Les entreprises du CAC 40 sont créatrices d’inégalités, comme l’a révélé le rapport d’Oxfam « CAC 40 : des profits sans partage » : elles rétribuent en priorité leurs actionnaires au détriment des salariés et versent des salaires indécents aux grands patrons. Mais elles ont également massivement recours à l’évasion fiscale.

CAC 40 : des filiales sous les cocotiers

Les grandes entreprises passées au peigne fin par Oxfam, détiennent un total de 1 454 filiales dans les paradis fiscaux, sans qu’on sache exactement combien d’impôts elles y paient. Un paradis fiscal est un Etat ou une juridiction qui permet à des particuliers et/ou là des entreprises de payer peu, voire pas, d’impôts et les multinationales en sont très friandes !

Sur les entreprises du CAC 40, le groupe de luxe LVMH arrive en tête du classement avec 284 filiales implantées dans les paradis fiscaux (soit 28 % de ses filiales). L’entreprise est suivie de près par la BNP Paribas avec 172 filiales (28 % de ses filiales), puis par la Société Générale (133 filiales), le Crédit Agricole (131 filiales) et Total (130 filiales).

Ces chiffres accablants sont certainement en-dessous de la réalité : environ deux tiers des entreprises du CAC 40 ne déclarent pas leurs filiales de manière exhaustive en 2016, y compris dans les paradis fiscaux, et seulement 14 d’entre elles déclarent présenter la liste complète de leurs filiales.

Le cliché du paradis fiscal sous les tropiques est toujours d’actualité : en 2016, les entreprises du CAC 40 comptaient encore plus d’une centaine de filiales dans des paradis fiscaux qualifiés de « coquilles vides » comme l’île de Jersey, Guernesey ou les Bermudes. Néanmoins, il existe des paradis fiscaux plus proches, au cœur de l’Europe, comme le Luxembourg, la Belgique et les Pays Bas. Ces derniers sont privilégiés par le CAC 40, et abritent 77 % des filiales implantées dans des paradis fiscaux (soit plus de 1 100 filiales pour l’ensemble du CAC 40).

Des bénéfices en hausse, des impôts qui ne suivent pas

Si les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont augmenté de 61 % entre 2009 et 2016, les impôts payés par ces dernières n’ont augmenté que de 28 %. Cela signifie que les bénéfices des entreprises ont en proportion augmenté plus de deux fois plus vite que les impôts payés.

Cela est dû non seulement à l’évasion fiscale, mais également aux nombreux crédits d’impôts dont profitent les grandes entreprises sans aucun contrôle. S’il est légitime pour l’Etat de soutenir la recherche, à travers des dispositifs tels que le Crédit d’impôt recherche, on peut s’interroger sur le manque de transparence quant à l’utilisation et l’efficacité de ces fonds.

A cela s’ajoute un problème d’équité puisque ce sont les grandes entreprises qui bénéficient le plus des crédits d’impôts alors qu’elles créent moins d’emplois en recherche et développement que les entreprises de moins de 500 employés.

En France, crédits d’impôts et niches fiscales ont quasiment doublé en 10 ans. Pourtant, seuls quatre groupes étudiés du CAC 40 déclarent distinctement le montant reçu en crédits d’impôts.

Echapper aux impôts est devenu un des sports favoris du CAC 40 !

L’évasion fiscale des multinationales du CAC 40 a un coût : en échappant à l’impôt, les grandes entreprises privent l’Etat de recettes fiscales nécessaires au développement de leurs services publics. Si les impôts avaient cru au même rythme que les bénéfices, les entreprises auraient payé 13 milliards d’euros supplémentaires d’impôts au niveau international entre 2011 et 2016, soit l’équivalent de la somme nécessaire pour couvrir les besoins humanitaires de 93,2 millions de personnes dans 34 pays en crise dans le monde.

Ce système n’est pourtant pas inéluctable, et une volonté politique peut l’amener à changer. Oxfam demande à ce que les richesses soient mieux partagées avec celles et ceux qui les créent : les salariés. C’est un impératif pour lutter contre les inégalités.

Pour lutter contre les inégalités, nous mobilisons le pouvoir citoyen pour agir à trois niveaux :

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Covid-19 : la fortune des dix plus riches a doublé depuis le début de l'épidémie, selon Oxfam

L'ONG a publié son rapport sur les inégalités mondiales. La fortune des milliardaires dans le monde a plus augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie.

Article rédigé par

franceinfo avec AFP

France Télévisions

Publié le 17/01/2022 09:52Mis à jour le 17/01/2022 10:15

 Temps de lecture : 1 min.

Des billets et des pièces de monnaie sur une table à Briançon (Hautes-Alpes), le 17 janvier 2022. (THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Des billets et des pièces de monnaie sur une table à Briançon (Hautes-Alpes), le 17 janvier 2022. (THIBAUT DURAND / HANS LUCAS / AFP)

Depuis le début de l'épidémie, le monde compte un nouveau milliardaire toutes les 26 heures. C'est l'un des enseignements qui ressort du dernier rapport sur les inégalités mondiales rendu public par l'organisme Oxfam, lundi 17 janvier. On y apprend aussi que la fortune des milliardaires a plus augmenté en 19 mois de pandémie qu’au cours de la dernière décennie. 

"Si on regarde en France, les milliardaires ont augmenté leur fortune de 236 milliards d'euros pendant la crise, explique sur RFI Quentin Parinello, porte-parole d'Oxfam France. Et on voit bien que ce n'est pas grâce à l'activité économique des entreprises dans lesquelles ils ont des parts mais bien parce qu'il y a eu un soutien public sans précédent en réponse à la crise, notamment par injection de ces centaines de milliards d'euros dans les marchés financiers."

