Fables de Là, font haîne

                                                     - Fables de là, font haîne -

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..............................................................................  Cette page s'adresse  à nous tous, en toute modestie ,pauvres gens, je dirai alors .... pauvres "gnous", pour une analyse humoristique personnelle du phénomène et des techniques de subordination des masses. Nous en parlerons ici sous la forme de poésie et fables. Si nous sommes tenus divisés et affaiblis face à une entité de pouvoir, c'est qu'il existe aussi en l'être humain, des défauts, ou des tendances comportementales qui méritent d'être observées. C'est cela que j'espère mettre en lumière - Peut-être sinon êtes-vous poëte ? L'ensemble de ces écrits sont fictifs, relèvent donc de mon imagination fertile et toute ressemblance avec une quelconque réalité ou des personnages d'actualité serait pur hasard. Je ne voudrai pas me faire d'ennemis dans l'intelligentsia, ce qui est contraire à mon éthique ainsi que vous l'aurez certainement constaté.

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............................................................................. Fables de là font haîne ! ? ....Quel mauvais jeu de mots ! ... Excusez mon arrogance en comparaison du talent de cet illustre auteur ayant écrit des centaines de Fables qui sont autant de leçon de vie. Je ne suis qu'un impertinent. Il faut envisager la chose au second degré. En tout état de cause, je suis,... Que dis-je ? Nous sommes tous concernés par le phénomène. C'est de lui dont il nous faut tout savoir - L'illustre auteur des Fables nous fera aussi un bel enseignement sur les principes politiques utilisés par les bourreaux qui gouvernent nos belles sociétés "démocratiques". Les méthodes du pouvoir sont les mêmes depuis la nuit des temps et se répétent inlassablement en dépit de l'instauration du suffrage ou autres billevesées habilement versées lors des périodes de campagne électorale. Vous vérifierez donc au travers de l'actualité l'imprescréptibilité de ces principes relationnels. En tout état de cause je ne suis qu'un bien piètre poète mais c'est volontairement que je bouscule les régles en la matière . Je me fous des conventions. Mon but n'est pas le poème en lui même mais de créer un signifiant harmonique.

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La question semble toujours et partout la même : Comment une minrorité de gens parviennent-ils à asservir la majorité des populations ? Ma réponse, toujours subjective, passant par nous même, se déploie sur cette page au travers de récits, morales, fables, poèmes et autres paraboles humoristiques, parfois caustiques -

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................................. Je commence par quelques écrits personnels qui peuvent s'apparenter à des poèmes ....

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............................. gnous et zèbres dans la savane

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1 bis - Peuple gnou, peuples de la planète terre -

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Tendez vos oreilles, appréciez ce conte venu d'autres lieux

Peuple innombrable se croyait inviolable tant ses rangs serrés

Une fable des savanes mais aussi convenable sous nos cieux

Citoyen de la plèbe, insouciant, se voit parvenu au sommet

 

Face au lion, via dame nature, la bête n'a pas vraiment le choix

L'animal s'esquive, pour s'épargner, tous moyens se donnera

Face à l'oppresseur, le quidam seul sombre  vite en désarroi

L'homme flatte, coopère, par cette erreur fait le jeu des magnats

 

Pour  résister, il suffirait de faire  face,  de se  faire confiance

Mais certes, le vivant de sa force commune n'a pas conscience

 

L'homme à rendez vous avec l' histoire où n'est que bon résultat

Face au pillard, instinct prime sauf pour une créature d'avoir choix

L'animal ainsi que pour les mortels, l'histoire oscille et se répétera

Face aux faibles, le tyran divise, oppose, assuré des bras droits

 

Citoyen, le tyran promet mais tu mourras entre ses dents acérées

Une fable dont l'origine vient du consentement ou tristes vœux

Peuple bovidé, après sacrifice se sauve, le rang est resserré

Tendez l'oreille, je demande encore lesquels sont plus malheureux

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…......................................................... 11/02/2014 par Eucharilxtonw

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                                               Seconde oeuvre -

 

