes exigibles pour chaque assuré. Une fois ces éléments en main, les particuliers auraient pu envoyer un dossier à la compagnie chargée de leur contrat d'assurance emprunteur afin de réclamer leur dû. Ils disposent jusqu'au 23 juillet pour agir, soit dans deux mois.  

Banquiers et assureurs traînent des pieds

Sauf qu'à quelques semaines de la date butoir, c'est le statu-quo. Car dans sa croisade, l'association de consommateurs s'est immédiatement heurtée à un mur infranchissable. D'abord aux établissements financiers qui ont opposé une fin de recevoir aux demandes répétées de l'UFC d'accéder à leurs pièces comptables. Ensuite au ministère de l'Economie et des Finances qui refuse de se positionner et se contente de citer, dans une réponse ministérielle en 2012, une précédente décision de la plus haute autorité administrative : "Chaque assuré ne bénéficie pas d'un droit individuel à l'attribution d'une somme déterminée au titre de cette participation" (Rép. Min. n° 5662, JO du 30.10.12). Il précise aussi que "la répartition de ce montant entre les différents assurés relève de la liberté contractuelle". L'association se heurte enfin à l'Autorité de contrôle prudentiel , le gendarme des banques, qui lui oppose les mêmes arguments. Banques et assurances peuvent ainsi camper sur leur position : la décision du Conseil d'Etat n'oblige en rien les établissements financiers à redistribuer à chacun des assurés concernés une partie des bénéfices. Et il est vrai que le Conseil d'Etat ne s'est pas expressément prononcé sur ce point dans sa décision de juillet 2012. En clair, les établissements financiers se bornent à appliquer la règlementation en vigueur. Et celle-ci ne prévoit aucun reversement à titre individuel.  

"Une procédure longue, coûteuse et aléatoire"

A l'UFC Que Choisir, on admet aujourd'hui que la décision du Conseil d'Etat a été rédigée dans des termes tellement vagues qu'engager des poursuites en se basant sur le texte n'est pas dénué de risque. "Devant tant d'incertitudes juridiques et en considérant les frais qui doivent être engagés pour obtenir gain de cause à titre individuel devant les tribunaux, nous n'incitons pas, pour le moment, les consommateurs à s'engager dans une procédure judiciaire longue et couteuse compte tenu de l'aléa judiciaire " explique Olga de Sousa, l'une des juristes de l'association. Les 10 millions d'emprunteurs concernés vont-ils donc devoir faire une croix sur les milliards de bénéfices générés grâce à leurs primes ? Tout dépendra de la décision du Tribunal de grande instance de Paris qui doit se prononcer, dès le mois de septembre sur l'une des deux procédures engagées en 2007 par l'association. "Dans l'hypothèse d'une décision judiciaire favorable, il est d'ores et déjà prévisible que les assureurs opposeront aux consommateurs la prescription de l'action, précise Olga de Sousa. Bien entendu, les juristes et l'avocat de l'UFC Que Choisir s'attachent à trouver des arguments juridiques pour parer à cette éventualité". En revanche, si la décision conforte la position des établissements financiers, les emprunteurs pourront dire définitivement au revoir aux bénéficies qu'ils ont contribué à alimenter.  

 


En savoir plus sur http://votreargent.lexpress.fr/consommation/allez-vous-vous-faire-rembourser-les-benefices-de-votre-assurance-emprunteur_367044.html#gAd24qkxzDDA4mj2.99

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................................................................ On s'imagine,(... et on nous fait croire ) que l'informatique est synonyme de "dématérialisation" des données,.... la voie de l'avenir !! C'est faux !

Souvent, la technologie ne fait que créer un double mode de traitement des données tandis qu'une partie des anciennes informations sont discrétement conservées quelque part ! ... Mieux, la mémoire, dite virtuelle, permettant de conserver les données du "Net" se retrouvent dans des "Data center" ( centre de traitement physique ) dont le nombre et la consommation electrique peuvent représenter un enjeu majeur de la société de demain - Nos élus le savent - Que font ils ?