"Les inégalités entre pays détruisent notre monde"

Plus globalement, l'ONG pointe "l'accroissement des inégalités économiques, de genre et raciales et les inégalités entre pays détruisent notre monde". Toutes les données compilées dans ce rapport montrent un enrichissement sans précédent des plus riches. Elle ajoute que "nous pouvons vaincre l'extrême pauvreté à travers une taxation progressive" et des systèmes de santé publics et gratuits pour tous. Oxfam recommande aussi de ne pas entraver la création de syndicats et de lever la propriété intellectuelle sur les brevets de vaccins.

D'après Oxfam, les inégalités contribuent à la mort "d'au moins 21 000 personnes par jour" en se fondant sur les décès mondiaux dus au manque d'accès aux soins de santé, à la violence liée au genre, à la faim et à la crise climatique. "Une taxe exceptionnelle de 99% sur les revenus provenant de la pandémie des dix hommes les plus riches permettrait de produire assez de vaccins pour le monde, fournir une protection sociale et médicale universelle, financer l'adaptation au climat et réduire la violence liée au genre dans 80 pays", donne en exemple l'ONG. Elle précise que cela laisserait malgré tout "8 milliards de plus qu'avant la pandémie à ces hommes".

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Enrichissement scandaleux de BIG PHARMA

https://www.la-croix.com/France/vaccins-dabord-objectif-denrichir-Big-Pharma-vrai-faux-2021-07-24-1201167695

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Richesse

Covid-19 : pendant la crise, les milliardaires français se frottent les mains

Alors que les grandes fortunes n’ont jamais été aussi nombreuses dans le pays, leur patrimoine a augmenté de 30% en un an, selon le classement à paraître du magazine «Challenges». La plus forte progression jamais enregistrée.

Bernard Arnault tout sourire lors de la cérémonie de réouverture du grand magasin parisien La Samaritaine, propriété de LVHM, le 21 juin. (Christophe Archambault /AFP)

par LIBERATION et AFP

publié le 7 juillet 2021 à 12h54

L’enrichissement ne s’est pas arrêté aux frontières de la crise sanitaire pour les milliardaires. Alors que le monde d’avant s’écroulait, que les pertes d’emplois se multipliaient, le patrimoine cumulé des 500 plus grandes fortunes de France a augmenté de 30% en un an, selon le classement à paraître de Challenges, qui a dénombré 109 milliardaires français cette année contre 95 l’an dernier. Le nombre de milliardaires français était de 51 en 2011, selon le média.

Selon le magazine, qui a effectué son calcul en fonction des actifs professionnels des personnalités entre juin 2020 et juin 2021, le montant de la fortune des 500 plus riches du pays «tutoie désormais les 1 000 milliards d’euros». Le magazine indique : «Ce sont les plus fortes progressions annuelles jamais enregistrées par notre palmarès, mis en place en 1996.»

Bernard Arnault toujours plus haut

Pour la cinquième année consécutive, le classement des fortunés est dominé par Bernard Arnault, le patron de LVMH, première capitalisation boursière d’Europe. La forte reprise du luxe au second semestre 2020, porté par l’Asie, a fait s’envoler les cours de bourse des géants du secteur dont LVMH (Louis Vuitton, Dior…) et Kering (Gucci, Saint Laurent…), donc le patrimoine de leurs dirigeants actionnaires.

Comme chaque année depuis 2017, quand il a dépassé l’héritière de L’Oréal Liliane Bettencourt, Bernard Arnault et sa famille sont en tête, avec une fortune estimée à plus de 157 milliards d’euros. Une progression de 57% par rapport à juin 2020. Le PDG de LVMH a même été quelques heures en mai l’homme le plus riche du monde, devant l’Américain Jeff Bezos, fondateur d’Amazon, au gré de l’évolution des cours qui font varier leur fortune en temps réel. «Les crises nous rendent plus forts», avait déclaré fin avril Bernard Arnault en commentant les bons résultats financiers de LVMH, numéro un mondial du luxe.

Suivent la famille Hermès (81,5 milliards d’euros), celle des Bettencourt (71,4 milliards) et en quatrième et cinquième positions celles d’Alain et Gérard Wertheimer, héritiers de Chanel, et de François Pinault, fondateur de Kering, aujourd’hui dirigé par son fils François-Henri. Le fondateur d’eBay Pierre Omidyar, huitième, double sa fortune estimée entre 2020 et 2021, alors que les confinements ont dopé le commerce en ligne des articles d’occasion.

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«Enrichissement indécent»

«Les dix premiers, ceux dont la fortune dépasse les 13 milliards d’euros, ont vu leur patrimoine bondir de 37%. Les 490 autres ont vu le leur n’augmenter “que” de 25%», note Challenges. Avec la crise du Covid, le débat autour de la taxation des plus riches se renforce en France et ailleurs. Samedi, l’association altermondialiste Attac a d’ailleurs visé directement Bernard Arnault en peignant en noir des vitrines de la Samaritaine, grand magasin de LVMH à peine rouvert à Paris, pour dénoncer «l’enrichissement indécent des milliardaires pendant la crise sanitaire».

Hors de nos frontières françaises, la fortune du fondateur d’Amazon Jeff Bezos, qui a récemment quitté son poste de directeur général tout en restant président exécutif du conseil d’administration, a atteint ce mercredi 211 milliards de dollars, selon l’indice des milliardaires de Bloomberg. Un nouveau record pour l’homme le plus riche du monde. Il bat ainsi le précédent record détenu par Elon Musk, patron de Tesla, dont la richesse avait atteint 210 milliards de dollars en janvier.