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 .                         - La bête est malade -

 

 

Un animal nommé "Négoce" endure un mal récurrent

Les maîtres hésitent, qu'importe, la théorie l'emportera

Tous opèrent sur les variables aisées, d'aucuns c'est évident

L'habile jure pitié pour le malade, d'icône s'amuse le fada

 

Mille noms, qu'on dise capitaliste, empire, comme on voudra

Qu'on le dise exception, hors horizon, l'îlot est de bon aloi

La lutte des domaines, des rois, à la fin des temps, s'étendra

Aux dépens de ceux mal nés qui n'auront pas de quoi

 

D'indigestion ou défaut de place, pour être il faut faire repas

L'être comme les théories ou empires ne vivent point de foi

Dogme naît et meurt mais n'a pas de corps et jamais chancira

Ta chair et d'animal, soin tu auras, pour tous n'est point choix

 

Afin qu'un seul éclate de joie, cent mille devront souffrir

L'infante veut son conte, mille enfants périront de froid

Parlez d'une terre promise, sitôt elle priera de conquérir

Mille vaillants soldats, derrière la bannière, mourront d'effroi

 

Le fourbe jure qu'un maudit paiera pour sauver le fatigué

Tous méditent les pires ruses, l'homme de loi en conviendra

Le fauve souffre des remédes que le savant veut appliquer

L'affreux mourra, folie nous guette si la bête ne survit pas

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 ….................................................. Le 14/02/2014 par Eucharilxtonw

 

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                  ............. troisième oeuvre - dim 12/10/2014

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- De l' autorité , du peuple et de la foi -

 

Les uns rêvent d'idéal, n'écoutent que l'écho de leur âme

Les autres cultivent zèle ainsi que le mythe du général

Les premiers labourent la terre mais de l'esprit ravivent la flamme

Les seconds savourent cette candeur et orchestrent mille cabales

 

Tyran, tous moyens valent pour conquerir, asseoir ton domaine

Tu simules attention pour autrui mais il n' est que pour toi

Troyens, dévots, fut-elle du monde ou du Christ, la coupe est pleine

Tout principe est bon mais dogme ne vaut que s'il point sous ton toît


L'homme ne peut vivre sans foi, le prince se satisfait de ferveur

Scellant la thése au livre sacré, ton culte connu mille excés

Dieu marque une évolution, l'Etat juste une cause d'ardeur

Se bonifant, tu feras leçon des temps modernes, passés


Défendant ton idéal devant quelques mortels sans foi

Malgré sa noble cause, la quête dériva, servant l'empereur

Et d'enrôler les petites gens, accablés, en désarroi

Guerroyant au nom de l'éternel, au ciel tu feras douleur


Malgré atours novateurs dogmatiques, techniques, héroïques

Malmenée par des conflits répétés et les pires penchants

Mystérieux phénix, nos peuples vivant un modèle cyclique

Depuis toujours le dogme nait, conquiert puis finit déclinant

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...........................................................   Par eucharilxtonw en octobre 2014

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...................... Quarième oeuvre datant du 31 mars 2016, jour de grêve national pour ceux qui désirent une alternative à un mondialisme capitaliste sordide ... je les salue bien bas !!

............ Courage ! un autre monde est possible .... N'oubliez pas que si l'on a pas le courage de se rebeller, on n'est mal venu de se plaindre .

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. Profil dangereux

 

Beaucoup  ont  peur  des  criminels et c'est raison de  trembler

Convenons du peu de chance de rencontrer perfection sur terre

je viens ici instruire au sujet des menteurs qui savent se farder

Sans juger  car nul  n' est digne  de  jeter  la  première  pierre

 

Je n'évoque pas ici le cas du petit sergent servile et conditionné

Qui obeit à un système formaté, rouage d'une machine sans foi

Ni celui de l'être bestial qui pour satisfaire son instinct va tuer

Tous deux jetés en pâture aux hystériques qui jamais ne voient

 

L'adversaire n'est jamais un homme seul ni une catégorie isolée

Gare au coupable désigné car les méchants savent nous leurrer

 

