Pensées déobligeantes 2

Pensées désobligeantes - second volet -

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   .................................................................... Le présent volet est le complément du premier article intitulé de la même manière et consacré au sujet insolite visant à chercher des explications alternatives à la pensée unique développée dans les médias conventionnels ....

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17 - Icône, chimère et faux espoirs  - Attention au piège des idôles emblématiques ! 

<<....La source du pouvoir vient uniquement du peuple...>> -

...............  Le présent écrit se situe au delà du personnage emblématique, du symbôle incontestable que représente N. Mandela; incarnant la libération des peuples et un "mieux vivre ensemble" qui doit demeurer l'objectif de toutes les constructions politiques, Je tiens en revanche sur cet article à vous faire part de mes réserves concernant le deuil unanime mis en place par les grands médias de la scène publique aprés le décés de cet illustre personnage. Certes, un vieux principe vérifié des relations humaines veut que la postérité, comme la reconnaissance ne peuvent naître qu'après le passage à trépas . Le problème n'est certes pas là - Mon impertinente question consiste seulement ici à me demander dans quelle mesure ce deuil peut être hypocrite de la part des pays occidentaux et dans quelle mesure cette pseudo reconnaissance peut être l'objet en réalité d'une récupération à des fins politiques hypocrites : Dans le but principal, de mon humble avis .... , de canaliser un phénomène de mécontentement, quasi insurrectionnel mondial causé par la pression croissante des olgarchies capitalistes en maintenant artificiellement à flot par un battage médiatique organisé et mettant en scène une chimère incarnant l'espoir déçu des peuples asservis ou en souffrance - En matérialisant cet espoir dans la personne de Mandela, les élites au pouvoir peuvent avoir l'idée de maintenir en vie l'illusion indispensable d'un jour meilleur nécessaire à la continuité du système tout en contrôlant les paramètres qui la mettent en oeuvre, en l'occurence ceux menant à son inéfficacité ... puisqu'il est matériellement impossible de remettre dans les mains d'un seul homme le destin de la collectivité. Je pose alors d'emblée et en étendard ma singlante conclusion sans appel : Plutôt que porter sur le devant de la scène un personnage emblématique qui deviendra un pseudo symbole de liberté sans autre équivalent et concentrant toutes les attentes d'un peuple, .... ne valait-il mieux pas, en toute honnêteté, mettre en place sur le continent Africain un véritable processus général d'émancipation politique et d'auto suffisance économique sur un territoire principalement ravagé par des découpages frontaliers intéréssés, initié de l'extérieur aprés la décolonisation ainsi que par le diktat égoïste des multi-nationales étrangères ? Quelle but peut-il y avoir de créer une icône tandis que le modèle relationnel Afrique- occident à guère évolué depuis des décennies ? ... C'est la question que je me propose de soulever ici sur cette nouvelle page ! ....

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- Mon examen commence donc par une analyse volontairement contradictoire, critique, à la frénésie ambiante et mettant en contraste le bilan des réalisations du personnage cité en référence -

................... Les grandes étapes de la vie De Nelson Mandela : ......http://www.rfi.fr/contenu/20131205-grandes-dates-vie-nelson-mandela.......

 
Afrique du Sud / Mandela - 
Article publié le : mardi 09 février 2010 à 18:56 - Dernière modification le : jeudi 05 décembre 2013 à 23:11
 

Les grandes dates de la vie de Nelson Mandela

 
Par RFI

Retour sur les grandes dates de la vie du héros de la lutte anti-apartheid et premier président noir d'Afrique du Sud.

- 1918 : naissance, le 18 juillet, dans une famille royale de l'ethnie xhosa, dans le Transkei (sud-est).

- 1939 : entre à l'université de Fort Hare, alors unique université pour les Noirs.
- 1943 : devient membre du Congrès national africain (ANC).
- 1944 : rencontre et épouse Evelyn Mase, qui lui donnera deux fils et une fille. Co-fonde avec Oliver Tambo la Ligue de la jeunesse de l'ANC.
- 1952 : mène la « Campagne de défiance civile » contre l'apartheid, qui a été institutionnalisé en 1948.
- 1956 : arrêté pour haute trahison. L'instruction du procès durera trois ans.
- 1957 : Mandela, en instance de divorce, rencontre Nomzamo Winnifred « Winnie » Madikizela, qu'il épousera en 1958. Ils auront deux filles.
- 1961 : acquitté dans le procès pour haute trahison. Décembre : lance l'aile armée de l'ANC, dont il devient le commandant en chef.
- 1962 : arrêté et condamné à cinq ans de prison pour incitation à la grève, et pour avoir quitté le territoire sans autorisation.
- 1963 : le noyau dirigeant de l'ANC est arrêté dans son refuge de Rivonia (Johannesburg) et des documents impliquant Mandela sont découverts. Mandela est inculpé de sabotage et haute trahison. Pendant le procès, il prononce son fameux discours sur la démocratie, « un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ».
- 1964 : Mandela et ses co-accusés sont condamnés le 12 juin à la prison à vie et envoyés sur l'îlot-bagne de Robben Island, au large du Cap.
- 1990 : libéré le 11 février.
- 1991 : élu président de l'ANC, supervise et dirige les négociations de la transition.
- 1993 : Prix Nobel de la paix avec le dernier président de l'apartheid, Frederik de Klerk.
- 1994 : premières élections multiraciales le 27 avril, victoire de l'ANC. Mandela est investi président le 10 mai.
- 1996 : divorce avec Winnie, dont il était séparé depuis près de quatre ans.
- 1998 : épouse Graça Machel, veuve de l'ancien président mozambicain Samora Machel.
- 1999 : se retire de la présidence du pays, qui revient à Thabo Mbeki après la victoire de l'ANC aux deuxièmes élections démocratiques.
- 1999-2001 : assume la médiation du processus de paix au Burundi après le décès du médiateur tanzanien Julius Nyerere.
- 2003 : préside, au Cap, le premier d'une série de concerts internationaux au profit de la lutte contre le sida.
- 2004 : se retire de la vie publique.
- 2005 : annonce que son fils, Makgatho, 54 ans, est mort du sida, « une maladie normale ». 
- 2009 : élection de Jacob Zuma à la présidence sud-africaine. Mandela assiste à son premier discours en tant que président.
- 2010 : Zenani, son arrière petite-fille, est tuée dans un accident de la route. La même année, il publie « Conversations with myself », ses Mémoires.
- 2011 : Mandela est hospitalisé pour une infection respiratoire.
- 2012 : nouvelle alerte de santé. Cette fois, il est admis à l’hôpital pour des douleurs abdominales.
- 2013 : Le 8 septembre 2013, il quitte l'hôpital et regagne son domicile mais son état de santé demeure néanmoins toujours « critique et par moments instable ». Le 5 décembre, Jacob Zuma annonce la mort de Nelson Mandela, un géant de l'Histoire africaine.

............................................ Les deux sources citées sont en tête de liste de la recherche fondée sur les vocables du bilan de N. M..........................

 Source :   http://www.bvoltaire.fr/bernardlugan/nelson-mandela-quel-bilan,43766

Nelson Mandela : quel bilan ?

mandela-3
Le 7 décembre 2013
Le pays est plus divisé, plus cloisonné, plus éclaté que jamais.
 
 En moins de deux décennies, Nelson Mandela, président de la République du 10 mai 1994 au 14 juin 1999, puis ses successeurs, Thabo Mbeki (1999-2008) et Jacob Zuma (depuis 2009), ont transformé l’Afrique du Sud, un temps excroissance de l’Europe à l’extrémité australe du continent africain, en un Etat du « tiers-monde » dérivant dans un océan de pénuries, de corruption, de misère sociale et de violence dans lequel surnagent quelques secteurs ultraperformants, mais de plus en plus réduits, le plus souvent dirigés par des Blancs :

- Selon le Rapport Economique sur l’Afrique pour l’année 2013, rédigé par la Commission économique de l’Afrique (ONU) et l’Union africaine (en ligne), pour la période 2008-2012, l’Afrique du Sud s’est classée parmi les 5 pays « les moins performants » du continent sur la base de la croissance moyenne annuelle, devançant à peine les Comores, Madagascar, le Soudan et le Swaziland (page 29 du rapport), quatre pays en quasi naufrage…

- Le chômage touche environ 40 % des actifs et le revenu de la tranche la plus démunie de la population noire, soit plus de 40 % des Sud-africains, est inférieur de près de 50 % à celui qu’il était sous le régime blanc d’avant 1994. En 2013, près de 17 millions de Noirs ne survécurent que grâce aux aides sociales, le Social Grant.

- Le climat social est empoisonné par les criantes inégalités nourries par les « Black Diamonds », ces nouveaux riches noirs, profiteurs insatiables et corrompus qui ont fait main basse sur l’économie du pays, affichant avec insolence un luxe ostentatoire.

- Les travailleurs des mines, exploités tant par les multinationales que par leurs nouveaux employeurs noirs, réclament des salaires décents à l’occasion de grèves qui prennent de plus en plus un caractère insurrectionnel, comme le 17 août 2012 à la mine de platine de Marikana où la police tira dans la foule des grévistes, faisant une quarantaine de morts et plus d’une centaine de blessés. Quelle aurait été la réaction des médias européens si une telle répression s’était déroulée au temps du régime blanc ?

- Le pays est livré à la loi de la jungle avec une moyenne de 43 meurtres par jour. Entre 1970 et 1994, en 24 ans, alors que l’ANC était « en guerre » contre le gouvernement blanc, une soixantaine de fermiers blancs furent tués. Depuis avril 1994, date de l’arrivée au pouvoir de Nelson Mandela, près de 2.000 furent massacrés.

- La crise morale atteint des limites inouïes et la jeunesse sud-africaine a perdu tous ses points de repère. Le 4 mars 2013, Aaron Motsoaledi, le ministre de la Santé, a ainsi déclaré que 28 % des adolescentes noires entre 10 et 16 ans sont séropositives, contre 4 % des garçons de la même tranche d’âge, ce qui, selon lui, signifie qu’elles se prostituent à des hommes adultes.

- L’Affirmative Action a remplacé le mérite et la compétence par la préférence raciale ou communautaire au bénéfice des groupes raciaux dits « historiquement désavantagés », ce qui a largement contribué à ruiner des pans entiers de l’économie.

- Le pari qui était que la RSA allait décoller en raison de sa main d’œuvre noire à bon marché et de son encadrement blanc de haut niveau a été perdu car, depuis 1994, les Blancs diplômés quittent le pays, chassés par l’insécurité, les brimades diverses et la surfiscalité ; ou bien ils se replient dans la région du Cap, seule province échappant encore à la mainmise de l’ANC et à sa gestion clanique, dogmatique et corrompue.

- L’ANC connaît de graves tensions multiformes entre Xhosa et Zulu, entre doctrinaires post marxistes et « gestionnaires » capitalistes, entre africanistes et partisans d’une ligne « multiraciale ». Un conflit de génération oppose également la vieille garde composée de « Black Englishmen », aux jeunes loups qui prônent une « libération raciale » et la spoliation des fermiers blancs, comme au Zimbabwe.

- Politiquement, le mythe de la « nation arc-en-ciel » s’est brisé sur les réalités régionales et ethno-raciales. Le pays est en effet plus divisé, plus cloisonné, plus éclaté que jamais, phénomène illustré par les élections lors desquelles chaque communauté vote pour les siens.

Les perroquets de presse ne cessent d’affirmer qu’en 1994, grâce à Nelson Mandela, la transition « pacifique » a pu se faire, en Afrique du Sud, ce qui aurait permis à la majorité noire de succéder sans cataclysme à la minorité blanche.

Là encore, la réalité est autre car le véritable artisan de cette révolution politique fut le président De Klerk. Trahissant toutes les promesses faites à son peuple, ce fut en effet lui qui hissa Nelson Mandela au pouvoir :

- après avoir brisé la résistance des nationalistes afrikaners,
- après avoir désintégré une armée sud-africaine que l’ANC n’était pas en mesure d’affronter,
- après avoir empêché la réalisation d’un État multiracial décentralisé, alternative fédérale au jacobinisme marxiste et dogmatique de l’ANC.

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 Source : http://nations-libres.over-blog.com/2013/12/nelson-mandela-le-bilan-nuanc%C3%A9-d-un-homme-de-paix.html

La mort de Nelson Mandela a suscité une rare vague d’émotion dans le monde ; au fil des années, l’homme était devenu presque un mythe, une légende. Si son bilan réel reste contrasté, l’Histoire retiendra son attachement à la paix, intérieure et internationale, une qualité finalement bien rare parmi les dirigeants de ce monde.

 

L’échec de l’apartheid

Nelson Mandela a été tout à la fois l’adversaire, et le symbole de l’échec d’un système politique en décadence, l’apartheid. Dit aussi « développement séparé », cette idéologie partait d’un constat : il existe en Afrique du Sud de nombreux peuples, blancs (Afrikaners, Britanniques), noirs (Xhosas, Zoulous, Sothos...) et indiens, profondément différents. L’idée originelle de l’apartheid était-elle forcément condamnable ? Il s’agissait d’offrir à chacun de ces peuples un État dans un système confédéral. Si ce système avait été mis en œuvre avec sincérité et justice, la carte de l’Afrique du Sud actuelle serait bien différente.

Mais les Blancs, qui avaient initié le système d’apartheid, sont également à l’origine de son échec, pour deux raisons évidentes. En premier lieu, ils ont été trop gourmands en terres. Alors que les Blancs ne sont majoritaires que dans le sud-ouest (province du Cap) et dans certaines contrées du centre-est (État d’Orange), ils cherchaient à contrôler toutes les terres intéressantes du pays. Les « États » laissés aux peuples noirs étaient ridiculement petits et mal pourvus. D’autre part, l’élite blanche refusait d’assumer les tâches ingrates qui étaient laissées en majorité aux Noirs. De ce fait, les États blancs ne pouvaient survivre sans exploiter une forte population noire.

Un exemple de la confédération qu'aurait pu devenir l'Afrique du Sud si l'apartheid avait été appliqué dans son esprit originel. On note la faible taille des territoires réservés aux Blancs, ce que ces derniers n'ont jamais accepté.

Un exemple de la confédération qu'aurait pu devenir l'Afrique du Sud si l'apartheid avait été appliqué dans son esprit originel. On note la faible taille des territoires réservés aux Blancs, ce que ces derniers n'ont jamais accepté.

 

Dans ces conditions, l’apartheid n’était plus viable. Il devenait un système d’oppression coloniale des plus classiques, destiné à tomber en cette fin de XXe siècle. Nelson Mandela n’a joué qu’un petit rôle dans ce processus. Ce n’est donc pas sa lutte contre l’apartheid qui en a fait un grand homme, mais bien la façon dont il a géré le changement de régime.

 

L’homme de la réconciliation

La fin de l’apartheid est due à deux hommes : le président sud-africain Frédéric de Klerk et Nelson Mandela. De concert, ils ont organisé une transition pacifique au terme de laquelle le système de ségrégation était officiellement aboli. Nelson Mandela, soutenu par son parti politique, l’ANC, est devenu l’homme fort du pays. Dès son arrivée au pouvoir, sa première préoccupation a été de maintenir l’unité nationale sud-africaine, en promouvant la réconciliation de tous ses citoyens.

C’est là qu’a résidé tout le génie du président Mandela. Il aurait facilement pu profiter de sa position de force pour pratiquer l’épuration au profit de son clan. Au lieu de cela, il a choisi la voie de la réconciliation nationale. Tout ne s’est pas fait pacifiquement, bien sûr, mais le rêve de la « nation arc-en-ciel » a permis d’affaiblir les tensions et rancunes ethniques et raciales. La Commission Vérité et Réconciliation a eu le mérite de faire la lumière sur les crimes commis pendant l’apartheid sans sombrer pour autant dans la vengeance. Une véritable prouesse ; l’Afrique du Sud avait réussi là où le Zimbabwe de Mugabe, l’Algérie du FLN ou la République islamique d’Iran avaient échoué… 

C’est aussi un message que Nelson Mandela a envoyé au monde : lorsque l’on veut mettre fin à un conflit civil, ou à une situation d’oppression, ce n’est pas par la vengeance qu’il faut passer. Il faut accepter l’idée de compromis, de pardon mutuel et de réconciliation – même et surtout si les crimes commis ont laissé des marques profondes. Une leçon dont devraient s’inspirer ceux qui prônent le jusqu’au-boutisme dans les conflits syrien, israélo-palestinien ou coréen. 

 

En réussisant à réunifier, pour un temps, les peuples d'Afrique du Sud, Nelson Mandela a montré que la construction d'une Nation dépend finalement beaucoup de la bonne volonté de ses dirigeants.