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.........................http://fr.wikipedia.org/wiki/Centre_de_traitement_de_donn%C3%A9es#Consommation_d.27.C3.A9lectricit.C3.A9

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Consommation d'électricité

Malgré des gains d'efficience énergétique des processeurs et en matière d'optimisation des réseaux17 et d'efficacité énergétique des matériels informatiques18, en raison de l'explosion des besoins, les gros centres de traitement de données sont des systèmes physiques et cybernétiques (Cyber-Physical System19,20) qui consomment des quantités importantes et croissantes d'électricité21 ; Selon un rapport Votre cloud est-il Net?(avril 2012), « Certains centres de traitement des données consomment autant d’électricité que 250 000 foyers européens. Si le « cloud » était un pays, il se classerait (en 2012) au 5e rang mondial en termes de demande en électricité, et ses besoins devraient être multipliés par trois d’ici à 2020. »16. D'après Qarnot Computing22En France, en 2013, plus de 200 Data centers consomment plus de 7 % de l'électricité du pays. Un data center de10 000 m2 consommerait autant qu'une ville de 50 000 habitant23 et « À l'échelle européenne, la Commission estimait en 2008 que les centres de données consommaient 56 TWh24, dont la moitié pour refroidir les bâtiments »25.

La provenance de l'électricité influe sur le bilan écologique global. Au début du xxie siècle, de grands opérateurs n'utilisent que l'énergie fossile (pétrole, gaz voire charbon16) ou le nucléaire alors que d'autres investissent aussi dans les énergies renouvelables (éolien notamment) pour se fournir en électricité verte.

Production de chaleur

Les centres de traitement de données émettent beaucoup de chaleur. Ils doivent être continuellement réfrigérésou tempérés. Les calories extraites des serveurs sont le plus souvent gaspillées (rejetées dans l'environnement où elles aggravent les effets du changement climatique en élevant la température de l'air, ou des eaux qui reçoivent les eaux de refroidissement).

Depuis peu, des expériences vient à récupérer les « joules » et à les réutiliser pour des besoins énergétiques locaux ou de proximité (chauffage, chauffage urbain, réseau de chaleur). Par exemple : l’université d'Amsterdamreçoit une eau gratuitement chauffée par le data center voisin d'Equinix25. À Roubaix (5 centres d’OVH, leader français de l'hébergement) sont refroidis par eaux et contribuent à chauffer des bâtiments proches. À Clichy, « Global Switch » chauffe une serre tropicale et aide les jardiniers à produire les fleurs de la ville. Le réseauDalkia de chauffage urbain de Paris-Val d'Europe (Marne-la-vallée) récupère les calories d'un data center de la ZAC du Prieuré pour notamment chauffer un « centre aquatique intercommunal » et à terme offrir « 26 GWh de chaleur pour chauffer 600 000 m2 de locaux tertiaires et d'équipements, répartis sur 150 hectares », soit « 5 400 tonnes de CO2/an, (…) l'équivalent des rejets de 5 000 véhicules ». En suisse IBM chauffe la piscine d'Uitikon.

Autre concept : le « siloctets » écoconçu du québecquois « Vert.com » est un silo de serveurs, grand comme un bâtiment de ville, passivement refroidi et dont les calories peuvent être récupérées par une centrale en toiture et distribuée aux voisins, testé à l'Éco-campus Hubert-Reeves dans le Technoparc de Montréal.

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....................................................http://www.pcworld.fr/business/actualites,les-data-centers-consommation-electrique-mondiale,517871,1.htm?comments=1#comments

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Les data-centers et la consommation électrique mondiale

Quid de la consommation électrique des data-centers du monde entier ? Un enjeu ÉCOLOGIQUE certain, même si pour le moment les chiffres sont plutôt rassurants.