Parlons des magnats charismatiques déclenchant mille passions

Ceux qui à défaut d'actes probants font sentir l'echo de leur voix

Dont le verbe fourbe sait manipuler les débats, les populations

Mais qui toujours s'esquivent quand vient l'heure du tournoi

 

Pour bien voir il faut savoir lever le voile et fermer les yeux

Le juste observe le réel dans tous les détails et verra au delà

La vérité émerge à la lisière où le fourbe se tient silencieux

Craignez le sournois mais point celui que l'on désigne en bas

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.. ;................     créé et posté le 31/03/2016 par Eucharilxtonw

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.............              Eros & Thanatos

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Vie, gage d'amour de celui à l'origine de ta création

Prédation, conservation, traits que la nature opposa

Mort, nécessité d'un vivant en perpetuelle évolution

Instinct de vie ou de mort, quel univers l'emportera

 

Depuis la conscience, l'homme dù faire des choix

L'amour devint option lorsque advertance est née

Faute de savoir partager trop peu d'amour à la fois

L'esprit se brouille tantôt et se dénature en haîne

 

Egarement de l'âme, bourgeon d'un amour non éclos

Faute d'harmonie dans le groupe l'impulsion se dévie

Se réconcilier en regardant le passé et briser l'enclos

Dans le domaine des passions ne peut exister l'oubli

 

Le fils de l'homme reçu de l'éternel un infini amour

Incapable comme lui d'embrasser toute l'humanité

La noble créature se fourvoie en semant l'infamie

Pourtant le jour arrive Eros délivrera le condamné

 

Aimer, fondement et pilier éternel commun de la foi

Sentiment épineux oscillant selon l'humeur des temps

Agir contre la haine en retissant le lien où il échoua

C'est gommer l'écran qui empêche de voir justement

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.......................... Posté sur le net le 19/07/2016 par Eucharilxtonw - Auteur

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............................ Les écoliers, collégiens ont repris le chemin de leur établissement depuis plus d'un mois et ma fille me presse d'écrire quelque chose sur le sujet .... je veux ici lui faire honneur pour rassembler toutes les impressions que l'on ressent à cette occasion .... 

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C'est la rentrée -

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C'est la rentrée, fini l'insouciance des veillées sans fin

A l'aube du premier jour, pour certains c'est l'excitation

D'autres sont partagés entre inquiétude et matin chagrin

Tous reprendront le chemin rituel de la noble institution

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L'école est plein de petits et grands instants inoubliables

Enigme sur ma place dans cette vaste salle des inconnus

Indécision pour choisir mes habits et mon cartable

Quels délices m'attendent à la cantine en mets inattendus?

 

L'école reste pour tous citoyens un souvenir mémorable

A jamais un lieu où se construit aujourd'hui et demain

 

Quel plaisir de retrouver mes amis, jouer sans soucis

A l'opposé de ce que j'éprouve pour ce rival trop malin

Que seul reste le souvenir des longues ballades en sortie

Rien n'est aussi important que d'être entouré de copains

 

Ma nouvelle maîtresse sera-elle aimable ou trop sévère?

Son nom est-t-il celui dont le souvenir me restera gravé?

Seul face au tableau noir et déjà sur la trace de mes pairs

J'apprends un savoir cumulé forgeant notre humanité

 

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.                                                                       ........ Signé Eucharilxtonw & Machanel - posté sur le site le 20/10/2017

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Voici pour mes créations personnelles; .... Passons désormais à quelques auteurs plus illustres ......

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On dit souvent que les masses citoyennes se comportent en politique, mais pas seulement, comme des moutons et par se fait subissent le joug des monarques - L'idée est-elle répandue dans la littérature ?