En réussisant à réunifier, pour un temps, les peuples d'Afrique du Sud, Nelson Mandela a montré que la construction d'une Nation dépend finalement beaucoup de la bonne volonté de ses dirigeants.

Un bilan fort mitigé

Au niveau international, Nelson Mandela s’est conduit en homme de paix. Il a été, en 2003, une des grandes voix qui se sont élevées, avec celle de Jacques Chirac, contre la guerre en Irak. Il savait bien, lui, l’homme de la réconciliation, qu’on n’apporterait pas la paix et la démocratie à ce pays en le bombardant ! Un esprit indépendant, aussi, qui a su garder des liens avec les régimes non-alignés (notamment la Libye de Kahafi et Cuba de Fidel Castro), tout en condamnant les dérives de certains d’entre eux comme le Zimbabwe de Robert Mugabe… Il a été aussi l’un de ceux qui ont pris parti pour les droits des Palestiniens, mettant en garde Israel contre les tentations d’une politique d’apartheid – et il savait de quoi il parlait !

On pourrait regretter, naturellement, son soutien constant à l’Angleterre contre la France – alors même que les Français s’étaient bien plus mobilisés contre l’apartheid que les Britanniques. Mais laissons de côté ces petites rancœurs, et saluons l’œuvre internationale de Mandela pour la paix et contre l’impérialisme.

Le bilan intérieur, hélas, n’est pas aussi admirable. Pour une raison fort simple : Mandela était un idéaliste, un utopiste. Il n’a pas saisi l’importance des clivages ethniques et raciaux qui traversent l’Afrique du Sud. Pour dépasser ces clivages et construire une vraie « nation arc-en-ciel », il fallait proposer un projet capable de rassembler l’ensemble des peuples du pays. Nelson Mandela n’a pas su le faire, en partie aussi du fait d’une situation sociale difficile.

Le rééquilibrage communautaire a eu des conséquences catastrophiques pour l’Afrique du Sud. Les élites blanches ont été progressivement remplacées par des populations noires qui, en raison de la politique d’apartheid, avaient été privées de formation scolaire et universitaire. L’économie du pays en a terriblement souffert : la croissance a ralenti, le chômage explosé, ainsi que le taux de pauvreté. Autre problème : l’insécurité a connu une explosion terrifiante, pour les mêmes raisons. Le nouveau personnel de police a reçu une formation insuffisante, et a été incapable de lutter contre les tensions inter-ethniques qui minent le pays. Johannesburg est aujourd’hui l’une des capitales les plus dangereuses au monde. Le secteur scientifique n’a pas été épargné non plus, en particulier dans le domaine de la santé ; le SIDA a connu une propagation soudaine et terrifiante.

 

L’Afrique du Sud d’aujourd’hui est dans un état déplorable. La ségrégation raciale a été remplacée par une ségrégation sociale : une poignée de riches, blancs ou noirs, vivent séparés d’une population miséreuse et vulnérable. La réconciliation a laissé place aux vieilles rancunes ; les Blancs sont devenus des parias, et fuient le pays en masse. Au sein de la population noire, les rivalités entre Ngunis (Zoulous ou Xhosas) et Sothos se sont notoirement intensifiées.

Nelson Mandela n’est pas le principal responsable de cet échec. Si le vieux leader n’a pas su imposer la société idéale dont il rêvait, c’est avant tout parce qu’il n’a pas été suivi par son propre parti, l’ANC. Le chef actuel de ce parti, le Zoulou Jacob Zuma impose une politique favorable à son clan, à la grande colère des populations noires-sothos, blanches et indiennes. Par ailleurs, Nelson Mandela n’avait pas pris la mesure des graves tensions entre une population blanche qui accepte mal de perdre son statut dominant et une population noire avide de revanche.

Mais ce ne sont pas ces échecs, dont il n’est qu’en partie responsables, que l’on retiendra de l’œuvre de Nelson Mandela. Au-delà des problèmes de politiques intérieures, il a donné au monde un exemple à retenir. La réconciliation nationale qu’il a promue a empêché l’Afrique du Sud de basculer dans un bain de sang. Son engagement en faveur de la paix civile comme internationale restera son plus grand mérite ; il ne faut pas l’oublier, à l’heure où bruits de bottes et déclarations martiales agitent aussi bien l’Occident que le Moyen-Orient.

...................................................... L'Afrique se porte-t-elle bien ? .......................

L'Afrique du Sud en chiffres - http://www.planet-expert.com/fr/pays/afrique-du-sud/chiffres-cles

apitale : Pretoria

Population

Population totale : 51.189.307

Accroissement naturel : 1,2%

Densité : 42 habitants/km²

Population urbaine : 62,4%

Population des principales villes (banlieue inclue) : Johannesbourg aire métropolitaine (incluant East Rand) (5.700.000) ; Johannesbourg ville (3.200.000) ; Durban (3.100.000) ; Cape Town (2.900.000) ; Pretoria (2.000.000).

Origines ethniques : Noirs africains 79,6%, Blancs (Italiens, Allemands, Anglais...) 9,1%, Métisses 8,9%, Indien/Asiatiques 2,5%.

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter Statistiques Afrique du Sud.

Langue officielle : Afrikaans, anglais, ndebele, sotho du Nord, sotho, swati, tsonga, tswana, venda, xhosa, zoulou.

Autres langues parlées : Fanagalo, hindi, sotho, tsotsitaal, venda.

Langue(s) des affaires : Anglais et Afrikaans.

Religion : Près de 80% de la population est chrétienne. Il existe des minorités hindouistes, musulmanes, juives et des croyances africaines traditionnelles.

Heure locale : Il est 15:04 à Pretoria

Taux de change au 12/12/2013 :

Monnaie locale : Rand sud africain (ZAR)

1 ZAR = 0,0964 USD, 1 USD = 10,3724 ZAR
1 ZAR = 0,0700 EUR, 1 EUR = 14,2834 ZAR

Profils du pays

Superficie : 1.219.090 km²

Nature de l'Etat : L'Afrique du Sud est une république fédérale basée sur une démocratie parlementaire.

Niveau de développement : Pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure), Marché financier émergent.

Pays le plus riche d'Afrique (PIB) ; troisième producteur d'or au monde.

IDH* : 0.619/1

IDH (rang mondial) : 115/187

Note : (*) L'IDH, Indicateur de Développement Humain, est un indicateur qui synthétise diverses données telles que l'espérance de vie, le niveau d'éducation, les carrières professionnelles, l'accès à la culture, etc.

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.................................. http://www.immigrationafriquedusud.fr/immigration-afrique-du-sud-systeme-economique-politique.php ........................

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1. La politique économique post-Apartheid

Boycottée pendant l’Apartheid, l’économie sud-africaine s’est ouverte de nouveau au monde au milieu des années 1990.

Le gouvernement de l’ANC (African Nation Congress), le parti de Nelson Mandela, a établi depuis son arrivée au pouvoir une politique économique prudente et d’inspiration libérale.
Le FMI, le Fonds Monétaire International, a salué cette politique d’abaissement du coût des facteurs de production (énergie, transports, rigidités du marché du travail) et d’intégration de l’économie informelle.

En 1994, une politique d’affirmation action (discrimination positive) ayant pour but d’augmenter la représentation de la population noire dans différents secteurs du pays (services publics, administration…) a été mise en place.
Ce sont essentiellement les proches de l’ANC qui ont bénéficié de ces postes.

Le résultat de cette politique est l’émergence d’une classe moyenne noire (environ 10% de la population noire soit 8% de la population totale).

2. Les problèmes économiques sud-africains

Malgré ces différentes politiques libérales, des comptes publics sains et une excellence notation du pays par les agences spécialisées, l’Afrique du Sud possède d’importantes faiblesses structurelles.

En effet, le gouvernement peine à mettre en place des programmes efficaces dans la lutte contre le SIDA, dans la lutte contre la précarité (1/3 de la population se situe en dessous du seuil de pauvreté de 2$/j et 60% sous le seuil de pauvreté national), la lutte contre la criminalité et les besoins aux services de base et d’infrastructure.

Le taux de chômage reste très élevé (25,5%) et en particulier pour la population noire. Le chômage toucherait près de 34% de la population noire alors que seulement 5% des Blancs sud-africains sont concernés.

Un des principaux défis économiques et sociaux est le VIH/SIDA qui touche un adulte sur cinq. L’espérance de vie a diminué de 14ans depuis la fin de l’Apartheid et le taux de mortalité a doublé entre 1990 et 2004 (d’après l’UNICEF).

Le dernier grand problème de l’Afrique du Sud est le fort taux de criminalité. D’après le journal Le Monde, l’Afrique du Sud compterait environ 20 000 meurtres par an, 30 000 tentatives de meurtre, plus de 50 000 viols et environ 300 000 cambriolages.

3. Les actions récentes

Le gouvernement a lancé en Automne 2004 un vaste projet de travaux d’infrastructures, d’investissement public et de dépenses sociales ainsi qu’une réforme structurelle des dépenses publiques.
Ces programmes ont été mis en place afin d’améliorer l’accessibilité à l’eau, à l’électricité, aux installations sanitaires, à la terre et aux logement pour les populations défavorisées.

Les priorités du gouvernement actuel sont le soutien à la croissance, à la formation et au transfert de connaissance. C’est pour cela que Mme Mlambo-Ngcuka (Vise présidente depuis juin 2005) a lancé deux grands projets d’investissent:

  • le ASGI-SA : programme en faveur d’une croissance accélérée
  • le JIPSA : programme de développement de l’éducation


400 milliards de Rands (environ 42 milliards d’Euros) ont été mobilisés pour la lutte contre la pauvreté et le chômage et l’amélioration des infrastructures au niveau provincial. Cette somme d’argent a été attribuée par le président Mbeki en janvier 2006.

4. L’économie sud-africaine et le reste du monde

Sur le plan international, l’Afrique du Sud est à l’heure actuelle un géant de l’Afrique. En effet, elle détient près de 25% du PIB du continent et 80% du PIB de l’Afrique Australe.

Le principal partenaire économique de l’Afrique su Sud est l’Union Européenne (ce qui représente 40% de ses importations et des ses exportations ainsi que 70% des Investissements Directs Etranger (IDE)).

Au sein de l’UE, son partenaire le plus important est la Royaume-Uni.

5. L’économie sud-africaine en quelques chiffres

PIB: 113,3 milliard de $
PIB / habitant en $ (à parité de pouvoir d’achat): 2820
Croissance annuelle: 2,2 %
Taux d’inflation: 8,5 %
Taux de chômage: 37%
Importations: 25 677 millions de $
Exportations: 30 643 millions de $

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..  .................................... ( Fin des extraits pris de supports extérieurs ) .......................

 

 .....    Ces extraits, certes subjectifs, démontrent plus ou moins bien que la réalité de la société civile Africaine est encore loin du rêve développé par l'idéal de l'homme d'Etat devenu célébre . La situation matérielle et institutionnelle n'est qu'en cours d'amorçage . Son action, aucun projet ne peut être isolée et il ne semble pas que l'ensemble des nations voisines ni l'Europe ne favorisent cet élan progressiste par de vraies mesures. Je ne cherche pas à réduire à néant l'esprit ni l'ambition de l'icone mais seulement démontrer les aspects négatifs comme l'hypocrisie de la concentration des regards ou des espoirs sur une personne en lieu et place d'étendre la prise de conscience par la mise en oeuvre de mécanismes institutionnels pérennes. Ainsi me dois-je désormais de préciser certains éléments historiques qui attestent de la responsabilité des nations Européennes dans la génése de la situation actuelle sur le continent Africain - ....

Je vous porpose donc un retour sur le passé colonial et le modèle économique actuel développé en Afrique -

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 .... Il nous faut dans un premier temps comprendre comment se dessine le visage du continent au sortir de la décolonisation .......

............site support .............http://www.arte.tv/fr/Un-decoupage-au-cordeau-et-des-pays-dans-le-flou/3712890,CmC=3717282.html

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Un découpage au cordeau et des pays dans le flou

 

De la conférence de Berlin à celle d'Addis Abeba, la problématique des frontières empoisonne encore le continent africain depuis plus d'un siècle. 

 

 
zoom
Bordj Badji Mohktar, BBM pour les intimes, petite agglomération grillée sur la tranche, plantée en plein désert du Tanezrouft, l'un des plus arides du monde et qui s'étend sur près d'un million de kilomètres carrés. Dans cet océan pierreux, plateau désolé d'être là, un long trait virtuel, rectiligne sur près de 1.500 kilomètres. Cette représentation virtuelle est la frontière qui sépare l'Algérie du Mali, de l'arbitraire pur. 

De l'autre côté, à l'Est, un autre trait, tout aussi rectiligne, une droite parfaite de 1.000 kilomètres qui fait office de frontière entre l'Algérie et le Niger. Là aussi, le trait arbitraire censé délimiter les deux pays ne correspond à aucune frontière naturelle, ethnique ou géographique.

Au milieu, Tin Zouaten et Timiaouine, deux anciens campements nomades touaregs, devenus des communes, et… une bosse, qui fait office de triple frontière Algérie-Mali-Niger, contraste avec l'aspect géométrie euclidienne de l'ensemble. 

Ici, il y a de l'eau, et la France, ex-puissance coloniale, avait dérogé à la règle des lignes droites pour intégrer la zone en Algérie. À part ces quelques cas particuliers, dans la région c'est le double décimètre posé sur une carte à l'échelle du 1/10.000e qui a tout réglé. Entre le Mali et la Mauritanie, deux droites, parfaites, qui forment un absurde angle droit, parfait, lui aussi, 90°. Entre le Sahara Occidental et la Mauritanie, un escalier, trois marches presque parfaites à angle droit, 90°. On ne retrouve quelques frontières naturelles que plus au Sud, en Afrique de l'Ouest, ou au Nord, entre l'Algérie et le Maroc, où la frontière entre les deux pays, toujours pas ratifiée, suit une longue vallée naturelle encadrée par de hautes montagnes. Vous avez dit frontières ? Il faut bien différencier les frontières internes, à l'intérieur d'un territoire d'une puissance européenne, rectilignes et sans état d'âmes, des frontières externes qui séparent les empires coloniaux, sinueuses, à l'image de l'esprit des régents de l'époque, rois et empereurs blancs, dont il fallut ménager les susceptibilités par des courbes plutôt que des droites. 

 

LES MURS DE BERLIN


Au XIXe siècle, l'éthique est encore au placard, et les Européens se disputent le territoire africain comme des gangs s'affrontent dans les rues pour le contrôle des espaces et des commerces. Sur l'idée du Portugal, qui voit ses territoires se réduire devant l'appétit grandissant de ses voisins, est initiée la Conférence de Berlin, fin 1884.

Treize pays européens, dont la Turquie, participent à cette grande réunion à laquelle s'invitent symboliquement les États-Unis, en pleine formation. Aucun Africain, dirigeant ou représentant des nombreux empires du continent n'est invité, et le maître de cérémonie, Otto Von Bismark, annonce l'ordre du jour : le partage de l'Afrique et de ses ressources naturelles entre les différentes puissances coloniales.

 
La décolonisation et les indépendances africaines des années 60 ne bousculèrent pas les frontières et engendrèrent de nombreux conflits ethniques, revendications territoriales et guerres de voisinage.

Mais aussi entre personnalités physiques, comme le Roi Léopold II, qui se voit attribuer en son nom propre 2,5 millions de kilomètres carrés qui deviendront le Congo, et ne reviendront à la Belgique qu'en 1908. Cette conférence, qui a duré trois mois, n'a pourtant pas tout réglé puisque des conflits ont éclaté par la suite entre les puissances colonisatrices. Car la conférence de Berlin n'a réussi finalement qu'à fixer les règles du partage du butin et éviter ainsi les pillages sur les territoires des voisins, et non un partage égal, juste et éternel. La situation en reste néanmoins là, par ce découpage du gâteau mou aux pépites de chocolat noir, et le dépeçage se poursuivit pendant presqu’un siècle. La décolonisation et les indépendances africaines des années 60 ne bousculèrent pas les frontières et engendrèrent de nombreux conflits ethniques, revendications territoriales et guerres de voisinage.

L'Union africaine, (ex-Organisation de l'unité africaine, OUA, qui a vu le jour à Addis Abeba, en Ethiopie) pose un postulat fondamental dès 1964 : ne plus remettre en question les frontières héritées de la colonisation, pour éviter les guerres. Cet axe primordial de la politique africaine n'a pas non plus tout réglé et les guerres ne se sont pas arrêtées pour autant plusieurs conflits éclatent, qui menacent l'existence même de l'organisation panafricaine. Jusqu'à aujourd'hui, où la partition du Soudan, sous la pression américaine, en est le plus récent exemple. 