 

Professeur à Stanford, Jonathan Koomey s'est mis en tête de calculer l'énergie utilisée par les data-centers de par le monde. Le New York Times s'est intéressé à ses travaux pour un article qui se montre plutôt rassurant, expliquant que les centres de données des plus grosses entreprises mondiales ne sont pas aussi consommateurs d'énergie que prévu. Les EFFORTS réalisés pour contenir les dépenses en énergie portent donc leurs fruits. Si bien que sur l'année 2010, les data-centers ont utilisé entre 1,1 et 1,5% de la consommation électrique mondiale.

Entre 2005 et 2010, l'augmentation de la consommation énergétique par les data-centers représente une PROGRESSION d'environ 56%, soit deux fois moins que les prévisions de l'Agence de Protection de l'Environnement dressées en 2007. Aux États-Unis, la progression en 5 ans est de +36%, même si les data-centers représentent entre 1,7 et 2,2% de l'électricité consommée par le pays en 2010. Selon Jonathan Koomey, la crise économique mais également la hausse du prix de l'énergie ont poussé les entreprises à faire des efforts, tant au niveau du déploiement de nouveaux serveurs que de la réduction de leur consommation. L'essor de la virtualisation ainsi que la montée en puissance des machines sont des facteurs qu'il ne faut pas non plus oublier.

L'exemple GOOGLE est bien évidemment utilisé par Jonathan Koomey, qui nous permet d'apprendre que la firme possède environ 900 000 serveurs (2,8% des serveurs dans le monde) qui consomment environ 0,011% de l'électricité mondiale (et 0,8% de l'énergie consommée par les data-centers). C'est finalement assez peu compte-tenu du niveau d'activité de Google et de ses nombreux services omniprésents dans nos vies (la recherche, Gmail, YouTube, etc.). Google qui communique beaucoup sur les efforts faits en faveur de l'environnement, comme ce data-center refroidi à l'eau de mer ou les investissements sur l'énergie solaire. Reste que selon ce PROFESSEUR, la tendance pourrait s'accélérer dans les prochaines années, et ce à cause de l'émergence du cloud-computing qui semble être le prochain enjeu majeur des gros industriels du secteur

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.......................................... http://www.leparisien.fr/magazine/grand-angle/academie-francaise-sous-la-coupole-le-pactole-06-02-2014-3566177.php#xtref=https%3A%2F%2Fwww.google.fr%2F

Académie française : sous la coupole, le pactole

Des immeubles, des terres, des forêts… Vieille de quatre siècles, l’Académie française est à la tête d’une fortune colossale... pas toujours bien gérée. Révélations de Daniel Garcia, auteur du livreCoupole et dépendances.

Frédéric Béghin, Christine Monin et Isabelle Spaak | 06 Févr. 2014, 14h40 | MAJ : 06 Févr. 2014, 17h35

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Séance solennelle à l’Académie française, en 2008, pour le 50e anniversaire de la Constitution. Fondée en  1635, cette institution de 40 membres jouit d’un statut particulier « sous la protection du président de la République ».
Séance solennelle à l’Académie française, en 2008, pour le 50e anniversaire de la Constitution. Fondée en 1635, cette institution de 40 membres jouit d’un statut particulier « sous la protection du président de la République ».
François Mori / AP / Sipa

 

Tempête sous la Coupole ! En octobre, la Cour des comptes a entamé un audit complet (le premier depuis 2007) des finances de l’Institut de France, soit l’Académie française et quatre autres institutions (sciences, beaux-arts.

..) abritées sous les ors du palais Mazarin, à Paris.

Des histoires d’argent au sein de ces assemblées chargées du « perfectionnement et du rayonnement des lettres, des sciences et des arts » ?

Daniel Garcia, auteur du livre Coupole et dépendances consacré à l’Académie française, à paraître le 13 février, a découvert que la « vieille dame » et ses sœurs étaient riches.