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[ EXPRESSION ]
« Les moutons de Panurge  »

[ SIGNIFICATION ]
Se comporter comme des moutons de Panurge, c'est faire la même chose que les autres, suivre une mode, se conformer à une idée dominante, en éliminant tout sens critique.

mouton : Moutons dans la ferme de la Nouvelle-Zélande
[ ORIGINE ]
Dans un troupeau de moutons, lorsque la tête du troupeau change de direction, les autres suivent 'bêtement'.
Au point que, lorsque des éléments paniqués par un quelconque prédateur, se dirigent vers un ravin ou une falaise, les autres suivent et tout le troupeau 'se suicide' sans qu'un seul se pose la question de savoir s'il fait bien de se jeter dans le vide, comme les autres (notez bien que, vu leur état, personne n'est allé ensuite leur demander pourquoi ils avaient agi aussi stupidement. Et puis peut-être qu'entre se faire croquer par le loup et s'offrir une courte mais sympathique chute libre, leur choix était vite fait. Allez donc savoir...).

Panurge est un héros de Rabelais qui, pour se venger d'une altercation avec le propriétaire d'un troupeau, a proposé de lui en acheter le chef, la plus belle bête, alors qu'ils étaient ensemble sur un bateau pour une traversée.
Une fois l'animal payé, Panurge l'a jeté à l'eau.
Bien entendu, les autres moutons, d'eux-mêmes, l'ont immédiatement suivi et tous se sont noyés

mouton : Agneau Banque d'images

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Le compagnon de Pantagruel, Panurge, s'est embarqué pour le pays des Lanternes. Sur le bateau ilRENCONTRE Dindenault, marchand de moutons qui emmène un troupeau avec lui.
Panurge, ayant obtenu pour un prix élevé l'une des bêtes, la saisit et la jette à la mer. Tous les moutons suivent et se précipitent dans les flots, avec le marchand qui tente de les retenir. 
C'est depuis cette époque que l'expression "les moutons de Panurge" désigne les gens qui suivent les autres sans réfléchir.

"Soudain, je ne sais comment, le cas fut subi, je n'eus loisir de le considérer, Panurge, sans autre chose dire, jette en pleine mer son mouton criant et bêlant. Tous les autres moutons, criant et bêlant en pareille intonation, commencèrent à se jeter et à sauter en mer après, à la file. La foule était à qui le premier y sauterait après leur compagnon. Il n'était pas possible de les en empêcher, comme vous savez du mouton le naturel, toujours suivre le premier, quelque part qu'il aille". 
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Quel lien y a t-il entre le mouton ( de panurge ou pas ! ) et le citoyen lambda ? Nous sommes souvent isolés, aspirés et absorbés dans les phénomènes de foules. L'autorité de pouvoir connait bien ce phénomène et sait comment le déclencher, le dévier, le canaliser et le récupère souvent pour orienter les mouvements de foule. Discutez de ceci ! Tout le monde s'y résout - Période électorale ? Allez voter pour celui-ci ! ou pour celui-la ! Contentez-vous de ce système et ne vous posez pas de question car il existe pire ailleurs ! Allez zou ! circulez ! ............ 

Et nous suivons !!! Comme des moutons ! Personne ne se pose la question de savoir si le procédé mis en oeuvre est en panne et qu'il ne eut plus délivrer de solution !! ? Personne ne se pose la question d'une réelle alternative et d'y réfléchir collectivement par de nouveaux procédés institutionnels !! Nous suivons encore ! Nous attendons le changement de la part de ceux qui tire profit du système ! Non ! Jamais il ne changeront un système qui les fait vivre ! .... Jamais il ne mettront en oeuvre de vraies réformes ouvrant la voie au "collectif citoyen universel" - C'est à vous de la faire ....

.................... ... Nous sommes des moutons.

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Rabelais, Pantagruel: Le Quart Livre, chapitre VIII.

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..................................... Vous me qualifierez d'insolent ! ... Et vous aurez probablement raison - Rabelais, dès le XVI° siècle eut conscience de ce défaut chronique et rédhibitoire des foules. Le principe est aussi connu des Princes qui savent en user plus que de raison . La morale et principe sociologique n'en demeure pas moins une vérité éternelle contre laquelle il nous faut combattre en aménageant les institutions de manière pertinente .