 

L'ENFERMEMENT EXTÉRIEUR


Découper les frontières africaines aux ciseaux, ou bien lier les sous-ensembles avec du scotch ? Des décennies après la première conférence de l'Union africaine, plus d'un siècle après la conférence de Berlin, deux thèses s'affrontent toujours. Le fédéralisme : États-Unis d'Afrique redécoupés par des frontières plus naturelles, linguistiques, ethniques ou géographiques; et l'Afrique des Nations : ensemble d'États forts réunis sous l'égide de l'Union africaine, avec des frontières intangibles, issues de la décolonisation. La difficulté est toujours d'actualité, celle des États-nations à se former et de la fixation identitaire à devenir un axe de réflexion pour la répartition spatiale.

En dehors des conflits et des nombreuses frontières non encore ratifiées, le résultat est là : un flou guerrier, un trafic important aux frontières, carburant, drogues ou denrées alimentaires, peut-être bénéfique mais souvent sanglant, et qui profite des liens tribaux qui unissent diverses entités postées en travers des limites des pays. Mais surtout les guerres, régulières entre Touaregs et gouvernement central malien ou nigérien par exemple, et depuis quelques années l'imbroglio sahélien, où les groupes terroristes passent les frontières comme on enfreint des lois, en profitant de l'absence d'homogénéisation des régimes de la région. 

Point positif : nombreux sont les peuples qui vivent à cheval sur des frontières et qui possèdent trois voire quatre nationalités, à l'image des Touaregs qui nomadisent – en 4X4 – sur plusieurs territoires tels leurs ancêtres, mais avec des cartes d'identité malienne, nigérienne et algérienne. Quel effet de passer sur ce trait rectiligne en plein désert du Tanezrouft, ligne droite absurde qui fait office de frontière virtuelle ; sans barbelés, mur ou borne ? 

De l'avis général, rien. Il n'y a d'ailleurs rien, si ce n'est qu'il faut mettre la main à l'autre poche, pour exhiber dans le cas d'un contrôle la carte d'identité correspondante. Berlin, c'est loin ; les frontières, c'est flou. En 1991, à Abuja (capitale du Nigeria), le sommet de l’OUA avait créé la Communauté économique africaine. Avec une extrême prudence, les rédacteurs du traité avaient fixé une période de… ternte-quatre années pour parvenir à l’intégration économique du continent. L'Afrique a encore le temps – et l'espace. 

Chawki Amari
Journaliste et écrivain algérien, chroniqueur du quotidien El Watan. Il a publié de nombreux ouvrages, notamment Nationale 1 (Éd. Casbah, mars 2008).
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Démocratie africaine : la problématique de la « nation »
 
 
 
Ce n’est un secret pour personne : la démocratie en Afrique a toujours le plus grand mal à fonctionner. Le pouvoir agit comme un aimant qui empêche le plus souvent l’alternance. Comment expliquer cet échec de la démocratie africaine ? Les causes sont multiples, mais il peut se dégager quelques axes fondamentaux.
 

Nation et démocratie

La démocratie d’un Etat fonctionne relativement bien en premier lieu lorsqu’elle s’applique dans une nation, au sens civique comme au sens ethnique. La première suppose que les citoyens se retrouvent autour d’un projet politique commun, en dehors de toute référence ethnique ; elle a vaincu en grande partie les clanismes et « nationalismes régionaux ». La deuxième conception de la nation suppose une très forte homogénéité ethnique et culturelle.

Les pays d’Afrique ont le plus souvent été le résultat du découpage de la Conférence de Berlin par les puissances européennes à la fin du 19° siècle : des peuples qui vivaient ensemble ont été séparés par des frontières purement arbitraires, et des peuples qui ne voulaient pas vivre ensemble, du fait de leurs modes vie très différents, ont été placés malgré eux au sein des mêmes frontières. Le Royaume Kongo englobait par exemple l’Angola, la République démocratique du Congo et le Congo Brazzaville. Il était formé d’une seule ethnie, les Kongos avec leur mentalité commune et leurs lois scrupuleusement respectées. En Afrique on a ainsi appliqué le modèle occidental d’Etat nation « civique » sur des territoires qui sont en réalité « pluri-nationaux », dans le sens où plusieurs ethnies très souvent cohabitent au sein d’un même Etat. Le concept de nation y étant donc très fortement ethnique, le partage du pouvoir politique s’avère difficile, donnant lieu à des conflits interethniques, des refus d’alternance en faveur de « l’autre ».

La pauvreté, un handicap pour la démocratie africaine

La démocratie fonctionne d’autant plus mal dans les Etats plurinationaux ou pluriethniques qu’ils sont pauvres. La raison est que dans ces pays la préoccupation principale est bien souvent de manger à sa faim. Un pied dans le pouvoir politique pour un membre d’une famille, d’un village, d’une ethnie peut changer totalement la capacité de cette famille, de ce village, de cette ethnie à survivre. La solidarité ethnique prime pour résoudre ce problème de pauvreté, d’où les conflits ethniques/claniques pour le pouvoir. L’accès à la richesse passant par le politique, les ressources de l’Etat sont donc privatisées et réparties au sein du clan au pouvoir.

Par ailleurs, dans les économies qui disposent de richesses naturelles fantastiques, il est d’autant plus coûteux pour l’ethnie ou le clan qui est au pouvoir de lâcher ce dernier. Cela se mesure en millions de dollars. Le multipartisme ne fonctionne alors pas dans un Etat plurinational pauvre, c’est à dire où l’immense majorité de la population vit dans la misère, même, ou surtout, si le pays regorge de richesses naturelles.

Dans les pays démocratiques riches, l’accès au politique se fait le plus souvent par l’idéologie, la vision du monde, non par l’appartenance ethnique. Le minimum vital pour l’immense majorité de la population permet d’écarter ce spectre ethnique. Manger à sa faim et pouvoir se soigner relativement correctement évitent généralement les solidarités de l’ethnisme ou du népotisme et tous les fanatismes qui vont avec.

Remettre en adéquation démocratie et nation, permettre la prospérité Alors qu’on a voulu imposer la démocratie de manière centralisée à des entités pluriethniques ou plurinationales dans un contexte de rareté (impliquant donc des conflits), il faut sans doute « redescendre » la pratique démocratique et multipartiste à un niveau moins générateur de conflits, au niveau de gens qui veulent vivre ensemble, au sein des « vraies » nations qui très souvent ne correspondent donc pas encore au niveau de l’Etat.

C’est la grande leçon du principe de subsidiarité : que les problèmes se résolvent d’abord au niveau local si possible parce que les populations y ont la connaissance requise pour traiter ces problèmes et l’envie de le faire ensemble. Autonomiser les « départements » locaux, les responsabiliser financièrement et fiscalement pour éviter les conflits : cette décentralisation politique, c’est la démocratie du bas vers le haut. C’est aussi une chance pour les minorités souvent laissées pour compte. Bien sûr l’Etat central doit jouer un rôle en matière de respect de l’état de droit ou d’infrastructures nationales, mais il doit demeurer si possible en retrait pour le reste.

Avec la concurrence institutionnelle entre régions ou départements les meilleures pratiques sociales émergeront. Des partenariats, des coopérations pourront se former, et peu à peu se construira sans doute une idée moins ethnique de la nation. C’est un processus, encore une fois, du bas vers le haut. Cette meilleure gestion, plus pacifique, de la chose publique au niveau adéquat favorisera donc le développement politique (du bas comme du haut) mais aussi économique : la sérénité politique limite l’incertitude institutionnelle, extrêmement néfaste au développement.

Enfin, il y a ici un parallèle entre la démocratie imposée par le haut et l’économie de marché imposée par le haut. Pour qu’une économie fonctionne, il faut un socle, un terreau institutionnel qui soit d’abord en accord avec les pratiques sociales locales (ce qui ne signifie pas que certaines d’entre elles ne doivent pas évoluer). Il faut aussi que ce terreau institutionnel favorise l’ouverture vers le chemin de la prospérité, permettant la responsabilisation des individus et l’incitation à investir dans leur futur. La prospérité entraînera peu à peu la constitution de nations « civiques » et de moins en moins « ethniques ».

Développement économique et développement politique peuvent aller de pair pour peu qu’on n’impose pas des schémas, préconçus ailleurs, à des niveaux inadéquats et en n’étouffant pas les libertés locales et individuelles.

 

Noël Kodia est critique littéraire et essayiste d’origine congolaise, Emmanuel Martin est analyste sur www.unmondelibre.org.

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 .......... Dans un second temps, il nous faut comprendre les vrais enjeux et la portée de la pénétration des multinationales étrangères dans l'économie Africaine . Qui contrôle quoi et par quels mécanismes officiels ou officieux ?

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...............................................http://ecologie.blog.lemonde.fr/2010/10/20/ces-multinationales-europeennes-qui-pillent-les-ressources-des-pays-du-sud/
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Ces multinationales européennes qui pillent les ressources des pays du Sud

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"Toutes les cinq secondes, c'est l'équivalent du poids d'une Tour Eiffel de ressources naturelles qui est prélevé des écosystèmes et des mines." C'est à partir de ce constat alarmant que des associations écologistes et de solidarité internationale, des syndicats et des chercheurs, coordonnés par le Centre de recherche et d'information pour le développement (Crid), lancent, ce samedi, la campagne "Une seule planète" pour une gestion durable et équitable des ressources naturelles.

Car les pays riches ne se contentent pas de consommer dix fois plus de ressources par habitant que les pays pauvres. Cette consommation, d'eau, de minerais, de pétrole ou de produits agricoles, se fait aussi au prix de dégradations environnementales et de violations des droits humains, générées par les multinationales qui (sur)exploitent ces ressources. Des entreprises qui ne sont jamais tenues légalement responsables des conséquences de leurs activités, en raison de leur poids économique et politique et de l'attentisme des gouvernements et des populations. Sylvain Angerand, chargé de campagne forêts et ressources naturelles aux Amis de la Terre, livre cinq exemples de "scandales environnementaux et sociaux".

 

 

  • Eramet en Indonésie

Ce groupe minier français prépare l'exploitation du gisement de nickel de Weda Bay, au cœur de l'île d'Halmahera. Ce gisement est situé sous une forêt primaire théoriquement protégée mais qui a été déclassée en 2004 sous la pression des industriels. L'enjeu économique est en effet de taille puisqu'il représente potentiellement le deuxième gisement au monde, avec 4 millions de tonnes de nickel potentiellement exploitables. Cette exploitation menace l'équilibre environnemental de l'île et le mode de vie des communautés autochtones et des populations locales.

>> Pour en savoir plus : le rapport des Amis de la Terre France et la présentation du projet de Weda Bay par Eramet.

  • Michelin au Nigeria

Pour fabriquer le caoutchouc nécessaire aux pneus, l'entreprise française exploite des plantations d'hévéas, via une filiale, la société internationale de plantations d'hévéas. Au Nigeria, cette culture, d'une superficie d'environ 3 000 ha, s'est traduite par la destruction de forêts primaires dans l'état d'Edo, au sud du pays, et la dépossession de leurs terrains des populations locales. Or, 20 000 personnes vivent dans cette zone, dont 80 % sont dépendantes de la forêt pour subvenir à leurs besoins.

>> Pour en savoir plus : le rapport des Amis de la Terre Indonésie, l'article de Terra Eco sur la fabrication du pneu (payant) et les engagements de Michelin en faveur de l'environnement.

  • Tereos au Mozambique

Cette coopérative sucrière cultive près de 100 000 ha, dont 15 000 de canne à sucre, au Mozambique, qui viennent s'ajouter aux productions en provenance de sa filiale au Brésil. Comme tous les agrocarburants, ces plantations génèrent des conflits en occupant des surfaces agricoles utilisées par les populations locales pour se nourrir, dans un pays où la faim reste un défi majeur. Elles entraînent par ailleurs des phénomènes de déforestation en déplaçant les paysans sans terre vers des zones forestières qu'ils vont défricher.

>> Pour en savoir plus : la campagne d'Oxfam "Privés de terre, privés d'avenir", la chronique de l'économiste Jacques Berthelot et le communiqué des Amis de la Terre sur l'accord signé entre l'Union européenne, le Brésil et le Mozambique en matière d'agrocarburants.

  • GDF-Suez au Brésil

L'entreprise est impliquée dans le financement de deux mega-barrages, San Antônio et Jirau, sur la rivière Madeira en Amazonie brésilienne. Ces projets vont déplacer des milliers d'autochtones et détruire les forêts où vivent plusieurs peuples d'Indiens. La venue d'industriels dans ces zones retranchées peut aussi entraîner la propagation de maladies, comme la grippe ou la rougeole, contre lesquelles les Indiens sont peu immunisés.

>> Pour en savoir plus : le rapport de Survival France, la chronique de l'écrivainJean-Marie Le Clézio et du directeur de Survival Jean-Patrick Razon dans Le Mondeet la réponse de GDF-Suez dans les colonnes de Libération.

  • Total au Venezuela

Le pétrolier français exploite, dans des mines à ciel ouvert ou des gisements souterrains, au Venezuela, à Madagascar et au Canada, des huiles extra-lourdes et des sables bitumineux, c'est-à-dire des résidus de pétrole qui ont migré dans les roches superficielles et qui prennent la forme d'un bitume très visqueux et lourd. Leur exploitation, très coûteuse, a été lancée depuis quelques années en raison de l'augmentation des cours du pétrole. Total s'est donné pour objectif de produire, à l'horizon 2020, 200 000 barils de ce pétrole par jour, soit 9 % de sa production actuelle. Or, l'extraction de ces hydrocarbures, qui contiennent des métaux lourds comme de l'uranium, du nickel ou du cadmium, entraîne des pollutions des sols, de l'air et des nappes phréatique, détruit des forêts et requiert des ressources considérables en électricité, eau, carburant. Au total, de son extraction à sa consommation, ce pétrole émet cinq fois plus de gaz à effet de serre que le pétrole conventionnel.

>> Pour en savoir plus : le rapport de Greenpeace, la campagne "Total aggrave son cas" des Amis de la Terre et la présentation du projet d'exploitation par Total.

 

"Aujourd'hui, toutes les ressources facilement exploitables ont déjà été exploitées, conclut Sylvain Angerand. En repoussant toujours nos limites, nous nous rendons dans des zones fragiles, où nous exacerbons les conflits et tensions politiques et où nous provoquons des désastres écologiques et sociaux."

Au-delà de la simple pression sur les multinationales pour limiter cette surexploitation des ressources du Sud, l'action réside aussi à notre niveau. Elle se résume finalement en une idée, que nous connaissons tous même si nous nous refusons souvent à l'appliquer : réduire notre consommation. Les solutions sont nombreuses pour y parvenir : renforcer les transports publics, relocaliser l'économie, augmenter la durée de vie des produits encore proposer davantage de services. "La réorganisation de la société sera longue à mettre en place. Par contre, des mesures politiques, notamment au niveau européen, peuvent être d'ores et déjà prises pour agir dans le sens d'une moindre consommation et pour mettre fin à cetteschizophrénie des gouvernements entre objectifs économiques et environnementaux", ajoute-t-il.

 

 

Photo : Mine de nickel à ciel ouvert dans l’est de l’île d’Halmahera. Les Amis de la Terre Indonésie/Walhi.

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...........................................http://www.alterinfo.net/L-Afrique-entre-multinationales-et-privatisations-ce-que-pense-le-MLAN_a8393.html

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L’Afrique entre multinationales et privatisations : ce que pense le MLAN

« L’Afrique noire est mal partie », tel est le titre de l’ouvrage de René Dumont paru en 1962. Il mettait l’accent sur les dangers du morcellement territorial – le rejet des frontières du colonialisme et surtout la constatation du lourd héritage colonial: des ressources constituées essentiellement de matières premières et des habitudes de monoculture coloniale faites par et pour les anciens propriétaires européens. Plus de quarante ans après, les nouvelles les plus récentes d'Afrique viennent malheureusement confirmer chaque jour le diagnostic pessimiste émis par René Dumont. Point n’est besoin de rappeler les goulots d’étranglement qui jalonnent le chemin du développement des pays africains. Mais, à rebours de Stephen Smith pour qui les Africains sont seuls responsables des maux qui accablent leur continent et le précipitent dans une « mort » certaine, nous proposons de revisiter le quotidien des africains. En effet, déjà fragiles, les jeunes Etats indépendants ont hérité d’une souveraineté chancelante que la domination des multinationales et la dislocation des sociétés sous l’effet des politiques d’ajustement structurel ont achevé de réduire à néant. 