Au fil des siècles, donations et legs ont formé un magot qui inclut aujourd’hui des monuments ou musées inestimables et un important patrimoine (immeubles, placements...).

Le tout se chiffre en milliards d’euros, mais sans la rigueur de gestionnécessaire, comme l’a plusieurs fois observé la Cour des comptes.

« Nous avons mis en place des éléments de comptabilité analytique et amélioré nos procédures, assure Leticia Petri, la directrice des services administratifs de l’Institut. Mais les cinq académies et nous, ce sont six institutions différentes qui s’administrent librement, sans communauté de gestion. »

Du coup, impossible d’obtenir ne serait-ce que leurs budgets respectifs... Retour sur une étonnante enquête.

Pourquoi enquêter sur l’Académie française ?

J’ai voulu regarder sous les jupes de « la vieille dame du quai de Conti ». Et ne pas me limiter, comme trop souvent, aux élections des nouveaux académiciens. Même si celle, tout à fait inattendue, de François Weyergans, en 2009, méritait que je lui consacre un chapitre.

Mon propos était d’enquêter sur le fonctionnement de cette institution, donc de plonger mon nez dans les « cuisines » du palais Mazarin.

Qu’avez-vous découvert dans ces cuisines ?

Des odeurs pas très agréables, dès que je me suis intéressé à l’argent.

Hélène Carrère d Encausse – JM Turpin / DivergenceL’Académie française stricto sensu est plutôt bien gérée aujourd’hui, sous l’égide d’Hélène Carrère d’Encausse, élue en 1999 au poste de secrétaire perpétuelle, alors que son prédécesseur Maurice Druon était un personnage « fastueux ».

Mais l’Académie française a quatre « sœurs » – l’Académie des sciences, celles des beaux-arts, des inscriptions et belles lettres et des sciences morales et politiques –, l’ensemble formant l’Institut de France, gouverné par un chancelier, Gabriel de Broglie.

Dans mon livre, j’épingle la gestion de l’ensemble, notamment celle du patrimoine.

On n’imaginait pas que l’Institut avait un patrimoine à gérer !

Et quel patrimoine ! Pourtant, la vocation de l’Académie française était, au départ, purement intellectuelle. De même pour ses sœurs.

A sa création, elle ne possédait même pas de local, et ses membres ne touchaient pas un liard.

C’est Colbert qui, en 1670, leur accorda une rémunération – très modeste – et qui les logea au Louvre.

Et c’est Napoléon qui les installa au palais Mazarin, leur adresse actuelle. La richesse de l’Académie, c’est un accident.

Comment cela ?

A sa mort, en 1820, un philanthrope, le baron de Montyon, lègue une partie de sa colossale fortune à l’Académie française et à l’Académie des sciences, à charge pour elles ensuite de distribuer des prix à des citoyens méritants.

Le Conseil d’Etat valide cette curiosité, ce qui permettra, quelques décennies plus tard (en 1884, NDLR), un legs plus important encore : celui du duc d’Aumale, alors à la tête du plus gros patrimoine foncier de France, intégralement cédé à l’Institut.

Le château de Chantilly dans l’Oise, sa forêt, des terres agricoles, des immeubles...

Soudain, l’Institut de France devient riche. D’autant que la générosité du duc d’Aumale suscite une mode.

D’autres trésors artistiques tombent dans le giron de l’Institut : les musées Marmottan et Jacquemart-André à Paris, Giverny dans l’Eure… Sans parler des dons purement immobiliers, voire en argent.

J’ai été stupéfait de constater, en consultant les archives de l’Académie française que, presque tout au long du XXe siècle, les procès-verbaux des séances du jeudi enregistraient un nouveau legs pratiquement chaque semaine !

Ces procès-verbaux mentionnent-ils leur montant?

Oui. Parfois de « petites » sommes, parfois des millions de francs, des immeubles entiers, des hectares de forêts...

