LA PREUVE PAR CINQ

 

- LA PREUVE PAR CINQ - ( ... La pseudo preuve que l'on nous ment ! ...)

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Cet article est un complément direct de l'article sur la stratégie de sujetion complexe ( SSPF ) -

 .......................................     Qu'est-ce donc que cela ??? ..... ( Extrait )

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 "SSPF" : "Stratégie de Sujétion PluriFactorielle"- ( cf infra N° 9 du manuel du pouvoir ) - Son contenu peut être qualifié de théorie sociologique spéculative -

 

                      Cette terminologie inattendue m'est apparue nécessaire pour qualifier un procédé complexe de sujétion. Comment contraindre les masses de population malgré la protection conférée par les rouages démocratiques ? Voilà la question - Il est peu de littérature sur le sujet ! On se demande pourquoi ?

On s'imagine souvent qu'une seule et unique manière  de contraindre autrui : Par la force des muscles biceps ou par l'intermédiaire d'une armée lorsqu'il s'agit de relation entre les différents groupes humains, ainsi de faire cette erreur classique selon laquelle la plupart des autres systèmes relationnels échappent à la contrainte. Où se cache la manipulation ? La même question sournoise vient s'imiscer dans notre quotidien politique pour s'interroger sur les arcanes de nos régimes dits "démmocratiques". Nous sommes tous persuadés que la démocratie nous met à l'abri d'une manipulation par quelques personnes ou groupuscules organisés et mal intentionnés. Est-ce si certain ? J'ai toujours voulu savoir d'où vient cette curieuse sensation que nous ressentons parfois dans notre vie quotidienne et citoyenne d'être subtilement orientés, ... manipulés ! ? N'avez-vous jamais ressenti cette impression bizarre selon laquelle quoi que vous fassiez, tentiez dans la logique des maillons institutionnels proposés par le schéma juridictionnel classique, votre action reste infructueuse ou indifférente ? C'est au départ de ces premiers constats que j'entrepris il y a longtemps ma recherche sur la réalité et les dessous de notre schéma politique et social. J'en arrive aujourd'hui à la conviction qu'il existe divers moyens de contraindre subtilement ou dévier n'importe quel système institutionnel de manière à le rendre inefficace ou de passer outre ses protections dans le but de le contraindre à une volonté unique. Il était temps de la modéliser pour ouvrir la voie d'une critique constructive.

......................................        C'est ainsi que nait l'hypothèse controversée de stratégie complexe de sujetion. 

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    Complément théorique sur  la SSPF ou stratégie de sujetion complexe     -

DEFINITION :


<<........ La stratégie de sujétion complexe ou plurifactorielle consiste en une théorie explicative et descriptive de la dérive des systèmes politiques. Elle repose sur un mécanisme de commandement pyramidal feutré, majoritairement résultat de la perversion de la totalité des régimes politiques et se construit progressivement, de fait par des pratiques déviantes réfléchies, dans le but de sauvegarder l'apparence démocratique des institutions. Son principe consiste à masquer l'origine centralisatrice des décisions ou actes par un ensemble de dispositifs subtils de décisions, d'applications et de coercitions.

Son but consiste à justifier l'autorité pour en assurer la continuité en la faisant coïncider avec les aspirations idéologiques progressistes des populations. Dans cette hypothèse, les structures du pouvoir oscilleraient de manière cyclique entre deux pôles, partant d'une phase pseudo libérale, imposée par les aspirations idéologiques populaires, système intenabe en raison des contradictions matérielles que comporte ses aspirations intellectuelles, reculant trés vite dans les dédales d'un pouvoir centrale dissimulé, masqué par les artifices de la stratégie complexe, pour aller vers une phase de rétablissement autoritaire, nécessaire au retour de l'équilibre des structures centralisées. L'invisibilité de la structure de pouvoir sous-jacente lors d'une phase pseudo libérale, intégrant la stratégie complexe repose sur un double principe d'éloignement ainsi que la dispersion des vecteurs de l'autorité  ( ... par multiplication, dilution dans un ensemble de vecteurs hôtes ).