Par une « ironie tragique », plusieurs phénomènes de nature très différente ont conjugué leurs effets déstabilisateurs : 

-la fin de l’affrontement Est-Ouest, qui structurait la géopolitique africaine. 

-l’improvisation par les bailleurs de fonds d’une injonction démocratique mal maîtrisée (relayée par le discours de François Mitterrand à La Baule en 1990). 

-le nouveau cadre macroéconomique ultralibéral – privatisations sauvages, programmes d’ajustement structurel incohérents et drastiques, plans sociaux déguisés, exploitation éhontée de la main-d’œuvre, prix dérisoires des matières premières et fraudes, mesures commerciales désavantageuses etc. ; 

-les interventions sauvages des multinationales occidentales et de puissantes banques orientales. 

Ces multinationales instrumentalisent des conflits régionaux ou locaux pour obtenir ou conserver des marchés et des concessions. Coups d’Etat en Guinée-Bissau (septembre 2003) et à Sao-Tomé- et-Principe (juillet 2003), tentatives de putsch au Burkina Faso et en Mauritanie (octobre 2003), renversement de M. Charles Taylor par une rébellion au Liberia (août 2003), remous politiques au Sénégal (année 2003), déstabilisation de la Côte d’Ivoire (depuis septembre 2002)… l’Afrique de l’Ouest semble s’être durablement installée dans la crise politique. Si le pétrole est à la une, on oublie plus souvent dans les médias de rappeler la situation des populations des pays qui possèdent du pétrole dans leur sous-sol, et se voient soumises au pouvoir de ces multinationales pétrolières. À commencer par l'Afrique, d' où Elf tire environ 70 % de sa production, et d' où le nouveau groupe TotalFinaElf tire encore 40 % de sa production. Depuis des décennies, les compagnies pétrolières interviennent dans la vie politique et économique des pays concernés. Si ce n’est pas la mise en place ou le cautionnement des régimes responsables de violations massives des droits humains ou l’alimentation et encouragement des circuits de corruption, à l'étranger (surtout en France), c’est la destruction de l’environnement qui est en cause. Le groupe pétrolier Total a publié un nouveau bénéfice net ajusté record pour 2006 de 12,585 milliards d'euros, soit le plus gros bénéfice jamais enregistré par une entreprise française. Ses revenus ont progressé de 12% à 153,802 milliards d'euros. La croissance du bénéfice du groupe a suivi ces dernières années la hausse des cours du brut. De 7 milliards en 2003, le bénéfice de Total a dépassé légèrement les 9 milliards en 2004 avant d'atteindre un précédent record de 12,003 milliards en 2005. Depuis sa fusion en mars 2000, le groupe Total-Fina-Elf est devenu la première entreprise privée française et le quatrième pétrolier mondial : 50 milliards de francs de profits, 761 milliards de chiffre d'affaire (soit la moitié du budget de la France). Ce monstre industriel est surtout actif en Asie (notamment en Birmanie) avec Total, en Afrique du Nord (particulièrement en Libye) avec Fina et en Afrique noire (Angola, Congo, Gabon, Cameroun, Tchad...) avec Elf. Au même moment, selon le classement des Nations unies, le Nigeria et l'Angola, les deux principaux producteurs africains de pétrole se trouvent actuellement au rang des nations les plus pauvres, plus précisément les plus appauvries par trois décennies d'exploitation pétrolière. Les affaires judiciaires de la société ELF ont révélé une partie de l'ampleur de la corruption pour la course à l'or noir : trafic d'armes (par exemple avec les deux parties en guerre depuis 1975 en Angola), constitution de caisses noires pour impliquer certains hauts fonctionnaires (à travers la Banque française intercontinentale et ses 1,5 milliards de francs par an), faux-monnayage ("emprunt Joséphine" de 2 milliards de francs via le Tchad en 1998), contribution aux partis politiques de gouvernement (8OO millions de francs par an), utilisation de prostituées de luxe (comme pour l'ex-président du Conseil constitutionnel, Roland Dumas)... Généralisées chez tous les pétroliers, ces manipulations se sont institutionnalisées en France avec la création en 1965 de la société nationale Elf-Aquitaine (privatisée en 1994), conçue comme une véritable annexe des services secrets en Afrique. Cette tendance militaro-affairiste concerne à l'occasion d'autres multinationales : Bolloré-Rivaud (transport maritime), Bouygues (bâtiment), Castel (bières), Thomson (électronique), Suez-Lyonnaise-Dumez (eaux), Dassault (aviation)... Comme l'affirmait Georges Clemenceau, "une goutte de pétrole vaut une goutte de sang". 

Dans leurs activités en Afrique, les multinationales du pétrole illustrent clairement un processus de socialisation des pertes et de privatisation et capitalisation des profits. Au-delà du pillage systématique des ressources naturelles et même halieutiques de l’Afrique, les multinationales ont une habitude dévergondée de s’inviter dans la politique africaine. Cette immixtion des multinationales – comme des règles de la mondialisation économique – dans la sphère publique africaine a provoqué un amalgame entre droit public et droit privé. La plupart des chefs d’État africains ne se pensent pas comme des présidents de la République, garants de l’intérêt général, mais agissent plutôt comme des présidents de conseil d’administration. La gestion du pétrole, de l’or ou du diamant, la vente des produits agricoles et des ressources naturelles (minerais, bois) donnent lieu à des comportements claniques, voire d’allégeance féodale, de la signature des contrats d’exploitation des matières premières (commissions) jusqu’à la répartition des fortes valeurs ajoutées dégagées lors des ventes sur le marché mondial. La gestion de la manne pétrolière au Gabon et en Angola en est une parfaite illustration. Sur ce continent, jamais il n’y a eu autant de « batailles », de pathologies, de pillage de l’économie et du sous-sol. Ces multinationales post-coloniales se sont mises en tête de contrôler tout le secteur productif et de commercialisation des pays en voie de développement. Par exemple en côte d’ivoire, La défense des intérêts français se mesure, elle, à l'importance que prend l'appétence de certaines multinationales françaises à exercer leur contrôle sur les outils de production et les services publics (électricité, télécommunications, bâtiments et travaux publics), sans pour autant que la population locale voie la couleur des dividendes, ni profite des fruits de la croissance. Pour endormir et jouer les bienfaiteurs, l'Envoyé de l'ONU pour le sida en Afrique a proposé que les multinationales contribuent, à hauteur de 0,7% de leurs profits, pour aider dans la lutte contre l'épidémie. 
Pour le Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN), la dévestiture aux ressources naturelles par ces multinationales doit prendre fin. Désormais, les multinationales – comme les chefs d’Etat et de guerre – impliquées dans des tentatives de déstabilisation et de pillage de l’Afrique trouveront une Nouvelle Jeunesse Africaine (NJA) debout comme un seul homme contre leurs appétits morbides car ennemis de l’Afrique. Au même moment les associations de consommation Françaises s’indignent des plantureux profits de Total et réclament la mise en place d’une taxe exceptionnelle sur les revenus pétroliers, afin de compenser la hausse du prix du carburant alors que cette multinationale ne réalise que 5% à 6% de ses profits en France. Ces bénéfices records ont réveillé l'appétit des partis français de gauche, des associations de consommateurs et des mouvements écologistes, qui réclament une "taxe exceptionnelle sur les superprofits" des compagnies pétrolières, destinée au financement des réductions d'énergie. Dans les pays africains où Total fait ses bénéfices, aucun investissement n’est fait dans l’investissement des énergies renouvelables. Alors que la situation énergétique devient de plus en plus alarmante, ces multinationales n’investissent pas une partie de leurs bénéfices dans la recherche de solutions alternatives. Réfléchissons à cette belle arithmétique pétrolière que plus d’un milliard d’hommes ne disposent toujours pas d’électricité. Peut-être dans un de ces pays où les gros tuyaux « Total » pompent sous la terre nuit et jour. Le MLAN fustige la «démagogie» et le «populisme» de ces propositions et de la polémique que la manne pétrolière irrigue dans les pays occidentaux (surtout en France). La vache à lait dans cette histoire est l’Afrique, ou du moins les pays d’où l’or noir est tiré sans honte. Que revient aux pays africains producteurs de pétrole ? S’il est vrai que certains fortunés africains sont actionnaires dans ces multinationales, la quasi-totalité des dividendes revient aux actionnaires des pays dits développés qui construisent leur vie sur les ruines d’une Afrique en péril. Selon l’OMS dans le « classement global du système de santé », sur une échelle de 1 à 191, tous les pays africains se situent dans le bas du tableau : Tchad 178, Angola 187, Nigeria 187, République démocratique du Congo 188, Sierra Leone 191…il s’agit pourtant de pays riches en matières premières. Au Tchad, depuis l’extraction de la première goutte de pétrole, les compagnies anglo-américaines, françaises et malaisiennes ont perçu 653 milliards de dollars. Il n’est resté que 62 millions de dollars pour le Tchad. Au Nigeria, deuxième producteur de pétrole d’Afrique, avec des réserves de 2500 millions de barils, 80% de la population vivent avec moins d’un dollar par jour. Nous avons la honte chevillée au corps à l’idée de concevoir qu’un continent au sous-sol aussi riche et fertile soit humilié et violé. C’est pourquoi, le MLAN voudrait ici empoigner ce problème à bras le corps et lutter pour que les africains jouissent des richesses de leur continent. Les peuples africains ont le droit de vivre en paix dans leur pays, dans la dignité et de jouir du produit des richesses que recèlent leur sol et leur sous-sol. Devant cette mafia politico-affairiste qui saigne à blanc notre continent, LA TERRE MERE, le MLAN ne saurait regarder en silence les satrapes au pouvoir et ces étranges multinationales car c’est notre avenir qui part en lambeaux. Piquée au vif et considérée comme la vigie de l’Afrique, la Nouvelle Jeunesse Africaine, imprégnée de l’ergonomie du fonctionnement du nouveau monde aura désormais son mot à dire. 

Ainsi donc, nous proposons une revalorisation des taxes appliquées à toutes les multinationales pétrolières en Afrique. 

Il est aussi temps de rediscuter tous les contrats ou les privatisations des entreprises africaines enregistrés à la suite des programmes d’ajustement structurels. Dans un rapport de l'organe de contrôle interne du Fonds monétaire international publié le 12 mars 2007, le FMI est épinglé pour ses pratiques colonialistes. "Le rapport conclut à une somme d'ambiguïté et de confusion s'agissant des politiques et des actions du FMI en matière d'aide et de lutte contre la pauvreté", mieux "Le rapport met également au jour un hiatus entre la communication externe du FMI en matière d'aide et de réduction de la pauvreté, et ses pratiques dans les pays à faibles revenus". "Le comité estime que le travail du Fonds vis-à-vis des pays à faibles revenus est un domaine dans lequel les pressions, notamment les pressions des actionnaires, l'ont conduit à aller au-delà de ses responsabilités fondamentales, et sur le terrain de la banque". Au regard de ces aveux, nous considérons la dette des pays pauvres et les contrats cédés pour des broutilles illégitimes. Selon l’ONU, en Afrique, entre 1990 et 2000, plus de 3000 entreprises sont passées du public au privé, soit une moyenne de six privatisations par an et par pays. Force est de constater que cette course à la privatisation a été une catastrophe pour les pays Africains et une aubaine pour les pays riches et leurs multinationales. 

En conséquence, nous invitons les pays africains à remettre en cause tous les contrats et les sociétés bradés à la faveur des programmes d’ajustement structurels. 
En ce qui concerne les multinationales pétrolières, le MLAN exhorte les gouvernants à les obliger à investir dans l’énergie renouvelable et la protection de l’environnement. 
Au risque de faire les frais de l’ouragan de changement qui souffle sur l’Afrique, MLAN invite avec empressement les multinationales à reconsidérer: 
primo, leur image de l’Afrique, 
secundo à revoir les contrats factices signés qui ignoraient les intérêts des pays africains 
et tertio à agir comme des partenaires. 

Cette proposition de gagnant-gagnant est la seule qui puisse satisfaire les pays africains. 

Vive la renaissance africaine ! 

Vive l’Afrique Libre et Prospère ! 

Prao Yao séraphin 

Président du Mouvement de Libération de l’Afrique Noire (MLAN) 
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Pétrole en Afrique : or noir, misère noire
 
 
 
Les revenus de la vente du pétrole ne profitent pas au développement du continent. Dix-sept pays africains* produisent du pétrole dans des proportions différentes. Mais dans la plupart des cas, les revenus qu’ils en tirent ne servent pas à améliorer le sort des populations et finissent dans les poches personnelles des dirigeants. Tout dernier à entamer la production de son pétrole, le Ghana a décidé de suivre le chemin inverse. Etat des lieux des systèmes de détournement.
 

« Un défi majeur sera de savoir comment faire pour que les revenus du pétrole servent à transformer l’économie, doper la croissance sans sacrifier la stabilité macro-économique et accentuer les inégalités ». C’est sur cette note mesurée et prudente que le ministre ghanéen des finances, Kwabena Duffuor, a évoqué les perspectives pétrolières de son pays, lorsqu’il a présenté, en novembre dernier, le budget 2011 de son pays, devant les parlementaires réunis en assemblée. Le 17 décembre, le Ghana est entré dans le club des pays africains producteur de pétrole. C’est un petit producteur, puisque le gisement baptisé « Jubilee » fournira seulement quelque 50 000 barils par jour, d’ici la fin de l’année. Son exploitation a été confiée à la société anglo-irlandaise Tullow Oil.

Elle rapportera au pays quelques 584 millions de cedis (406 millions de dollars), soit 6% de son budget. Devant les députés, le principal argentier du Ghana a juré la main sur le cœur, qu’il ferait en sorte que son pays évite « les pièges » dans lesquels sont tombés certains pays africains, après la mise en exploitation de l’or noir sur leur territoire. Le Ghana souhaite donc conserver, même avec le pétrole, sa réputation établie de l’une des démocraties les plus stables du continent, en mettant les ressources de son pétrole au service de son développement.

Une sage décision que n’ont malheureusement pas adoptée la plupart de ses précurseurs continentaux dans le domaine du pétrole. Près de cinq décennies d’exploitation pétrolière n’ont en effet malheureusement pas permis à de nombreux pays africains de relever le niveau de vie de leurs citoyens. De sorte que la Libye du colonel Kadhafi fait pratiquement figure d’exception. En dépit d’un système politique fermé et aujourd’hui contesté par les armes, et bien que la famille Kadhafi maîtrise les ressorts de l’économie, il est indéniable que le pétrole, qui représente 30% du PIB, a profité au peuple libyen. Le niveau de scolarisation des jeunes y est très élevé (94%) ; ces trente dernières années la mortalité infantile a fortement baissé, pendant que l’espérance de vie, de 73 ans, s’y rapproche de celle des pays occidentaux. Avec un PIB par habitant de l’ordre de 10 000 dollars, la Libye est considérée à juste titre comme l’un des Etats les plus riches d’Afrique.

Pétrole et corruption

Ailleurs, l’argent du pétrole a davantage échoué dans les réseaux de corruption, enrichissant les clans du pouvoir au détriment des populations. Les émeutes qui ont secoué ces derniers jours l’Egypte et l’Algérie, deux pays comptés parmi les plus grands producteurs africains du pétrole sont venus rappeler de façon cinglante l’exaspération des populations confrontées à une misère toujours plus croissante. Ici, c’est dans le registre des crimes économiques et non dans celui du développement, que le pétrole fait le plus parler de lui. L’année dernière, Mohamed Meziane, le patron de Sonatrach, le géant algérien des hydrocarbures qui a réalisé un chiffre d’affaires de 71 milliards de dollars en 2008 a été débarqué en catastrophe, au même moment que plusieurs de ses principaux collaborateurs. L’instruction judiciaire ouverte sur les comptes et pratiques de la société qu’il gérait, et qui assure 98 % des recettes en devises de son pays vise des pratiques de corruption en tout genre, sur- et sous-facturation, évasion fiscale, contrats passés de gré à gré.

WikiLeaks

Lorsqu’on descend vers le sud du continent, la situation semble s’empirer. Huitième producteur mondial de brut et premier à l’échelon africain, le Nigeria, longtemps rendu instable par les coups d’Etat à répétition a vu l’argent de son pétrole régulièrement détourné par les clans du sommet de l’Etat. Une note obtenue par WikiLeaks et dévoilée par le quotidien Le Monde révèle l’ambiance qui a longtemps caractérisé les rapports entre les responsables nationaux du secteur pétrolier et les multinationales du secteur. « Les acheteurs de brut doivent payer de gros pots de vins se montant à des millions de dollars, au directeur général de la NNPC [compagnie nationale] Yar’Adua, le conseiller économique en chef Yakubu ou la première dame Turai Yar’Adua, pour pouvoir faire partir leurs pétroliers », y déclare l’ancienne vice-présidente de Shell-Nigeria, Ann Pickard.