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Revenons quelques instants aux leçons de morale enseignées par l'illustre auteur des Fables :

Je veux vous montrer par la main d'un autre, en l'occurrence celle de l'auteur des Fables - La Fontaine- les travers de la personnalité humaine . Nous sommes tous concernés - Ce sont sur ces travers que s'appuient les monarques pour construire leurs empires puisqu'il suffit pour les habiles experts les entourant de considérer ces penchants pour s'en servir et diviser les foules, tenir les gens dans la précarité ainsi que dans un climat de compétition, opposés face à une solide structure centralisée intégrant les composantes de ces faiblesses psychologiques.

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............................. http://www.lafontaine.net/lesFables/pageFable.php?page=52

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............Source :.................http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/lion.htm
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.............................  LE LION

LE LION

               Sultan Léopard autrefois
               Eut, ce dit-on, par mainte aubaine (1),
Force boeufs dans ses prés, force cerfs dans ses bois,
               Force moutons parmi la plaine.
Il naquit un Lion dans la forêt prochaine.
Après les compliments et d'une et d'autre part,
               Comme entre grands il se pratique,
Le Sultan fit venir son Vizir le Renard,
               Vieux routier, et bon politique.
Tu crains, ce lui dit-il, Lionceau mon voisin ;
               Son père est mort ; que peut-il faire?
               Plains plutôt le pauvre orphelin.
               Il a chez lui plus d'une affaire,
               Et devra beaucoup au destin
S'il garde ce qu'il a, sans tenter de conquête."
               Le Renard dit, branlant la tête :
Tels orphelins, Seigneur, ne me font point pitié :
Il faut de celui-ci conserver l'amitié,
               Ou s'efforcer de le détruire
               Avant que la griffe et la dent
Lui soit crue, et qu'il soit en état de nous nuire.
               N'y perdez pas un seul moment.
J'ai fait son horoscope : il croîtra par la guerre.
               Ce sera le meilleur lion
               Pour ses amis qui soit sur terre :
               Tâchez donc d'en être, sinon
Tâchez de l'affaiblir. La harangue fut vaine.
Le sultan dormait lors ; et dedans son domaine
Chacun dormait aussi, bêtes, gens : tant qu'enfin
Le Lionceau devint vrai Lion. Le tocsin
Sonne aussitôt sur lui ; l'alarme se promène
               De toutes parts ; et le Vizir,
Consulté là-dessus  dit avec un soupir :
Pourquoi l'irritez-vous ? La chose est sans remède.
En vain nous appelons mille gens à notre aide.
Plus ils sont, plus il coûte ; et je ne les tiens bons
               Qu'à manger leur part de mouton.
Apaisez le Lion : seul (2) il passe en puissance
Ce monde d'alliés vivant sur notre bien.
Le Lion en a trois qui ne lui coûtent rien,
Son courage, sa force, avec sa vigilance.
Jetez-lui promptement sous la griffe un mouton :
S'il n'en est pas content, jetez-en davantage.
Joignez-y quelque boeuf : choisissez, pour CE DON
               Tout le plus gras du pâturage.
Sauvez le reste ainsi. Ce conseil ne plut pas.
               Il en prit mal (3) ; et force États
               Voisins du sultan en pâtirent :
               Nul n'y GAGNA, tous y perdirent.
               Quoi que fît ce monde ennemi,
               Celui qu'ils craignaient fut le maître.
Proposez-vous d'avoir un Lion pour ami,
               Si vous voulez le laisser craître (4).

La source du point de départ de la fable serait une maxime extraite de la Vie d'Alcibiade de Plutarque, qui se trouvait déjà dans Les grenouilles d'Aristophane :
(Le mieux serait pour la chose publique
Ne nourrir point le lion tyrannique :
Mais puisqu'on veut le nourrir, nécessaire
Il est qu'on serve à ses façons de faire.)
En ce qui concerne le corps de la fable, L.F. a pris texte d'un récit du Livre des Lumières : Du léopard et du lion.