Elle peut hypothétiquement être considérée comme l'aboutissement ou la parade officieuse de certains protagonistes politiques en considération du frein que peuvent représenter les contre-pouvoirs démocratiques en vigueur dans nos sociétés modernes. Dans l'hypothèse de corruption et d'une déviance systèmatique des institutions politiques, on peut alors la qualifier de maillon final de l'adaptation des structures de pouvoir au schéma contestataire cyclique des sociétés complexes.

La stratégie complexe repose sur un réseau social dissimulé et connivent de type oligarchique s'intégrant dans l'ensemble des dispositifs centraux liés aux institutions et opère par un ensemble de stratégies relationnelles ainsi que par l'intermédiaire de procédés subtils sans liens apparents dont la synergie créé l'efficacité …... >> 

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                   La preuve de quoi ? - Je n'aime pas ce titre prétentieux mais force est de constater la nécessité d'attirer l'attention du lecteur- A notre niveau, pauvre humain, la preuve n'existe pas !... nul part. Ni en cet article ni au sein d'un article pseudo scientifique mathématique et encore moins dans le cadre d'une démonstration littéraire, quel qu'en soit le domaine !... Preuve ou démonstration irréfutable ne peuvent exister; … au mieux crée -t-on un faisceau d'indices convergents dans le sens d'une hypothèse descriptive de la réalité .

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Dans cet article volontairement provoquant, je me propose de vous exposer les cinq piliers ou éléments principaux, combinés et associés en des proportions variables, sur lesquels repose ( ... selon mon modeste avis d'hyper-névrosé ) la stratégie de sujetion complexe dans les sociétés modernes – Ainsi aurez-vous désormais un ordre d'idée pour orienter vos lectures dans l'indispensable ouvrage de ma création, destiné aux princes comme aux plus modestes pour déjouer les cabales, que j'intitule «Le Manuel du pouvoir et du citoyen».

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Les cinq piliers de la «SSPF» moderne sont du type : ….

 

Les renvois numérotés cités dans le texte sont à retrouver puis à lire dans le "Manuel du pouvoir" -

( A la lecture de ces éléments, vous jugerez s'il existe en vous une impression de dèjà vu ….)

 

….. 1 - Disposer d'un Système organique adapté -

Insérer des maillons institutionnels ( ou, et matériel ) incontournables dans le schéma social pour en contrôler les rouages – cf infra N° 99 - 131 – 132 – 137 - 141 du "manuel du pouvoir" - Eloigner et dissimuler la source de l'autorité lorsqu'elle est contestée - Créer des maillons de commandement intermédiaire afin d'éluder les responsabilités - Délocalisation des centres de décision qui s'accompagne d'un système legal de rappel a l'ordre par les juridictions de droit 143 - système de commandement «écran» ou off-shore pour en protéger la source - infra156

 

….. 2- Contrôler l'information et orienter judicieusement les débats-

Détenir, orienter ou contrôler les chainons et données de l'information cf infra : 54 à 57 – 106 – 109- 112 à 124- Création et entretient d' un décalage technologique entre l'aitorité et les éléments subordonnés -

 

.. 3– Diviser – Mettre en compétition - Créer une pression psychologique empêchant toute organisation des entités subalternes.

Diviser (infra 126 & 127 ) les populations en petits groupes qui sont mis en compétition et ( ou) qui se sentent comme menace potentielle les uns pour les autresCréer un état de pression psychologique et de peur permanent pour que ce sentiment prenne le pas sur le désir de rebellion - cf site tiers : http://www.syti.net/Manipulations.html - … http://www.toupie.org/Textes/Peur_gouverner.htm - - Création d' intérêts concurrents ( infra 127 – paragraphe 1 ) - Une technique classique dans nos sociétés modernes consiste à grignoter progressivement ( 126 parag 1 ) les acquis et droits ainsi que de proposer des institutions ou système de substitution accompagnés de nouveaux statuts et missions au rabais.

Multiplier les statuts et installer un esprit de compétition : Adapter le traitement des uns et des autres en fonction de la coopération qu'il propose à l'entité de pouvoir - Prolifération législative : Tolérance et Répression ( infra 149 du MDP ) suivant le niveau de coopération des entités subalternes Multiplier les contraintes matérielles afin d'empêcher la résistance (infra n° 139 )

.. Tolérance et répression, cela ne vous dit rien ??

Partout dans le monde on appelle cette technique le "Lawfare" - je vous envoie ci dessous aux extraits ciblès sur des sites tiers .....