Pollution du Delta nigérian

Dans le même registre, la justice américaine a condamné l’année dernière le groupe pétrolier français Technip à une amende colossale de 338 millions de dollars. Motif : Technip s’est livré à la corruption au Nigeria durant 10 ans pour des contrats de plus de six milliards de dollars, a conclu la justice américaine. En un demi-siècle d’exploitation, le pétrole a rapporté environ 600 milliards de dollars au Nigeria. Les habitants du Delta nigérian, riche en pétrole d’excellente qualité n’ont récolté eux, que les méfaits de l’exploitation de cette surabondance pétrolière. L’Onu estime à plus de 6 800 le nombre de fuite des oléoducs dans la région, entre 1976 et 2001. Plus de 3 millions de tonnes de pétrole ont été déversées dans l’environnement, détruisant l’écosystème des 31 millions d’habitants de la région. « Les habitants sont contraints de se laver, de boire et de cuisiner avec des eaux polluées. Ils mangent du poisson -s’ils ont la chance d’en trouver encore- contaminé par les hydrocarbures et d’autres toxines. Leurs terres agricoles sont détruites », constatait l’année dernière, une enquête d’Amnesty international. Par ailleurs, les frustrations et la misère ont rendu la région politiquement instable. De nombreux groupes armées dont le Mouvement d’émancipation du delta du Niger (Mend), y ont vu le jour, et multiplient raids et enlèvements sur les plateformes pétrolières.

Caisse noire au Cameroun

Voisin du Nigeria, le Cameroun dont les réserves pétrolières baissent d’année en année n’échappe pas à cette ambiance délétère. Pendant des décennies, l’argent de l’or noir y a été géré hors budget de l’Etat, dans des caisses noires tenues par la présidence de la république. Le scandale de l’Albatros, du nom de l’avion présidentiel dans lequel Paul Biya et certains membres de sa famille ont échappé de peu à un accident le 24 avril 2004 révèle un aspect du siphonage des ressources issues de la vente du pétrole au Cameroun. Au début des années 2000, pratiquement en faillite, l’Etat camerounais conclut un drastique programme d’ajustement structurel avec les bailleurs de fonds internationaux, pour obtenir en échange des remises sur sa dette. Dans ce contexte, le FMI et la Banque mondiale voient d’un mauvais œil que Paul Biya veuille s’offrir un avion neuf pour ses déplacements personnels. Pour contourner cet obstacle majeur, le président instruit ses proches d’approcher l’avionneur Boeing, sous le couvert de la Camair, l’ancienne compagnie aérienne nationale. L’avion doit dans un premier temps être immatriculé au nom de celle-ci, avant d’être transféré à l’usage du président. Les chroniques judiciaires du tribunal de grande instance de Yaoundé révèlent que près de 36 millions de dollars seront décaissés de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) pour financer cet achat. Un pactole décaissé en plusieurs tranches qui seront l’objet de détournement et de tentatives de détournement. D’où l’incarcération de plusieurs gros bonnets des affaires et de la politique camerounaise, à l’instar de Yves Michel Fotso un ancien patron de la Camair, de Jean Marie Atangana Mebara ancien Secrétaire général de la présidence et de Jérôme Mendouga, ancien ambassadeur à Washington.

Biens mal-acquis

La situation est identique, sinon pire, au Gabon voisin, longtemps considéré comme un émirat pétrolier au centre de l’Afrique. Quarante-deux ans de règne sans partage de l’ancien président Omar Bongo ont laissé ce pays d’à peine un million et demi d’habitants économiquement exsangue et adepte des perfusions financières internationales. Pourtant, même avec des réserves en baisse, le Gabon figure encore au 37e rang mondial des producteurs de pétrole, avec 234 000 barils par jour. Loin de veiller au bien-être de ses concitoyens, feu Omar Bongo s’est davantage investi à financer les politiques français de gauche comme de droite avant l’argent du pétrole de son pays. Tout en multipliant ses possessions personnelles à l’étranger. De sorte que Libreville, la capitale, subit des coupures régulières d’eau et d’électricité, pendant que l’ancien président a été visé dans la plainte des ONG internationales pour biens mal-acquis.

En Angola, au Congo Brazzaville, et en Guinée équatoriale, les populations ne profitent pas mieux des milliards de l’or noir. Dans un rapport rendu public en mars 2010 et intitulé Time for transparency (l’heure est à la transparence), l’Ong britannique Global Witness a épinglé les pratiques de corruption dans l’univers pétrolier des trois pays. Le Congo Brazzaville traîne le niveau d’endettement par habitant le plus élevé du monde. Le montant total de la dette interne et externe du gouvernement y est de 11,5 millions de dollars (plus de 6,5 milliards de Fcfa). Pendant ce temps, ses dirigeants se repaissent de l’argent du pétrole. Le procès de 37 anciens cadres supérieurs de la compagnie française Elf (devenue TotalElfFina puis Total) pour « abus de biens sociaux » a permis d’établir que le brut congolais était expressément sous-facturé. Une fraction du prix du baril était ensuite prélevée et, après quelques pérégrinations dans l’opaque système international, finissait sur des comptes off-shore des politiques congolais. Ce que « le peuple congolais sait de ce que reçoit (le) pays de l’or noir, c’est le prix du pétrole mesuré, non pas en barils ou en dollars, mais en souffrance, en misère, en guerres successives, en sang, en déplacements de populations, en exil, en chômage, en retard des salaires, en non-paiement des pensions », se plaignaient les chefs des églises congolaises, dans une lettre ouverte adressée au Président Sassou Nguesso en 2002. Comme le Cameroun, la République du Congo bénéficie aujourd’hui de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE). A Paris, son président est l’objet d’une enquête judiciaire pour biens mal-acquis.

Angolagate

En Angola, où la mortalité infantile atteint un enfant sur quatre avant l’âge de cinq ans et où un million de personnes doit compter sur l’aide alimentaire internationale pour survivre, plus d’un milliard de dollars disparaîtrait des revenus pétroliers sans justification, depuis quinze ans. Les autorités helvétiques ont mis à l’index le président Dos Santons lui-même dans ce scandale. Pendant ce temps, le scandale de « l’Angola gate » a mis en lumière l’implication de politiques français dans le siphonage des recettes pétrolières de ce pays, via des contrats d’armement. Un de ces contrats conclu lors de la guère civile d’Angola concernait la faramineuse somme de 790 millions de dollars gagés sur les recettes futures du pétrole.

« Le roi » Obiang Nguema

La Guinée Equatoriale du président Teodoro Obiang Nguema qui a obtenu sa carte de membre des pays producteurs du pétrole au début des années 2000 a vite attiré le regard de la communauté internationale en matière de corruption. Alors que le pays est classé troisième producteur de l’Afrique sub-saharienne, le pétrole est avant tout une affaire du clan Obiang Nguema. Dès l’année 2004, alors que le pays vient de voir sa producteur monter à 360 000 barils / jour, une enquête du Sénat des Etats-Unis révèle que la Riggs Bank, une banque américaine reçoit la plupart des revenus du pétrole. Les sénateurs expliquent qu’au moins 35 millions de dollars ont été détournés par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, sa famille et de hauts responsables de son régime. Une accusation vite démentie par le principal mis en cause. Cependant, la Riggs Bank aurait servi d’interface financière à l’achat, pour le compte de la famille présidentielle, de résidences évaluées à plusieurs millions de dollars. Pendant ce temps, la grande majorité des Equato-guinéens croupit sous la misère, en dépit d’une augmentation exponentielle du PIB et d’une croissance à deux chiffres.

L’indispensable transparence dans les transactions

Global Witness a plaidé pour plus de transparence dans les transactions financières entre les multinationales et les Etats. L’ONG a lancé un appel en direction des agences de crédit à l’exportation, des organismes bilatéraux et multilatéraux, des banques et des institutions financières internationales comme la Banque mondiale pour qu’ils observent cette nécessaire clarté dans leurs rapports avec les pays africains producteurs de pétrole.

Le Ghana dont la production devrait s’accroître avec la mise en exploitation l’année prochaine des gisements d’Owo et de Tweneboa a décidé de s’inscrire dans cette logique de bonne gouvernance. A condition que ses politiques résistent à la tentation.

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Les entreprises françaises en Afrique

Pillage contre transparence

« Faut-il encore investir en Afrique ? Bien sûr ! Nous ne sommes pas des sociétés de bienfaisance. Si nous ne trouvions pas notre compte en Afrique, nous n’y serions plus. D’ailleurs, les grands groupes sont toujours présents sur ce continent. »

Jean-Louis Castelnau, Président délégué du Conseil français des investisseurs en Afrique, Le Figaro, 02/12/2004 

De la colonisation à la mondialisation, un souci permanent de prédation économique

Dès l’origine, le pillage des matières premières africaines et la commercialisation de produits transformés étaient au cœur du processus colonial. Comme l’expliquait Jules Ferry, président du Conseil, en 1885 [1] : « Les colonies sont, pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux (…). La politique coloniale est fille de la politique industrielle. L’Europe peut être considérée comme une maison de commerce qui voit décroître son chiffre d’affaires, car la consommation européenne est saturée. ».

Depuis les indépendances, l’accès à certaines ressources stratégiques est restée une priorité de l’État français, comme l’affirmait en ces termes le général De Gaulle en1961 : « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. Quels sont nos intérêts ? Nos intérêts, c’est la libre exploitation du pétrole et du gaz que nous avons découverts ou que nous découvririons. »

Depuis la fin de la guerre froide, la libéralisation globale de l’économie mondiale a modifié les lignes d’analyse, au point que certains prétendent désormais en dépit de toute vérité objective que « la France, économiquement, n’a pas besoin de l’Afrique » (Nicolas Sarkozy, mai 2006).

On doit pourtant à Omar Bongo la formule « L’Afrique sans la France, c’est une voiture sans chauffeur, la France sans l’Afrique, c’est une voiture sans carburant » (Libération, 18/09/1996), pour illustrer à sa façon l’importance des ressources africaines dans l’approvisionnement énergétique de la France...

Des richesses gigantesques, un marché à conquérir

Simple rappel, sans valeur exhaustive : On estime que le continent africain représente 8% des réserves mondiales de pétrole connues, 40% du potentiel hydroélectrique mondial, le gros des ressources mondiales de diamant et de chrome, 50% de tout l’or du monde, 90% du cobalt, 50% des phosphates, 40% du platine, de l’uranium, du coltan, etc… Sans oublier le bois, le bassin du Congo représentant le deuxième poumon vert de la planète, ni l’énergie solaire, à l’heure où le photovoltaïque aiguise de nouveaux appétits...

D’autre part, les caractéristiques démographiques africaines laissent entrevoir le potentiel en termes de débouchés : de 220 millions d’habitants en 1950, l’Afrique est passée à un milliard d’habitants au cours du premier semestre 2009, et cette évolution ne semble pas près de s’inverser (certains analystes estiment que la population pourrait doubler d’ici 2050). Un marché gigantesque, pour tous les biens de consommation courants : alimentaires et vestimentaires, mais également les transports (aériens, maritimes et terrestres), l’adduction en eau et le retraitement, l’électricité, les déchets, les télécommunications, les banques et assurances, etc...

Des mécanismes historiques de dépendance

Consciente du caractère inéluctable de l’émancipation des colonies à plus ou moins long terme, la France a cherché dès les années 50 le moyen de conserver un accès privilégié à plusieurs ressources jugées stratégiques. C’est dans cette optique qu’est créée en janvier 1957, l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS), pour administrer la région saharienne : le principal but est de sécuriser l’approvisionnement énergétique de la France, notamment en pétrole. Le principe même de cette institution relève d’une amputation territoriale des pays concernés, une annexion pure et simple de la zone du Sahara, dont on commence seulement à réaliser la richesse en hydrocarbures et en minerais. L’État français balaye ainsi d’un revers de main l’autonomie initiée par les huit territoires indépendants de l’Afrique Occidentale Française. Mais cette ambition d’un « Sahara français » se heurte aux nationalistes algériens : les accords d’Evian officialisent en 1962 la fin de l’administration directe par la France du territoire algérien, principal ancrage de l’OCRS, et enterrent ainsi définitivement ce projet. Cet épisode est révélateur de la stratégie de la France à cette époque : accéder officiellement aux demandes d’indépendance tout en s’assurant en parallèle un accès direct aux ressources des pays « décolonisés ».

Moins visibles mais tout aussi symptomatiques, les accords de coopération économique signés par la France avec ses anciennes colonies subsahariennes lui assureront pendant des décennies une préférence voire un monopole d’accès à certaines matières premières stratégiques : pétrole, uranium, minerais... Et, malgré la décolonisation officielle, les entreprises métropolitaines issues de l’ère coloniale conservent leur position dominante, voire monopolistique dans certains pays africains : Compagnie Française de Développement des Textiles (CFDT) sur le coton, Rougier sur le bois, CFAO sur le commerce et la distribution, plantations de bananes, de café, de cacao, etc.

Véritable camisole économique liant les ex-colonies à la métropole, le Franc CFA contraint les pays nouvellement indépendants à commercer en priorité avec la France pour leurs importations comme pour leurs exportations, les achats de devises extérieures étant contingentés par des Banques Centrales sous contrôle français. Cette monnaie promue pour sa stabilité favorise en réalité une fuite des capitaux qui prive l’Afrique de toute possibilité de développement d’un entreprenariat local. La liberté totale des transferts de capitaux entre les deux zones aboutit en effet à un rapatriement massif des bénéfices des investisseurs étrangers vers leur maison mère, à un exode des revenus des ménages expatriés vers leur pays d’origine ainsi qu’à la fuite des richesses accumulées par les clans corrompus au pouvoir. Ainsi, entre 1970 et 1993, alors que les investissements étrangers s’élevaient à 1,7 milliards de dollars, le rapatriement des bénéfices, des revenus des expatriés et des possédants locaux s’est élevé à 6,3 milliards, soit un montant quatre fois supérieur.

Autre effet direct de cette camisole économique : les privatisations imposées aux pays africains surendettés à la faveur des plans d’ajustements structurels menés par la Banque mondiale dans les années 90 ont profité en priorité à la France dans les pays de la zone franc.

L’exemple de la Côte d’Ivoire est édifiant. Les sociétés françaises ont investi d’abord dans le secteur des télécommunications, de l’énergie, des transports et de l’agro-industrie. Au cours de la période 1996-2000, les capitaux français représentaient 23 % des demandes d’agrément à l’investissement derrière les capitaux ivoiriens (52 %), et près de 50 % de l’ensemble des demandes d’agrément étrangères. Bouygues est actionnaire de la Compagnie ivoirienne d’électricité et la Société des eaux de Côte d’Ivoire. Les banques françaises (Société générale, Crédit lyonnais, BNP Paribas) sont dominantes sur le marché avec leurs filiales. Total possède 25 % de la Société ivoirienne de raffinage. France Télécom est devenue, avec le rachat de Citelcom et la création de la Société ivoirienne de mobiles, l’opérateur majeur en télécommunications de la république de Côte d’Ivoire.

Au Togo, les multinationales françaises ont aussi largement bénéficié de la vague de privatisation de la fin des années quatre-vingt-dix pour rafler des secteurs économiques. Quelques exemples : en 2000, la Lyonnaise des eaux, en alliance avec une société canadienne, a pris le contrôle de la Compagnie d’eau et d’électricité togolaise ; depuis 2001, BNP Paribas possède 53 % de la Banque togolaise pour le commerce international. Au Cameroun, Bolloré a acquis, dans des conditions contestables, le trafic portuaire de Douala et l’exploitation du chemin de fer. On pourrait allonger la liste des pays.

La France s’est également doté d’outils de conquête directe des marchés africains : budgets d’aide au développement liés à l’octroi de tel marché à une entreprise française (« aide liée »), stimulation du secteur économique privé par le biais de PROPARCO (filiale de l’Agence Française de Développement plus encline à financer les mastodontes françafricains que les PME africaines), garantie des exportations françaises via la Coface, compagnie française d’assurance spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation (y compris d’armes !) créée en 1946 et privatisée en 1994, etc.