Les prés et les cerfs du léopard : c'est l'Europe en général, aussi bien celle de la Maison d'Autriche, que l'Angleterre. 
Le lion enfant :
c'est Louis-Dieudonné. 
Il a chez lui plus d'une affaire : ce sont les troubles de La Fronde. 
Les illusions du léopard, que les SAGES conseils
du renard ne dissipent pas
 : c'est l'incapacité où s'est trouvée l'Europe, pendant les années 1643-1658 de tirer parti des désordres intérieurs de la France pour abattre la dynastie. Une fois le traité de Westphalie conclu, et la Fronde abattue, le roi, devenu adulte est prêt à donner toute sa mesure. L'Europe alors s'effraie, se ligue, un monde d'alliés combat Louis XIV : c'est la longue guerre de Hollande. Appelé de nouveau pour avis, le renard conseille au léopard de ne pas irriter davantage le lion et de transiger : il n'en croit rien.
Nul n'y GAGNA, tous y perdirent. C'est un bon résumé du traité de Nimègue, vu du côté français à la veille des négociations." ( M.Fumaroli : La Fontaine, Fables) 

 
 

(1) droit d'aubaine : Le souverain hérite des biens de l'étranger lorsque
celui-ci meurt dans ses Etats
(2) A lui seul
(3) Mal en prit au sultan
(4) Pour la rime, conforme à la prononciation de l'époque,
pour croître

illustration : André Collot
Illustration André Collot

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............................................... http://www.jdlf.com/lesfables/livrei/lecorbeauetlerenard

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Le Corbeau et le Renard

Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois."
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. 

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................................................ " LE LION malade et le renard " 

Le canevas de la fable vient de l'apologue d'Esope Le lion vieilli et le renard (Nevelet, p.199)
La moralité en était : Ainsi les hommes judicieux prévoient à certains indices les dangers et les évitent.

 

 

(1) on lui envoie des députés

 



Illustration : Le Lion malade et le Renard (Delacoix)

LE LION MALADE ET LE RENARD

            De par le Roi des Animaux,
            Qui dans son antre était malade,
            Fut fait savoir à ses Vassaux
            Que chaque espèce en ambassade
            Envoyât gens le visiter :
            Sous promesse de bien traiter
            Les Députés, eux et leur suite,
            Foi de Lion, très bien écrite,
            Bon passeport contre la dent ;
            Contre la griffe tout autant.
            L'édit du Prince s'exécute :
            De chaque espèce on lui députe. (1)
            Les Renards gardant la maison,
            Un d'eux en dit cette raison :
            Les pas empreints sur la poussière
Par ceux qui s'en vont faire au malade leur cour,
Tous, sans exception, regardent sa tanière ;
            Pas un ne marque de retour.
            Cela nous met en méfiance.
            Que Sa Majesté nous dispense :
            Grand merci de son passeport .
            Je le crois bon; mais dans cet antre
            Je vois fort bien comme l'on entre,
            Et ne vois pas comme on en sort.

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.......      LE COCHE ET LA MOUCHE

 

Dans un chemin montant, sablonneux, malaisé,
Et de tous les côtés au soleil exposé,
            Six forts chevaux tiraient un Coche. (1)
Femmes, Moine, Vieillards, tout était descendu.
L'attelage suait, soufflait, était rendu.(2)
Une Mouche survient, et des Chevaux s'approche ;
Prétend les animer par son bourdonnement ;
Pique l'un, pique l'autre, et pense à tout moment
            Qu'elle fait aller la machine,
S'assied sur le timon, sur le nez du Cocher ;
            Aussitôt que le char chemine,
            Et qu'elle voit les gens marcher,
Elle s'en attribue uniquement la gloire ;
Va, vient, fait l'empressée ; il semble que ce soit
Un Sergent de bataille (3) allant en chaque endroit
Faire avancer ses gens, et hâter la victoire.
            La Mouche en ce commun besoin
Se plaint qu'elle agit seule, et qu'elle a tout le soin ; (4)
Qu'aucun n'aide aux Chevaux à se tirer d'affaire.
            Le Moine disait son Bréviaire ;
Il prenait bien son temps ! une femme chantait ;
C'était bien de chansons qu'alors il s'agissait !
Dame Mouche s'en va chanter à leurs oreilles,
            Et fait cent sottises pareilles.
Après bien du travail le Coche arrive au haut.
Respirons maintenant, dit la Mouche aussitôt :
J'ai tant fait que nos gens sont enfin dans la plaine.
Ca, Messieurs les Chevaux, payez-moi de ma peine.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,
            S'introduisent dans les affaires :
            Ils font partout les nécessaires,
Et, partout importuns, devraient être chassés.