 

.. 4 - Créer un lien de dépendance ( matériel ou organique ) entre l'autorité et les entités subalternes -

Infra 87 à 99 du MDP – Les entités subalternes doivent avoir un besoin vital de l'intermédiaire de l'autorité centralisatrice - ( structures de transport ou administratives, matériel, technologique, information, aide financière ou de subsistance )

 

.. 5 – Entretenir l'illusion d'une paix sociale -

Glacis d'égalité relative ... ou comment faire croire aux populations qu'il existe une certaine égalité entre les citoyens –( infra 174 du MDP ) - Calendrier sportif et festif ( infra-181 – 172 ) - Les choix circonscrits – ( infra 173 ) Majorité tenue silencieuse – Pseudo critique ( infra 182 ) -

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........................ Extrait articles tiers- URL - a voir sur site -

http://www.nouvelordremondial.cc/theories-de-controle-de-lesprit-et-techniques-utilisees-par-les-medias-de-masse/

http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/comment-les-medias-forment-et-44958

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.......................................................................... Tolérance et répression : Le Lawfare -........................................

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https://www.geostrategia.fr/droit-de-la-guerre-ou-guerre-du-droit-reflexion-francaise-sur-le-lawfare/

Qu’est-ce que le lawfare ?

Les recherches entreprises aujourd’hui sous l’égide du lawfare sont consacrées à l’étude des conséquences stratégiques de la judiciarisation croissante des interventions armées des démocraties occidentales[1]. Inventé par le général de l’armée de l’air américaine Charles Dunlap en 2001, ce terme de langue anglaise est forgé à partir de la contraction des mots « law », droit et « warfare », art de faire la guerre. Commentant les réactions inquiètes du commandement américain lors de l’intervention de l’Otan dans la guerre des Balkans de 1999, ce dernier parle « d’utilisation du droit comme une arme de guerre » et de la « stratégie d’utiliser – ou de mal utiliser – le droit comme un substitut à des moyens militaires traditionnels pour réaliser un objectif opérationnel. »[2] Il fait écho à des critiques s’interrogeant sur la possibilité que « le droit rend(e) la guerre injuste » puisqu’il ferait peser sur les armées occidentales des contraintes juridiques désavantageuses par rapport à un ennemi qui n’aurait cure du droit international[3].

Plus de dix ans après ce premier constat, la multiplication de publications dans des maisons d’édition renommées et des journaux à comité de lecture ainsi que la prolifération de blogs réunissant d’éminents spécialistes dédiés à cette question témoignent du dynamisme de ce champ de recherche[4]. Cette contribution se propose de nourrir le débat français sur le lawfare en dressant un premier état des lieux. Les analyses développées peuvent être d’autant plus pertinentes dans le contexte hexagonal que l’actualité française ravive cette question : le jugement de quatre militaires français en 2005 pour le meurtre du coupeur de route ivoirien Firmin Mahé[5] ; le procès pour viol de quatorze militaires français participant à l’opération Sangaris en Centrafrique en 2017[6] ou encore les récentes accusation de génocide lancés par l’article de la Revue XXI en juin 2017[7] sont autant de débats auxquels la grille de lecture du lawfare peut apporter une profondeur d’analyse.

 

Des définitions contradictoires

Une première difficulté sémantique complique la discussion sur le lawfare. L’abondance de la littérature s’accompagne d’une confusion dans le cadre conceptuel visant à saisir ce phénomène. Il désigne simultanément :

• L’utilisation du droit par des acteurs non étatiques afin d’accentuer l’asymétrie de la guerre. L’objectif est alors d’inciter la partie la plus forte à commettre des crimes de guerre dans le but de délégitimer son intervention. La pratique dite des « boucliers humains » visant à cacher des armes ou à placer des combattants recherchés dans le cadre des campagnes d’éliminations ciblées parmi les populations civiles afin d’empêcher toute action aérienne participe de ce type de lawfare. La volonté de l’organisation État islamique de retenir les habitants de la vieille ville de Mossoul à proximité des combattants afin de dissuader les forces de la coalition de bombarder le site est une illustration d’une utilisation possible du droit à des fins stratégiques.