Enfin, lorsque ces mécanismes institutionnels ne suffisaient pas, l’interventionnisme armé, le financement de barbouzes, la corruption et le copinage politique ont permis de venir à bout de gouvernants africains qui auraient, ô sacrilège, été plus soucieux des retombées financières pour leur pays que des bénéfices des entreprises françaises : le trop gênant Thomas Sankara au Burkina Faso bien sûr, ou encore Pascal Lissouba qui avait doublé les redevances à verser par Elf pour ses extractions de pétrole au Congo-Brazzaville...

Ainsi, à part la bière et les cigarettes (détenues principalement par des intérêts français), les pays africains francophones n’ont développé aucune industrie.

Évolutions sans révolution

Le discours dominant laisse penser que cette relation de dépendance appartient au passé, et que les entreprises françaises n’ont qu’une présence anecdotique en Afrique, voire qu’elles y perdent du terrain au profit de la concurrence états-unienne, chinoise, etc. Pour preuve, « l’Afrique ne pèse d’ailleurs que pour 0,5 % dans le commerce extérieur de la France, contre 40 % en 1957 » (Le Monde, 27 avril 2008), ce qui accréditerait l’idée selon laquelle « L’ Afrique n’est plus l’eldorado des entreprises françaises » (Le Monde Diplomatique, février 2006).

En réalité, les chiffres du commerce extérieur français ne constituent pas à eux seuls une mesure fiable de l’importance de l’Afrique pour nos entreprises (et ceci n’est pas spécifique à la France). Ils ne rendent pas compte des mécanismes lucratifs sans lesquels on n’a qu’une vision partielle de la situation : contrats léonins, cession de matières premières à des prix ridiculement bas, opacité sur les quantités réellement produites et les sommes réellement payées, évaporation fiscale, etc. Par exemple, on peut s’étonner que, concernant le pétrole du golfe de Guinée, seuls 20% de royalties soient versées aux pays propriétaires, contre 50% dans le golfe d’Arabie...

Le volume des échanges ne rend pas non plus compte de leur rentabilité. Ainsi en 2000, les entreprises françaises ont réalisé presque autant de bénéfices sur les exportations à destinations de l’Afrique (40 milliards de Francs) que sur les exportations vers les USA (50 milliards de francs) pour un volume d’exportation quatre fois inférieur. Plus intéressante que les statistiques du ministère de l’économie, la réalité des flux financiers mériterait d’être étudiée en détails. Une ONG britannique, Christian Aid, s’est livrée à ce travail concernant les flux financiers entre l’Afrique et la Grande Bretagne, sur une période d’un an à compter du sommet du G8 de Gleneagles en 2005, riche en promesses comme on s’en souvient. Les flux financiers partant de la Grande-Bretagne vers l’Afrique se sont élevés à 17 milliards de Livres (dons, aides, investissements directs étrangers, transferts financiers d’Africains vivant en Grande- Bretagne).

Mais en retour, les sommes entrant en Grande-Bretagne en provenance d’Afrique (profits des entreprises, remboursements de dette, fuite des capitaux, recettes d’exportations) ont atteint les 27 milliards de Livres. Le transfert massif de richesses du Sud vers le Nord apparaît donc de manière flagrante, à l’encontre des idées reçues sur le sujet. On ne dispose malheureusement pas d’une synthèse analogue pour les flux financiers entre la France et l’Afrique. Mais l’évolution des Investissements Directs Étrangers (IDE) est significative : si la part africaine des Investissements Directs français à l’étranger est passée en pourcentage de 1,83 % en 1992 à 1,55 % en 2004, elle est passée en valeur absolue de 2307 millions d’euros en 92 à 9448 en 2004 (soit quatre fois plus). Pas plus en France qu’en Grande Bretagne ces investissements ne sont désintéressés... et les retours sur investissements sont toujours plus rapides et importants en Afrique qu’ailleurs.

Par ailleurs, si on inverse la perspective, étudiant la part des échanges franco-africains du point de vue du commerce extérieur des États africains, on constate que la part française est toujours largement prépondérante (la France demeure le 1er fournisseur du continent, avec 15% des importations de l’Afrique), particulièrement bien sûr dans les pays de la zone franc. Pour la plupart de ces derniers, la France est sur le podium en matière d’importation, d’exportation ou d’investissement, parfois les trois et souvent en 1ère place, notamment là où sévissent des régimes autoritaires et archi-corrompus : si sur l’ensemble de la zone franc, 20% des IDE sont français, cette proportion avoisine les trois quarts au Gabon, au Cameroun, en Côte d’Ivoire et au Congo-Brazzaville... Côté exportations, ce n’est pas mieux : sur l’ensemble de la zone franc, 25% sont à destination de la France.

Rien d’étonnant à ce que bon nombre des poids lourds du CAC 40 ou des plus grandes fortunes de France aient des activités florissantes (et parfois quasi monopolistiques) en Afrique : B. Arnault (LVMH), Bouygues, Bolloré, Pinault (CFAO) Seillière (Bureau Véritas), J. Saadé (CMA-CGM), R. Zaleski (Eramet), Lafarge, Total, Technip, Vinci, Véolia, BNP Paribas, Natixis, Crédit Agricole, Alcatel, Accor, Gaz de France, Michelin, Alsthom, Air-France-KLM, ... liste non exhaustive à laquelle il faudrait ajouter les marchands d’armes et quelques autres groupes, dans l’agro-alimentaire par exemple. Et de manière générale, les rapports du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique) le confirment chaque année : en dépit de la concurrence internationale accrue, entre les patrons français et l’Afrique, c’est toujours « Je t’aime plus qu’hier et bien moins que demain...  ».

Une réalité bien peu relayée par les médias, victimes ou complices de stratégies de cadenassage médiatique, à l’exemple de celle du groupe de Vincent Bolloré. Outre le contrôle direct de médias (Direct 8, Direct Soir...) et de structures qui les alimentent en informations (institut de sondage CSA, Associated Press…), le groupe sait s’attirer par exemple les bons services de journalistes. Pius Njawé, directeur du journal camerounais Le Messager avait ainsi dû relever de ses fonctions son rédacteur en chef après que ce dernier, approché par Bolloré, se mit à vanter étrangement ses mérites. Finalement, il troqua sa casquette de journaliste pour celle de consultant en communication, notamment pour le groupe. « Vincent l’Africain » s’est également entouré des services de Dalila Berritane, ancienne responsable du pôle Economie de RFI... jusqu’à son recrutement comme directrice de la communication du pôle africain de Bolloré, auquel ses réseaux professionnels sont sans doute bien utiles. Une évolution de carrière guidée par le devoir d’information ? En contrôlant Havas (sixième groupe mondial de publicité et communication) et les contrats de pub, Bolloré possède aussi un puissant moyen de pression sur les médias, qui ne peuvent guère se risquer à lui déplaire. Au sein de certaines rédactions, c’est explicite. On ne mord pas la main qui nourrit..... ( suite sur le site ..... cf entête..... ) -

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La corruption: un frein au développement de l'Afrique

 

La Banque Mondiale vient de publier l'édition 2010 de ses 'Indicateurs du Développement pour l'Afrique(ADI-2010).

 

Dans ce  rapport, Shanta Devarajan, économiste en Chef chargé de l’Afrique à la Banque Mondiale se penche sur un mal qui ronge les économies africaines, la ‘corruption discrète’.

Celle-ci, difficile à observer et à quantifier, englobe plusieurs types de fautes professionnelles notées parmi les enseignants, médecins, inspecteurs et autres représentants de l’État. Elle se manifeste par des agissements comme l’absentéisme et le contournement délibéré de règlements à des fins personnelles. Ce type de corruption a de sérieuses répercussions négatives sur les populations africaines.
 
La 'corruption discrète' est profonde et très répandue en Afrique et a des effets disproportionnés sur les pauvres, donc des conséquences à long terme sur le développement, selon le nouveau rapport , ADI-2010, de la Banque mondiale.
Ce type de corruption est définie comme le manquement des fonctionnaires au devoir de fournir les biens ou services financés par les administrations publiques.
 
'ADI-2010' se concentre plutôt sur la façon dont la ' corruption discrète' conduit les populations à compter de moins en moins sur les systèmes de prestation de services, ce qui incite les familles à s’en détourner. La corruption discrète, bien qu’elle soit d’une ampleur monétaire moindre que celle d’autres formes de corruption, a néanmoins des conséquences particulièrement préjudiciables sur les pauvres, qui sont singulièrement vulnérables et très dépendants des services publics pour satisfaire leurs besoins les plus élémentaires.  
 
Comme la partie immergée d'un iceberg, la 'corruption discrète' ne fait pas autant les grands titres des journaux que les scandales de pots-de-vin, mais elle a deseffets aussi corrosifs sur la société', selon l'économiste en chef de la Banque mondiale pour la Région Afrique.
 
Selon lui, 'la lutte contre la corruption discrète exige de la détermination et de l’engagement de la part des dirigeants et des institutions, comme en matière de politiques, au niveau sectoriel, et — surtout — une responsabilisation accrue et la participation des citoyens'.  
 
Le rapport rassemble des données et des études sur la corruption discrète dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’agriculture. Par exemple :
  • En raison de la faiblesse des contrôles exercés au niveau de la production et de la vente en gros,  43 % des engrais analysés vendus en Afrique de l’Ouest dans les années 90 ne contenaient pas les substances nutritives escomptées, ce qui les privait quasiment de toute efficacité.;
  • Durant les années 90, selon certaines études, plus de 50 % des médicaments vendus dans les pharmacies du Nigeria étaient des contrefaçons;
  • Une enquête d’observation directe réalisée au sujet des prestataires de services de santé en Ouganda a enregistré un taux d’absentéisme de 37 % en 2002 et de 33 % en 2003.
Un des aspects les plus préjudiciables de la corruption discrète est que cette pratique peut avoir des conséquences à long terme.
Ainsi, par exemple,
  • un enfant qui ne reçoit pas d’éducation adéquate en raison de l’absentéisme des enseignants souffrira d’un manque de capacités cognitives et d’une mauvaise santé à l’âge adulte;
  • Les agriculteurs à qui l’on a vendu des engrais adultérés peuvent décider de renoncer complètement à l’utilisation d’engrais et se contenter d’une agriculture à faible rendement.
Les Indicateurs du développement en Afrique 2010 comprennent aussi des indicateurs économiques, des tableaux et une analyse expliquant pourquoi la corruption discrète entrave à ce point la réalisation d’objectifs de développement à long et à court terme.   

Outre l’étude sur la corruption discrète, les Indicateurs du développement en Afrique contiennent le recueil de données sur l’Afrique le plus détaillé qui soit disponible en un seul volume.
Le rapport comprend plus de 450 indicateurs macroéconomiques, sectoriels et sociaux portant sur 53 pays africains.
 
Le rapport utilise de nouveaux outils de recherche tels que l’Enquête de suivi des dépenses publiques et l’Enquête quantitative sur les prestations de services, qui ont permis aux chercheurs de suivre les ressources et de contrôler l’assiduité des prestataires de services de première ligne.
Les résultats de ces recherches et de ces enquêtes permettent de mieux comprendre un vaste éventail d’abus et ont contribué à redéfinir le débat en matière de corruption.

Par ailleurs, les Indicateurs du développement en Afrique 2010 offrent un outil de visualisation des données en ligne qui peut être utilisé pour créer des graphiques à l’aide des indicateurs disponibles. Il est disponible à l’adresse suivante : www.worldbank.org/adi

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.....................................http://www.libertalia.org/loisirs/voyage/afrique/la-corruption-en-afrique.xhtml

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La corruption en Afrique : un mal profondément enraciné

Publié le jeudi 19 mars 2009 à 20:50, mis à jour le 24 juin 2013 à 07:42 // Anonyme

 

L’Afrique se trouve dans une situation extrêmement paradoxale : c’est en effet le continent le plus pauvre du monde alors que c’est aussi le plus riche en terme de ressources naturelles et minières. La pauvreté qui y sévit s’explique en grande partie par le manque de main d’œuvre qualifiée, par une mauvaise gestion des ressources existantes qui conduit à une mauvaise redistribution des richesses. Mais les spécialistes du développement s’accordent à dire que le plus grand mal qui ronge l’Afrique et qui freine sa croissance est la corruption. Présente à tous les niveaux de la société, elle empêche l’établissement d’un environnement économique stable et ruine les effets positifs de l’aide internationale qui afflue pourtant sur le continent. Est-il possible de lutter contre la corruption lorsque celle-ci est profondément ancrée dans les mœurs ? La question est toujours d’actualité.

Il existe de multiples définitions de la corruption mais, expliquée très simplement, la notion se réfère à l'obtention de services indus par le biais d'un abus de pouvoir ou par le versement de pots-de-vin. Elle est généralement réprimée par les lois pénales, tant que son mécanisme est apparent, mais elle échappe souvent à toutes poursuites puisque les appareils judiciaires des pays où elle sévit sont généralement eux-mêmes victimes de la corruption. La corruption existe depuis la nuit des temps, sous des formes diverses, mais certains pays, dont la Finlande et la Norvège, considérés comme les pays les plus intègres de la planète, ont réussi à l'endiguer. Ce n'est pas le cas des pays africains qui la vivent au quotidien et où elle est entrée dans les coutumes de la population. Si au départ, la corruption avait simplement revêtu la forme de troc, un service rendu contre un bien matériel ou une somme d'argent, elle se présente aujourd'hui sous diverses formes parfois difficiles à détecter. Cette situation rend la lutte menée contre elle par les différentes autorités bien plus difficile qu'auparavant.

 

Les différentes manifestations de la corruption en Afrique

La corruption en Afrique touche de nombreux domaines et compte de nombreux degrés d'intervention. Le secteur le plus touché est toutefois celui de l'Administration publique où elle s'exerce à tous les échelons. Elle est par exemple utilisée par les entreprises privées proches du pouvoir en place pour s'arroger la quasi-totalité des marchés publics, tuant dans l'œuf la transparence et l'équité nécessaires à la bonne gestion des fonds publics, elle est aussi utilisée pour évoluer dans la hiérarchie de la fonction publique, et les personnes compétentes sont ainsi écartées des affaires publiques et remplacées par des personnes à l'influence certaine. La corruption a cours dans le moindre petit bureau administratif et il n'est pas rare que les citoyens paient un pot-de-vin pour obtenir un titre foncier ou une carte d'identité nationale plus rapidement. Dans un certain sens, la lenteur légendaire de l'Administration africaine a favorisé l'expansion de la corruption. Néanmoins, l'inverse est également valable car le développement de la corruption a habitué les fonctionnaires au gain facile et voue tout effort de mise en place de l'intégrité à l'échec.

La corruption a même cours dans les milieux scolaires et universitaires car beaucoup d'étudiants africains achètent leurs diplômes au lieu de fournir les efforts nécessaires à leur réussite. Les professeurs, mal rémunérés par l'Etat, y voient un moyen pour arrondir leurs fins de mois et n'hésitent pas à cautionner ces pratiques hautement répréhensibles sous d'autres cieux. Les exemples de manifestations de la corruption ne manquent pas : payer une infirmière pour avoir une chambre d'hôpital décente, pratiquer l'évasion fiscale en graissant la patte des fonctionnaires concernés, importer un bien sans s'acquitter des droits de douane, etc. La pratique généralisée de la corruption entraîne la perte de crédibilité des appareils étatiques et des fonctionnaires en général, un manque à gagner phénoménal (recettes fiscales et douanières manquantes, etc.) pour l'Etat, une mauvaise exécution des travaux publics issus de marchés conclus de gré à gré, et donc une faible longévité des infrastructures publiques. Les détournements de fonds nationaux et internationaux sont légion et l'aide internationale octroyée par les bailleurs de fonds (FMI, Banque Mondiale, BAD, etc.) tombe souvent dans les poches de dirigeants véreux et de leurs acolytes. Il n'est pas étonnant que l'Afrique n'ait jamais pu sortir du marasme dans lequel elle est tombée au lendemain de la décolonisation.

Les moyens de lutte contre la corruption en Afrique

Avec l'appui des instances et organisations internationales comme Transparency International, les pays africains ont mis en place des initiatives destinées à réduire les méfaits de la corruption. Des bureaux anti-corruption, sortes de cours indépendantes dévolues à la traque et à la poursuite des corrupteurs, ont été créés de nouvelles procédures abondant dans le sens de la transparence totale des affaires publiques ont été instaurées et la répression de la corruption en général s'est voulue plus sévère. Les parlementaires et les titulaires de mandats électifs de nombreux pays ont été astreints à présenter publiquement le bilan de leurs avoirs personnels, donnant ainsi au peuple l'occasion de contrôler indirectement ses élus. Bien que ces tentatives de lutte contre la corruption soient plus ou moins efficaces, il est certain que cette pratique ne disparaîtra du continent africain que si la mentalité de la population elle-même change radicalement. L'Indice de Perception de la Corruption (IPC) publié annuellement par Transparency International ne ment pas : les pays africains sont encore loin d'atteindre l'idéal d'intégrité auquel ils aspirent. L'amélioration de l'éducation de la population est aujourd'hui considérée comme la meilleure piste pour éradiquer le fléau de la corruption.