Le rythme s’est ralenti à partir des années 1970, après la création de la Fondation de France, pour justement récolter des dons de toutes natures.

Ce patrimoine mobilier et immobilier est-il publié quelque part ?

Non. Mais il devrait l’être, puisque l’Institut et les académies profitent de subsides publics. ( .............., ....... suite sur le site ..... )

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..................................................................... https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete/l-enquete-04-mars-2016

.................. extrait - suite sur le site ... https://www.franceinter.fr/emissions/l-enquete/l-enquete-04-mars-2016

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Il y a beaucoup trop de secteurs français de l’économie qui sont obscurs où les transactions sont peu claires. Il faut que tout cela soit transparent. L’argent qui crée c’est bien. L’argent qui corrompt, il faut combattre .

Ainsi s’exprimait Michel Sapin en 1993, ministre de l’économie et des finances dans le gouvernement de Pierre Bérégovoy. Le vœu était louable, sauf que la France n’arrive toujours pas à mettre un terme aux pratiques douteuses de certains de ses plus grands groupes. Vingt-trois ans plus tard, Michel Sapin, de nouveau ministre des finances et des comptes publics, présentera à la fin mars 2016 un nouveau plan de lutte contre la corruption…

 

La France mauvaise élève

La corruption est encore très répandue dans le cadre des très grands contrats internationaux. Une situation d’autant plus préoccupante que depuis l’année 2000, la France [a ratifié une convention](http://www.oecd.org/fr/corruption/france-conventiondelocdesurlaluttecontrelacorruption.htm"Précisions à propos de la Convention de l'OCDE sur la lutte contre la corruption") interdisant les pots de vins, ou les marchés truqués. L’Hexagone semble donc vivre encore dans une autre époque. Lorsqu’on demande au président de Transparency International France,Daniel Lebègue , combien d’entreprises ont été condamnées par la justice française, au cours des quinze dernières années, pour corruption à l’étranger, sa réponse est édifiante :

Daniel Lebègue
Daniel Lebègue © Transparency International / Transparency International

Zéro ! La France n’a prononcé aucune condamnation à l’encontre d’une entreprise pour des faits de corruption internationale. Dans le même temps la justice américaine a prononcé une centaine de condamnations, l’Allemagne est à plus de cinquante, le Royaume-Uni à une trentaine. Et d’autres pays manifestent leur capacité à sanctionner ce type de délit.

 

Une corruption historique quasi généralisée

Comment expliquer une telle différence de comportement d’un pays à l’autre ? Pourquoi notre justice est-elle si inefficace ? A cause d’un manque de moyens, en partie, mais surtout un manque de volonté. A cause aussi du poids du passé : jusqu’en l’an 2000, les autorités françaises fermaient en effet les yeux sur la corruption à l’international, considérant que ces pratiques permettaient à nos entreprises d’obtenir des contrats. Jean-Jacques Prompsy,ancien directeur commercial de la Lyonnaise des Eaux a bien connu cette époque pas si lointaine :

Jean-Jacques Prompsy
Jean-Jacques Prompsy © Guillaume Clément@MAXppp / Guillaume Clément@MAXppp

Jusqu’en 2000 la France tolérait voire encourageait les entreprises à payer des bakchichs à l’étranger. Tous les ans aux douanes nous déclarions - y compris moi-même - les sommes que nous avions distribuées, en fournissant le nom des gens auxquels nous les avions données. Le tout déductible des impôts. Ce qui paraît incroyable aujourd’hui aux plus jeunes, est que, jusqu’à l’an 2000, les ministres de la République étaient rémunérés pour partie en argent liquide, sommes sur lesquelles ils ne payaient ni d’impôts ni de cotisations. Un délit extrêmement grave.

__ Eric Denécé , actuel directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement (CF2R), et ancien ingénieur commercial dans l’armement, confirme que cette situation semblait normale à l’époque : ( ......, .... , ........ suite sur le site ) -

 

 

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