• Une seconde acception du terme de lawfare désigne l’utilisation par les armées étatiques du droit afin de combler des vulnérabilités juridiques et de répondre à l’intérieur de la sphère légale aux stratégies déployées par l’ennemi. L’armée israélienne fait figure de pionnière dans ce contexte. Pour faire face aux recours à des « boucliers humains » décrits plus haut, Tsahal a développé une méthode dite de « frapper sur le toit » (« knocking on the roof »). Il s’agit d’envoyer une première charge explosive d’intensité réduite sur l’objectif à détruire afin de prévenir les habitants du bombardement imminent. Lors de l’utilisation de cette tactique à Gaza, les occupants disposent de cinq minutes pour évacuer leur appartement. Passé ce délai, le bombardement a lieu et leur statut juridique, selon l’interprétation de l’armée israélienne, change : ils deviennent des civils participants aux hostilités et peuvent donc être légalement ciblés[8]. L’armée américaine a récemment utilisé ces pratiques dans le cadre de l’opération Inherent Resolve dirigée contre l’organisation État islamique[9].

 

Le lawfare accompagne une mutation de l’art de guerre

La recherche sur le lawfare s’inscrit dans une réflexion de long terme sur le renouvellement de l’art de la guerre au XXIe siècle, visible dans l’environnement stratégique et dans la doctrine d’emploi des forces armées. Nous identifions des mutations de trois ordres :

• Les démocraties d’inspiration libérale évoluent vers un légalisme affirmé qui affecte leur ordre normatif. Ce phénomène a été décrit avec brio dès 1964 par la professeure de droit à Harvard Judith Shklar[10]. Elle montre comment des débats soulevant des enjeux politiques et moraux sont repris et formulés en termes légaux[11]. Dans des sociétés pluralistes et conflictuelles, le droit fournit un langage supposément neutre et consensuel utile pour régler les différends. Les tribunaux ont tendance à jouer le rôle d’arbitres entre des acteurs aux intérêts contradictoires. La confusion entre légalité et légitimité se renforce. Cette importance donnée au droit se double d’un recours actif aux tribunaux afin de contrôler plus étroitement la branche exécutive.

• Le lawfare s’inscrit également dans une nécessité politique de justifier les interventions militaires auprès de l’opinion publique nationale et internationale. Dans un double contexte de réduction budgétaire et de médiatisation accrue des conflits, la demande de justification des interventions armées dans les démocraties est forte. La transparence s’inscrit désormais au cœur de la légitimité de l’action publique. Cela soulève la question de l’adaptation de l’armée à ce nouvel impératif.

• Le lawfare accompagne enfin la mutation technologique liée à la révolution dans les affaires militaires[12]. La présence accrue de la technologie dans les forces armées garantit une supériorité stratégique mais pose un problème normatif interrogeant la responsabilité légale individuelle. Leur emploi conduit à repenser leur adaptation aux traités et au cadre légal existant – la question se pose particulièrement pour la régulation juridique du cyber ainsi que pour l’introduction de systèmes autonomes. Certaines de ces technologies permettent d’enregistrer, voire de suivre en temps réel la progression des forces. Les décisions prises sur le terrain sont supposément mieux informées, puisqu’elles prennent en compte davantage de paramètres. La responsabilité individuelle n’en est que plus lourde, d’autant que ces enregistrements peuvent constituer des preuves dans le cadre d’une action judiciaire. Cette chaîne de responsabilité remonte également plus facilement jusqu’au plus haut sommet de l’État qui peut suivre par écrans interposés les interventions. Ces questions se posent avec insistance pour les soldats. Oriane Barat Ginies relevait dans un article rédigé pour l’IHEDN en 2011 le sentiment d’insécurité juridique ressenti par le soldat français, défini comme : « (…) l’absence de protection de l’individu par le droit, du manque d’encadrement de sa mission et de la recherche automatique de sa responsabilité pénale. »[13] Les réflexions entreprises dans le domaine du lawfare doivent accompagner un travail nécessaire d’analyse sur la manière d’envisager la responsabilité pénale.