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Conclusion personnelle :

.................. Ces différents extraits attestent donc de plusieurs éléments :

- La santé économique des pays Africains est loin d'être au meilleur niveau par rapport à la moyenne mondiale. Le pouvoir post-apartheid, dirigé un temps par Mandela, n'a pas vraiment pu concrétiser le rêve institutionnel d'une société meilleure basé sur des principes novateurs.

- Dans l'ensemble, les peuples Africains ne partagent hélas point encore majoritairement le rêve de N.Mandela par une entente confraternelle globale ni entre les différentes communautés ni avec les communautés venant de l'extérieur du continent ( Génocide Rwandais - 1993 // Guerres du congo 1997 // Darfour en 2004 ) - Il en va du même constat d'échec pour l'objectif de partage des richesses et des ressources dans le système social Africain puisque une corruption quasi généralisée et des inégalités flagrantes restent observables.

- L'Europe, étant donné son passé colonial et l'ensemble des techniques de subordination diplomatiques, économiques ou politiques indirectes employées aprés cette période coloniale, du fait de son implication indirecte dans la traque puis l'enfermement du leader de l'ANC ( ... se sont bien des blancs de souche Européenne qui colonisèrent l'Afrique du Sud ?!), en conséquence de sa responsabilité dans le découpage des territoires ou de son rôle dans l'installation de pouvoir fantôme permettant d'assurer les approvisionnements en ressources .... ne peut être crédible dans son hommage posthume envers l'ancien leader de l'ANC. Les illustrations ci-jointes en attestent et il suffit de finir de s'en convaincre par la lecture de l'extrait suivant sur la potentielle responsabilité de la France dans le cadre du génocide Rwandais pour bien comprendre le sujet de la diplomatie : La politique de la France est rarement neutre en Afrique - ( cf article net )

http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%B4le_de_la_France_dans_le_g%C3%A9nocide_au_Rwanda 

( ..... extrait .... La France, entre 1990 et 1994 a apporté un soutien militaire, financier et diplomatique au gouvernement Habyarimana, avant et pendant le génocide au Rwandadéclenché par l'assassinat du Président Habyarimana. L'ampleur de ce soutien et son impact sur le génocide font l'objet de vives controverses, en particulier entre les gouvernements français et rwandais. Le gouvernement français a jusqu'à présent rejeté toute responsabilité dans le génocide, tout en admettant à partir de novembre 2007 que des « erreurs politiques » avaient pu être commises. Plusieurs rapports indépendants et des travaux de recherche universitaires ont permis de préciser le rôle joué par la France durant cette période. Mais les résultats sont également contradictoires, voire antagonistes en raison de la politisation de cette question et du militantisme de certains des auteurs en faveur de thèses variées. Les discours en présence ont aussi évolué sur vingt ans. Aux premières théories de la fin des années 1990, auxquelles seules fait écho cet article et qui voyaient une implication forte de la France dans la genèse de la tragédie rwandaise, ont succédé des analyses issues des résultats de dix ans de travaux du Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) d'Arusha en Tanzanie qui éclairent d'un jour nouveau cette question. .... ... suite sur site ...... ).

Dernière hypothèse sur cet hommage, il se pourrait que cette orientation soit le signe d'une nouvelle ère philosophique dans les relations internationales?! Alors, ce jour nouveau scellera la construction d'un nouvel édifice , qui reste à construire et semble pour l'heure mal parti puisque aucun bourgeon institutionnel ne semble encore éclore de cet entreprise prometteuse . L'avenir nous le dira ! ....

.................  En conclusion de quoi, d'un point de vue de notre science balbutiante étudiant les modèles relationnels subtils et visant à en informer les masses, il me semble logique de convenir que l'idolâtrie, le vedettariat, comme la mystification des personnalités politiques sont de mauvaise augure pour la cause des peuples - Les phénomènes de concentration ( quel que soit le mode, le sujet ou le niveau ) servent l'intérêt des oligarchies au pouvoir en justifiant d'une part leur position privilégiée correspondant à ce modèle et en créant d'autre part chez l'adversaire subordonné et divisé les éléments de faillite de sa cause ( .... celle de l'union face à l'oppresseur ) puisque l'inspiration, l'instauration des mêmes variables ménent invariablement au résultat dudit phénomène de concentration détruisant l'union citoyenne. L'union des masses ne doit donc pas mener au phénomène d'une hiérarchie pyramidale conçentrant le pouvoir sous peine voir son impulsion se corrompre dans divers travers oligarchiques. A l'opposé, les masses doivent comprendre la nécéssité de ne plus croire dans le mythe du "sauveur" qui prendra sur ses épaules, si solides soient-elles, la responsabilité du changement : L'effort, la démarche et la progression pour un vrai changement doivent être un effort collectif simultané - ... ..............  A bon entendeur ! ...

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18 - Dépersonnalisation des concepts - En finir avec l'idolâtrie, le vedetteriat et la concentration hiérarchique des sociétés humaines -

........................ .. Voyez à quel point le problème idéologique et du mode de conceptualisation peut s'insérer dans chaque chose et chaque sujet. Ainsi peut-on dire que le présent sujet est intimement lié au précédent dans le sens où l'on peut y expliquer pourquoi il existe une association délibérée entre un mouvement de révolte et un personnage emblématique sur lequel se focalise l'attention : Il s'agit d'une démarche de vedettariat dont la conceptualisation correspond au modèle, et au projection hiérarchique de la société politique dont on espère la continuité - C'est une technique de communication à part entière visant à justifier le modèle élitiste d'actualité en calquant volontairement tous les phénomènes sur le modèle à défendre ( éllitiste & pyramidal dont la représentation en est le sous entendu). Ainsi, dans le sujet précédent, la révolution, au lieu d'être considéré comme un phénomène d'émancipation et de volonté démocratique, est seulement identifié à un nouveau petit "roi" incarné en la personne d'un pseudo meneur qui prendra le pouvoir dans son domaine,.... à l'identique et justifiant les pouvoirs concentrés alentours, royaux ou représentatifs dont l'executif est toujours incarné par un personnage dit "emblématique". C'est le premier aspect de cette déviance dont le sujet semble pourtant exempt au regard des honneurs fait en mémoire de l'illustre.

Cette vérité élémentaire s'applique alors à chaque élément ou aspect de la société humaine et  même  au sein des actes les plus anodins de notre vie quotidienne.  Souvent, l'actualité est orientée ou présentée selon un angle d'analyse qui n'est lui même pas le fruit du hasard. Nous devons apprendre à critiquer et analyser l'angle et le type de présentation, les dessous d'un sujet médiatique avant la lecture de fond - Par ailleurs, le sujet d'apparence est un piège s'il est dissocier de son environnement factuel ou historique comme de ses tenants conceptuels permettant de le situer jusrement. Le sujet seul doit faire appel ou un rappel à ses renvois conceptuels pour nous permettre de nous situer à défaut d'être qualifié de partial et incomplet.

Ne soyons pas limitatif - La philosophie peut prendre place partout et nous ramener au second sujet -

Il est possible de tirer leçon du moindre de nos actes - C'est en montant sur un escabot que me vint cette idée saugrenue, délirante : Aurai-je pu monter à cette hauteur sur l'escabot  en toute sécurité et de manière efficace si une seule marche de celle-ci venait à manquer lors de mon ascension ? La réponse est évidement non !... l'implication de cette logique symbolique vaut en tous les domaines de notre réflexion intellectuelle - J'achete récemment, par exemple, un livre intitulé "grandes idées de la science" chez RBA France ( L'espace est une question de temps - Einstein et la relativité ) qui atteste la pertinence de ma vision des choses sur cette ordre d'idée . Ce livre, en évoquant le sujet central d'Albert Einstein, pour être exhaustif sur le sujet, décrit les travaux de tout un ensemble de prédécesseurs, non moins illustres, qui travaillèrent à préparer les notions, concepts voisins ou expériences menant le génie à la réussite . Beaucoup d'auteurs et critiques scientifiques affirment par ailleurs que nombreux sont les inventeurs illustres ou savants émérites, y compris A. Einstein, qui ne firent en réalité que copier, reprendre ou aboutir le travail de prédécesseurs moins connus -

Pourquoi en attribuer le mérite qu'aux derniers qui surent sortir de l'ombre, parfois par des moyens peu recommandables et contraires à l'éthique, scientifique ou de quelque autre nature ?! - Cet état de fait créé une inégalité qui corrompt l'histoire. Prenez les éléments caractéristiques culturels, technologiques, culinaires ou institutionnels d'une civilisation et constatez qu'il existe toujours des prédécesseurs et des antécédents à cette confiscation idéologique.

 - ( ........ Observez par aileurs le fait que selon les ethnies, groupuscules ou civilisations arrivant au pouvoir, l'histoire, dans son contenu lui même, se modifie peu à peu suite à cette aboutissement pour permuter les facteurs et noms des personnalités jugées illustres ... . Ce déplacement d'intérêt signe en lui même et à lui seul un bouleversement politique ou ethnique. Prenez la liste éthnique des personnalités charismatiques scientifiques, spirituelles, bibliographiques, les vedettes notoires à un moment et à un endroit donné et vérifiez ce déplacement d'intérêt : Voilà révélée l'éthnie ou le groupuscule au pouvoir !.... Attention ! Le groupuscule au pouvoir peut aussi placer quelques vedettes de façade d'origine différentes, et ainsi timidement dissimuler ses origines afin de protéger la source centralisatrice des impulsions sociales - Le phénomène doit donc s'observer d'une manière générale sur un ensemble de paramètres relatifs à l'occupation des postes clés, les personnalités placées au premier plan ou médiatisées ..........) -

......................   Cette altération des concpets et de l'histoire créatrice frustre, voire handicape la volonté des petits chercheurs qui sont les piliers de la notoriété de ceux qui parviennent à la célébrité - Il en va de même pour tous, à toutes  époques et notamment encore le grand Léonand de Vinci, auquel on attribue à tort l'invention du char, du sous-marin, du tank, de l'hélicoptère, de l'aile volante, etc.... . Cela est faux !... et tant d'autres qui ne firent que reprendre les observations et créations d'individus lambdas ou de prédecesseurs moins chanceux - Attribuer les mérites aux uns et pas aux autres en les occultant est en fait une aberration qui prend sa source, notamment, en plus du phénomène de besoin d'identifacation chez l'être humain, dans la nécessité et défaut pour notre intellect de se focaliser prioritairement sur quelques éléments à des fins mnémotechniques. Cette condamnation suffit pour ma part à comprendre qu'il faut en finir avec cette association entre les créations et un auteur "unique" dont le patronyme incarne souvent le concept - Le même principe recoupe par ailleurs le sujet précédent sur l'idôlatrie et les dérives politiques menant à l'oligarchie sur le fondement de cette concentration d'intérêt . Le concept ou la création ne doit idéalement et principalement intégrer dans son écriture que les paramètres intrinsèques liées à son sujet, à la chose. Chaque concept doit être disssocié de ses créateurs et ne les présenter que dans le cadre d'une chaîne événementielle ou historique expliquant l'avancement, la progression infinie des idées et concepts. Nous ne sommes tous que les maillons indifférents et complémentaires d'une cause évolutive supérieure indéfinissable.

Encore que les auteurs cités sur l'objet doivent être insérés dans une équipe créative ou d'inspiration, toujours présente, et un contexte historique présentant les éléments sociaux, techniques ou politiques menant à la création. Voyez sur mon sîte le nombre de renvois auquels je procède afin de construire ma petite théorie : La démocratie n'est le fait de personne et le rêve participatif remonte à la nuit des temps avec quelques illustrations dans l'antiquité. Ces principes fonctionnels furent soigneusement cahés pendant longtemps mais font indubitablement surface à échéance régulière sous l'impusion d'esprits dont le nom importe peu; .... de la même manière qu'il importe peu de savoir qui inventa la roue ou la pénicilline - Quelle gloire en tirerions-nous après la mort ?.... si ce n'est de savoir contribuer à la noble cause du genre humain dont nous sommes tous les co-auteurs ? Cette conception de l'oeuvre créatrice permet de placer l'être humain, la civilisation planètaire entière dans une oeuvre d'ensemble . Ce principe vaut pour tout le monde et se dresse malheureusement à l'encontre du phénomène de vedettariat encore mis en pratique dans nos sociétés en ce début de XXI° siécle - Dorénavant; veuillez observer autrement le nom et les origines ethniques ou groupusculaires des personnalités de premier plan : Vous saurez à quoi ce la correspond et quel en est le point faible sur le long terme - ...... A bon entendeur ....

 

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19 - Système de santé en péril .... ou gouvernement en manque d'idée ?

Le système de santé, de retraite, et tant d'autres en France seraient en danger. Le trou de la "sécu" atteint des milliards et toujours point de solutions. la cessation de paiement est pour bientôt. Une nouvelle loi, en cette anne 2016, devait rendre le tiers payant obligatoire mais les professions libérales s'y opposent: Trop compliqué pour eux ! Cette réforme est empêchée parce qu'il est difficile de créer un lien rationnel entre les différentes mutuelles et la "Sécu" ... ? Aberrant pour une institution bientôt séculaire. Personne n'a pris la peine de créer un lien important, bientôt vital étant donnée l'importance et la complémentarité des deux systèmes. Nous pouvons nous demander si quelque chose ne va pas de volonté délibérée.

En effet, les commentateurs les plus sceptiques avancent l'hypothèse selon laquelle les gouvernements libéraux Européens cherchent à enterrer l'édifice de protection des travailleurs en expliquant de manière tacite que celui-ci grêve la compétition sur les prix de la main d'oeuvre. Il suffit alors de laisser la situation se dégrader en ne prenant aucune décision. La démonstartion s'imposera par elle-même.  On remarque de manière visible que les taux de remboursement vont décroissant dans le temps et que malgré la contribution nouvelle du système des mutuelles, la part des frais restant à charge ne fait qu'augmenter. Y aurait-il une inflation masquée ? C'est la première question ! Messieurs les politiques, comble du sordide en la matière, il ne reste plus qu'à inventer une nouvelle strate ( une supra-mutuelle complétant le premier ) - Ce n'est pas la solution - On nous ment - Il y a un "non-dit" - Il suffirait aussi d'un débat national qui n'a pas lieu - La stratégie de renflouement des caisses consiste toujours et se résume encore en la compression des dépenses, soit dans le transfert de la dette à un organisme tiers ou la création d'un nouveau prélévement. C'est reculer pour mieux sauter -  Je vous rappelle que nos institutions en la matière ne sont pas nouvelle .... Voici un résumé des paramètres ...

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...................... http://www.securite-sociale.fr/Historique-du-systeme-francais-de-Securite-sociale

Historique du système français de Sécurité sociale

1830-1905 : un système d’assistance publique et un système de libre prévoyance

1898-1939 : un système d’Assurances Sociales

1945-1946 : la mise en place d’une Sécurité Sociale

depuis 1946 : la mise en œuvre des grands principes

Aux solidarités restreintes exercées dans le cadre familial ou des métiers (corporations), la Révolution de 1789 et la Déclaration des droits de l’homme ont substitué une conception nouvelle de l’assistance. Les insuffisances et les limites de l’assistance donneront naissance dès le début du XXème siècle aux premières tentatives de création d’une sécurité sociale qui apparaîtra, dans ses principes et sa forme en vigueur aujourd’hui, en 1945.

- 1830-1905 : un système d’assistance publique et un système de libre prévoyance

Au cours de la phase d’industrialisation du XIXème siècle, vont se développer non sans débats et hésitations :

  • Les sociétés de secours mutuels, succédant aux corporations de l’Ancien Régime abolies en 1791, fondées sur la prévoyance collective volontaire et limitées à quelques activités ou quelques entreprises : reconnues légalement en 1835, elles obtiendront une entière liberté de création et les encouragements des pouvoirs publics par la loi du 1er avril 1898 ;
  • Un système d’aide sociale : l’aide sociale intervient pour faire face à des besoins spécifiques appréciés selon des critères subjectifs par une commission composée en partie d’élus locaux ; le droit à l’aide sociale est subordonné à condition de ressources de l’individu ou de sa famille et les prestations, en nature ou en espèces, sont récupérables sur les débiteurs alimentaires et les successions ou les revenus de l’assisté revenu à meilleure fortune.

La loi du 15 juillet 1893 institue ainsi l’assistance médicale gratuite, la loi du 27 juin 1904 le service départemental d’aide sociale à l’enfance et la loi du 14 juillet 1905 l’assistance aux vieillards infirmes et incurables.

En respectant leurs principes fondateurs, les mutuelles et l’aide sociale constituent aujourd’hui des composantes de la protection sociale.

- 1898-1939 : un système d’Assurances Sociales

Les mutuelles, basées sur le volontariat, et l’aide sociale, droit à appréciation subjective et spécialisée, n’ont bénéficié qu’à une frange limitée de la population. Aussi, dès le début du XXème siècle, apparaissent des tentatives en faveur de l’assurance obligatoire de certains risques sociaux.

En matière d’accidents du travail, la loi du 9 avril 1898 reconnaît la responsabilité sans faute de l’employeur qui peut s’assurer pour y faire face.

En matière d’assurance vieillesse, la loi du 5 avril 1910, dont l’application a été limitée, institue un régime d’assurance obligatoire pour les salariés du commerce et de l’industrie.

Les lois du 5 avril 1928 et du 30 avril 1930 instituent pour les salariés titulaires d’un contrat de travail une assurance pour les risques maladie, maternité, invalidité, vieillesse et décès et la loi du 30 avril 1928 un régime spécial pour les agriculteurs.

La loi du 11 mars 1932 prévoit des allocations couvrant les charges familiales financées par des versements patronaux.

A la veille de la deuxième guerre mondiale, la France dispose, dans les textes, d’un système de protection complet mais fragile qui sera profondément renouvelé après les hostilités.

- 1945-1946 : la mise en place d’une Sécurité Sociale

En 1945 les bâtisseurs du système français de sécurité sociale poursuivent un triple objectif : unité de la sécurité sociale, généralisation quant aux personnes, extension des risques couverts sous la double influence du rapport BEVERIDGE de 1942 et du système BISMARCKIEN.

L’ordonnance du 4 octobre 1945 prévoit un réseau coordonné de caisses se substituant à de multiples organismes, l’unité administrative ne sera cependant pas réalisée et ne l’est toujours pas.

Les professions agricoles vont conserver leurs institutions spécifiques dans le cadre de la mutualité sociale agricole. Les salariés des régimes spéciaux vont refuser de s’intégrer dans le régime général et conserver dans un cadre " transitoire " qui dure encore, leurs régimes spécifiques (fonctionnaires, marins, cheminots, mineurs etc..).

Exposé des motifs de l’ordonnance du 4 octobre 1945 (extraits)

" La sécurité sociale est la garantie donnée à chacun qu’en toutes circonstances il disposera des moyens nécessaires pour assurer sa subsistance et celle de sa famille dans des conditions décentes. Trouvant sa justification dans un souci élémentaire de justice sociale, elle répond à la préoccupation de débarrasser les travailleurs de l’incertitude du lendemain, de cette incertitude constante qui crée chez eux un sentiment d’infériorité et qui est la base réelle et profonde de la distinction des classes entre les possédants sûrs d’eux-mêmes et de leur avenir et les travailleurs sur qui pèse, à tout moment, la menace de la misère. "

" Envisagée sous cet angle, la sécurité sociale appelle l’aménagement d’une vaste organisation nationale d’entraide obligatoire qui ne peut atteindre sa pleine efficacité que si elle présente un caractère de très grande généralité à la fois quant aux personnes qu’elle englobe et quant aux risques qu’elle couvre. Le but final à atteindre est la réalisation d’un plan qui couvre l’ensemble de la population du pays contre l’ensemble des facteurs d’insécurité ; un tel résultat ne s’obtiendra qu’au prix de longues années d’efforts persévérants, mais ce qu’il est possible de faire aujourd’hui, c’est d’organiser le cadre dans lequel se réalisera progressivement ce plan. "

L’ordonnance du 19 octobre 1945 concerne les risques maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès. La loi du 22 août 1946 étend les allocations familiales à pratiquement toute la population et la loi du 30 octobre 1946 intègre la réparation des accidents du travail à la sécurité sociale.

La loi du 22 mai 1946 pose le principe de la généralisation de la sécurité sociale à l’ensemble de la population mais les professions non salariées non agricoles s’y opposeront.

- Depuis 1946 : la mise en œuvre des grands principes

Les principes de 1945 dont certains n’ont pu être appliqués rapidement entrent progressivement dans les faits. L’unité administrative de la sécurité sociale n’est toujours pas achevée mais plusieurs évolutions contribuent à la renforcer. Les évolutions démographiques et le développement du salariat ont conduit à la suppression de petites caisses et à l’introduction d’un mécanisme de compensation entre les régimes subsistants, le rapport démographique cotisants/inactifs étant défavorable aux petits régimes qui perdent leurs actifs au profit du régime général. Les différences de prestations et de cotisations entre les différents régimes s’estompent rapidement.

La généralisation de la couverture à toute la population a été poursuivie selon les étapes suivantes :

  • Convention collective interprofessionnelle du 14 mars 1947 instituant le régime de retraite complémentaire des cadres
  • Loi du 9 avril 1947 étendant la sécurité sociale aux fonctionnaires
  • Loi du 17 janvier 1948 instaurant trois régimes d’assurance vieillesse des professions non salariées non agricoles (artisans, professions industrielles et commerciales, professions libérales)
  • Loi du 10 juillet 1952 : création d’un régime d’assurance vieillesse obligatoire des exploitants agricoles, géré par la mutualité sociale agricole (MSA)
  • Loi du 25 janvier 1961 : création d’un régime d’assurance maladie obligatoire des exploitants agricoles, avec libre choix de l’assureur
  • Loi du 12 juillet 1966 : création du régime autonome d’assurance maladie maternité pour les non-salariés non agricoles, géré par la CANAM
  • Loi du 22 décembre 1966 : création d’un régime complémentaire obligatoire des exploitants agricoles contre les accidents du travail , maladies professionnelles et accidents de la vie privée, avec libre choix de l’assureur
  • Loi du 25 octobre 1972 : institutionnalisation de la protection des salariés agricoles contre les accidents du travail
  • Loi du 4 juillet 1975 : généralisation à l’ensemble de la population active de l’assurance vieillesse obligatoire
  • Loi du 2 janvier 1978 : institution d’un régime particulier pour les ministres du culte et les membres des congrégations religieuses et de l’assurance personnelle pour la population " résiduelle "
  • Loi du 28 juillet 1999 : institution d’une couverture maladie universelle : protection de base sur le seul critère de résidence et protection complémentaire pour les plus démunis
  • Loi du 21 août 2003 : Loi portant réforme des retraites (harmonisation progressive de la durée d’assurance pour bénéficier d’une pension à taux plein entre les différents régimes, évolution progressive de cette durée d’assurance en fonction des gains d’espérance de vie, créations de dispositifs de retraites anticipées pour les assurés ayant commencé à travailler jeune et ayant effectué de longues carrières).
  • Loi du 13 août 2004 : Loi portant réforme de l’assurance maladie (création du médecin traitant, du dossier médical personnel, réforme de la gouvernance de l’assurance maladie et du système de santé, promotion des médicaments génériques, aide à l’acquisition d’une couverture complémentaire, responsabilisation des assurés sociaux par la création du forfait d’1 euro).
  • Loi du 2 août 2005 : Loi portant réforme de la loi organique relative aux LFSS (mise en perspective pluriannuelle du financement de la Sécurité sociale et présentation de l’équilibre des régimes par le rapprochement des recettes et des dépenses, mise en œuvre de la démarche objectifs résultats à la Sécurité sociale).
  • 1er trimestre 2006 : Mise en place du Régime Social des Indépendants (RSI, prévu par une ordonnance du 31 mars 2005) regroupant les régimes d’assurance maladie des professions libérales, des industriels, des artisans et des commerçants ainsi que les régimes d’assurance vieillesse des industriels, des artisans et des commerçants.
  • Loi du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites (recul progressif de l’âge légal de départ à la retraite -de 60 à 62 ans-, prise en compte de la pénibilité, dispositif « carrières longues », amélioration des règles de calcul des retraites des femmes, lutte contre les inégalités de salaire entre hommes et femmes, meilleure protection des plus fragiles, rapprochement des règles entre fonction publique et secteur privé)

Le régime général de sécurité sociale a fait l’objet de plusieurs réorganisations par l’ordonnance du 21 août 1967 instituant les trois caisses nationales (CNAMTS, CNAVTS, CNAF) et l’ACOSS, la loi du 17 décembre 1982 et l’ordonnance du 24 avril 1996 instituant notamment des conseils de surveillance auprès des caisses nationales et des unions régionales de caisses d’assurance maladie.

Le financement de la sécurité sociale s’est aussi modifié depuis 1945. Bien que les cotisations assises sur la masse salariale représentent encore la principale ressource des régimes, la part des autres recettes : taxes fiscales, contribution sociale généralisée (CSG) assise sur l’ensemble des revenus d’activité, de remplacement et du patrimoine instituée par la loi du 22 juillet 1993, contribution sociale de solidarité à la charge des entreprises, contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) instituée par l’ordonnance du 24 janvier 1996 croît rapidement.

Le système français de sécurité sociale se caractérise donc aujourd’hui par une protection contre les risques sociaux généralisée à l’ensemble de la population mais éclatée entre de nombreuses institutions faisant appel à des sources diversifiées de financement. ( ...., ... )

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.................................... La sécu : une organisation complexe : Sa structure organique complexe fut longtemps discutée et controversée car son édifice peut en lui même coûter trés cher :

Batiments, services, et personnels pléthoriques ? .... A voir sur le site ... ( extrait...)

Les administrations de sécurité sociale (ASSO) sont une composante desadministrations publiques françaises et regroupent l'ensemble des entités juridiques et institutionnelles chargées du service public de la sécurité sociale. Ces administrations assurent la gestion des risques sociaux des travailleurs salariés, des salariés et exploitants agricoles, des professions libérales, des travailleurs indépendants, et des travailleurs non salariés. Elles ont en charge le recouvrement des cotisations et le versement des prestations prévus par le Code de la sécurité sociale. Elles sont qualifiées d'administration parce que l'État leur a confié la gestion d'une mission de service public, celui de la sécurité sociale.

Cependant, dans un arrêt rendu le 13 mai 1938le Conseil d'État a jugé que des personnes morales de droit privé peuvent gérer des missions de service public. À ce titre, la plupart des caisses de sécurité sociale des différents régimes sociaux ont un statut de droit privé; seules les caisses nationales du régime général ont un statut d'établissement public à caractère administratif (EPA). Aussi, les quelques 160 000 salariés des caisses de sécurité sociale du régime général ne sont pas fonctionnaires et ne sont donc pas soumis au Code général de la fonction publique, mais relèvent de conventions collectives nationales de branche2,3. Leurs rémunérations sont ainsi assujetties aux mêmes cotisations et ils bénéficient du même niveau de protection sociale que tout autre salarié français d’entreprise.

.......................... https://fr.wikipedia.org/wiki/Administrations_de_s%C3%A9curit%C3%A9_sociale#Les_caisses_du_r.C3.A9gime_g.C3.A9n.C3.A9ral

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......................... A voir sur le site: ... http://www.ifrap.org/emploi-et-politiques-sociales/protection-sociale-la-france-trop-genereuse-par-rapport-son-pib

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......................................................... http://www.atlantico.fr/decryptage/qu-vraiment-dans-trou-secu-eric-verhaeghe-846230.html

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Publié le 

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Ce qu'il y a vraiment dans le trou de la Sécu

Depuis près de 30 ans, les Français vivent avec le "trou" de la Sécurité sociale, analysé au mois de septembre par la Cour des Comptes. Décryptage.


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Ce qu'il y a vraiment dans le trou de la Sécu

Un trou noir de l'espace. Crédit Reuters

 

La Cour des Comptes a longuement analysé hier la situation financière cataclysmique de la Sécurité sociale. Ses analyses sont l’occasion de revenir sur ce qu’est le "trou de la sécurité sociale"

A combien se chiffre aujourd’hui le "trou"? 

Petit rappel basique pour commencer: la différence entre le déficit et le "trou", c’est-à-dire la dette cumulée de la sécurité sociale.

Le déficit, c’est la différence annuelle entre les ressources de la sécurité sociale et les dépenses. La dette, c’est le cumul de ces différences.

 

 

Autant le "trou" annuel est évoqué par les médias, autant la dette de l’Etat peut l’être, autant la dette de la sécurité sociale est d’ordinaire passée à l’as et mal exposée aux Français. En soi, c’est probablement l’une des explications du problème : pour beaucoup d’assurés, le déficit annuel est un simple jeu comptable sans implication sur la vraie vie, notamment sur les remboursements de l’assurance maladie.

Ici, précisément, nous avons un premier problème : le trou est dilué entre deux modes de financement.

Premier mode : la Caisse d’Amortissement de la Dette Sociale (CADES), qui est l’organisme officiellement chargé de gérer la dette.

Ce tableau tiré du rapport remis le 17 septembre par la Cour des Comptes montre les montants de dette stockés par la CADES : de 2009 à 2011, l’augmentation de la dette sociale fut d’environ 50%. Le stock géré aujourd’hui, de près de 133 milliards, équivaut à environ 18 mois de retraites du régime général. Autrement dit, il faudrait arrêter de verser les retraites de la CNAV pendant 1 an et demi pour rembourser la dette sociale stockée par la CADES.

Second mode : les découverts ou facilités de trésorerie de l’Agence Centrale des Organismes de Sécurité Sociale (ACOSS), chargée de la trésorerie de la Sécurité sociale et qui fédère les Urssaf. En voici l’état:

 

image: http://www.atlantico.fr/sites/default/files/ver2_1.png

Le tableau montre comment le gouvernement (depuis pas mal d’années, ce n’est pas une invention de la gauche) a choisi de diminuer le "trou" géré par la CADES en faisant supporter par les Urssaf une part importante du déficit : 26 milliards cette année.

Cette petite astuce de gestion permet évidemment de cacher la misère. Ainsi, le gouvernement Ayrault peut se targuer d’avoir diminué la dette sociale gérée par l’ACOSS de près de 5 milliards en 2013. Mais cette opération se traduit par un "trou" de 10 milliards dans la trésorerie des Urssaf.

Le "trou" de l’ACOSS est-il dangereux?

Dans le "bordel" financier généralisé que nous vivons, ces petites astuces comptables sont devenues monnaie courante et ne choquent plus personne. Si l’on se souvient que le déficit de l’Etat flotte entre 80 et 90 milliards annuels, un petit "trou" de 10 milliards planté dans le jardin de l’obscure ACOSS, au fond, ça ne mange pas de pain.

Le problème se formule techniquement de façon un peu différente, et, en réalité, le choix de financer en partie le "trou de la Sécu" par des découverts en gestion supportés par l’organisme collecteur des cotisations apparaît comme une mise à nu aussi dangereuse qu’une rupture de la double coque d’un super tanker. En effet, le métier de l’ACOSS est de collecter les cotisations et de gérer le compte qui sert, in fine, à payer les prestations. De fait, le législateur et le gouvernement ont validé le principe selon lequel ce gestionnaire de fonds pouvait prendre sur lui de payer plus qu’il ne recevait, sans aucun cantonnement du déficit.

Comme l’ACOSS n’a pas la faculté de fabriquer des billets de banque, elle doit donc faire comme l’Etat : recourir aux marchés financiers pour porter le découvert. Cette petite mécanique conduit donc à demander à l’ACOSS de faire le même métier que l’Agence France Tréso r: solliciter des financeurs en France et à l’étranger, pour boucler ses fins de mois.

Tant que les taux sont bas et que les marchés prêtent, tout va bien, et les Français sont heureux. Du jour où les taux montent (par exemple, dans l’hypothèse où les marchés considéreraient que le gouvernement n’arrive pas à réformer et que la France est un emprunteur peu fiable), on mesure la difficulté : il faudra utiliser les cotisations des salariés et des entreprises non plus pour payer des prestations (rembourser les médicaments par exemple), mais pour rembourser les prêteurs. Et si l’argent vient à manquer… la sécurité sociale arrêtera de fonctionner.

Il n’est pas sûr que tous les Français aient bien compris que tôt ou tard le "trou de la Sécu" se transformera en machine à leur faire les poches au profit des financiers. Pour l’instant, ils ont la douce illusion que ce système indolore leur permet de profiter d’une solidarité à bon compte. En réalité, cette mécanique est un piège infernal : elle prépare un grand détournement des cotisations