 

Les instruments du lawfare

Le lawfare se définit également par des moyens spécifiques qui peuvent être placés dans la typologie suivante :

• Des procédures judiciaires internationales peuvent être engagées. L’instance la plus connue mettant en œuvre une justice dite « globale » est la Cour pénale internationale (CPI). Elle n’est toutefois pas le seul acteur. Les comptes-rendus rédigés par les rapporteurs spéciaux mandatés par les Nations unies, le cas échéant après un conflit, constituent une étape décisive vers la saisie de tribunaux. Ces documents juridiques autonomes viennent en amont du déclenchement d’une procédure à la CPI. Le rapport dit « Goldstone » suite à l’opération Plomb Durci menée par Israël dans la bande de Gaza avait ainsi fait grand bruit. Pour rappel, il conclut que l’armée de défense israélienne comme le Hamas sont responsables de crimes de guerre et possiblement de crimes contre l’humanité. Ces conclusions ont été extrêmement controversées, signe de la politisation actuelle du droit international. L’utilisation de la compétence universelle constitue aussi un recours visant à contourner les États. Ce mécanisme juridique permet de porter un litige dans un tiers pays si le pays visé n’entreprend aucune action juridique. Le cas s’était produit en 2009 pour l’élimination ciblée visant l’un des chefs militaires du Hamas Salah Shehadeh[14]. La compétence universelle a toutefois été aujourd’hui considérablement limitée dans sa portée.

• Des actions en justice peuvent également être menées au sein de juridictions nationales. Pour les États démocratiques, le pouvoir exécutif doit alors se soumettre à l’impératif de « redevabilité » envers le pouvoir judiciaire si ce dernier est saisi. Ici, les exemples nationaux varient : toutes les cours ne font pas preuve du même activisme juridique. Aux États-Unis, la doctrine légale de la « question politique» permet aux cours de se déclarer incompétentes si la question posée conduit à se prononcer sur une politique menée par l’exécutif, au nom de la séparation des pouvoirs. Elles sont néanmoins de plus en plus sollicitées. À ce titre, il faut noter l’apparition d’un nouvel acteur en plus des États, des ONG et des institutions internationales. L’industrie de l’armement est également impactée par le lawfare. Le cadre juridique de contrôle des exportations d’armement est un sujet donnant lieu à de très vifs débats. Les ONG s’attaquent aux industriels exportant des armes afin de faire levier sur les actions des États. Cette nouvelle normativité peut être instrumentalisée par des exportateurs plus puissants dans un domaine compétitif et aux enjeux monétaires considérables.

• Les déclarations de relais d’opinions à travers les médias formulant des accusations d’illégalités. Le lawfare peut également prendre la forme d’un échange d’arguments par médias interposés. Ici, la voix des cours de justice se tait pour laisser place au « tribunal de l’opinion ». Ces actions sont en général sans effet juridique direct et n’aboutissent pas à des condamnations dans les cours. Toutefois, elles sont un ressort décisif pour mobiliser l’opinion. La réputation de l’armée et la légitimité des interventions pour le grand public sont les enjeux de ce type de stratégie.

 

Deux objections à lever ?

Le lawfare constitue un champ innovant pour la recherche normative sur les pratiques guerrières. Il est placé à l’intersection entre des préoccupations morales – limiter les maux de la guerre en restreignant l’utilisation de la force ; politiques – délégitimer ou légitimer les interventions ; et opérationnelles – identifications des actions pouvant être menées avec efficacité sur le terrain. La discussion sur le lawfare se heurte toutefois à deux objections importantes qui appellent à un débat collectif.

Le lawfare est immoral

Le lawfare a été décrit comme immoral. Comble du cynisme, il s’agirait de détourner le droit à des seules fins de puissance[15]. Il s’agirait de faire ce que nous appelons du legal washing. Modelée sur l’expression de greenwashing, nous l’employons ici pour interroger l’utilisation du droit dans le domaine de la sécurité nationale à des fins de légitimation des politiques existantes. La pratique américaine de la torture dans la prison de Guantanamo avait ainsi déclenché un vaste débat. Le professeur de droit à Harvard Alan Dershowitz s’était prononcé en faveur d’émission des mandats de torture, provoquant l’ire de nombreux chercheurs qui y avaient vu une grave compromission des intellectuels[16]. L’administration américaine avait opté pour une pratique de la torture « légale » qui ne dit pas son nom : les « méthodes d’interrogations renforcées » (« enhanced interrogation techniques »).

Ces critiques sont évidemment très importantes. Cependant, notre intuition est qu’il vaut mieux souvent trop de droit que pas assez. Le rôle institutionnel des juristes dans l’armée est d’éclairer de la lumière du droit les actions de l’État. Aussi frustrant que soit le fait que le droit puisse être utilisé de mauvaise foi, la réponse est probablement une meilleure connaissance des concepts juridiques, des mécanismes visant à les appliquer, des personnes vigilantes et dédiées à son respect.

 

Le lawfare est non pertinent

Le deuxième faisceau de critiques dirigées à l’encontre du lawfare vient de l’autre bout du spectre politique : pour les « réalistes », il serait non pertinent dans un environnement stratégique où seul compte la matérialité de la puissance. Toutefois, personne ne met en doute le fait que le nombre d’hommes et d’équipements militaires restent les conditions décisives de victoire. Cela n’empêche nullement de reconnaître le lawfare comme une évolution de l’art de faire la guerre. La France risquerait un isolement stratégique si un débat collectif n’était pas mené sur
ces questions. (....,...,..... )

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Le temps des procès politiques doit cesser

............................. https://www.change.org/p/le-temps-des-proc%C3%A8s-politiques-doit-cesser

Non, la justice ne doit pas servir d’arme de persécution politique. Pourtant c’est devenu le cas aujourd’hui presque partout dans le monde. Déjà, avec la criminalisation des lanceurs d’alerte, des syndicalistes, des militants écologistes et des participants aux manifestations interpellés arbitrairement, les droits des citoyens ont beaucoup reculé. Le maintien de l’ordre libéral coûte cher à la démocratie. A présent un seuil est en train d’être franchi. C’est ce que l’on appelle la tactique du « lawfare ». Il s’agit de l’instrumentalisation de la justice pour éliminer les concurrents politiques.

Le « lawfare » commence avec des dénonciations sans preuves, se prolonge dans d’obsédantes campagnes de dénigrement médiatique et oblige ses cibles à d’interminables justifications sans objet. Puis c’est la prison et les amendes. Le « lawfare » enferme les débats politiques dans les cours de justice. Pour finir, il fausse le déroulement des élections qui ne sont plus vraiment libres. Les exemples sont nombreux. Citons, en Amérique du Sud, le Brésilien Lula, condamné sans preuve et empêché de se présenter à l’élection présidentielle. Son « juge », Sergio Moro, est devenu depuis ministre de la Justice du président d’extrême droite Jaïr Bolsonaro. Mais aussi l’Equatorien Rafael Correa et l’Argentine Cristina Kirchner, persécutés sans trêve.

Citons, en Afrique, le Mauritanien Biram Dah Abeid, emprisonné sur une dénonciation sans preuve retirée au bout de plusieurs mois de détention. Et encore l’avocat égyptien Massoum Marzouk, opposant au régime de Sissi emprisonné sur le prétexte fallacieux de charges antiterroristes. Il y aussi le cas de Maurice Kamto, arrivé deuxième à la dernière élection présidentielle au Cameroun et emprisonné depuis janvier dernier, ou l’ancien député gabonais Bertrand Zibi, condamné à six ans de prison.

Citons, en Europe, le Français Jean-Luc Mélenchon, poursuivi sans preuve et jugé pour rébellion, ou le Russe Serguei Oudaltsov, dirigeant du Front de gauche, condamné à quatre ans et demi de prison pour avoir organisé des manifestations contre le pouvoir. Citons, en Asie, le Cambodgien Kem Sokha, principal leader de l’opposition emprisonné à la veille des élections législatives de 2017. Ou l’acharnement judiciaire aux Philippines contre la sénatrice Leila de Lima, figure de l’opposition.

De nombreuses voix se sont élevées dans le monde pour dénoncer cette situation : des groupements de juristes, des autorités religieuses comme le pape François, des figures de la défense des droits de l’Homme, des dirigeants syndicalistes ou politiques.

Notre déclaration commune salue ces protestations. Nous invitons à la vigilance pour défendre les victimes de ce type d’opération quelle que soit leur appartenance politique. Nous appelons à la coopération mondiale des résistances juridiques. Nous demandons que soient dénoncés devant l’opinion publique les gouvernements et les magistrats comme le juge Sergio Moro, au Brésil, qui acceptent de jouer ce rôle néfaste aux libertés individuelles et politiques. (...,...,... )

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