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CONSEIL TENU PAR LES RATS (*)

 

 

               Un Chat, nommé Rodilardus (1),
          Faisait de Rats telle déconfiture (2)
               Que l'on n'en voyait presque plus,
Tant il en avait mis dedans la sépulture.
Le peu qu'il en restait, n'osant quitter son trou,
Ne trouvait à manger que le quart de son soû (3) ;
Et Rodilard passait, chez la gent misérable,
               Non pour un Chat, mais pour un Diable.
               Or, un jour qu'au haut et au loin
               Le Galand alla chercher femme,
Pendant tout le sabbat (4) qu'il fit avec sa dame,
Le demeurant des Rats tint chapitre en un coin
               Sur la nécessité (5) présente.
Dès l'abord, leur Doyen, personne fort prudente,
Opina qu'il fallait, et plus tôt que plus tard,
Attacher un grelot au cou de Rodilard ;
               Qu'ainsi, quand il irait en guerre,
De sa marche avertis ils s'enfuiraient sous terre ;
               Qu'il n'y savait que ce moyen.
Chacun fut de l'avis de Monsieur le Doyen ;
Chose (6) ne leur parut à tous plus salutaire.
La difficulté fut d'attacher le grelot.
L'un dit : Je n'y vas (7) point, je ne suis pas si sot ;
L'autre : Je ne saurais. Si bien que sans rien faire
          On se quitta. J'ai maints chapitres vus,
          Qui pour néant se sont ainsi tenus :
Chapitres, non de Rats, mais chapitres de moines,
               Voire chapitres de chanoines.

               Ne faut-il que délibérer,
               La cour en conseillers foisonne ;
               Est-il besoin d'exécuter,
               L'on ne rencontre plus personne.

 

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LES DEUX TAUREAUX 
ET UNE GRENOUILLE (*)

 

Deux Taureaux combattaient à qui posséderait
               Une Génisse avec l'empire.
               Une Grenouille en soupirait.
               Qu'avez-vous? se mit à lui dire
               Quelqu'un du peuple croassant (1).
               Et ne voyez-vous pas, dit-elle,
               Que la fin de cette querelle
Sera l'exil de l'un ; que l'autre le chassant
Le fera renoncer aux campagnes fleuries ?
Il ne régnera plus sur l'herbe des prairies,
Viendra dans nos marais régner sur les roseaux,
Et nous foulant aux pieds jusques au fond des eaux,
Tantôt l'une, et puis l'autre, il faudra qu'on pâtisse
Du combat qu'a causé Madame la Génisse.

               Cette crainte était de bon sens ;
               L'un des Taureaux en leur demeure
               S'alla cacher à leurs dépens ;
               Il en écrasait vingt par heure.
               Hélas, on voit que de tout temps
Les petits ont pâti des sottises des grands.

 

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                      LA LICE ET SA COMPAGNE (*)

 

...............Une Lice (1) étant sur son terme (2),
Et ne sachant où mettre un fardeau si pressant,
Fait si bien qu'à la fin sa Compagne consent
De lui prêter sa hutte, où la Lice s'enferme.
Au bout de quelque temps sa Compagne revient.
La Lice lui demande encore une quinzaine.
Ses petits ne marchaient, disait-elle, qu'à peine.
               Pour faire court (3), elle l'obtient.
Ce second terme échu, l'autre lui redemande
               Sa maison, sa chambre, son lit.
La Lice cette fois montre les dents, et dit :
Je suis prête à sortir avec toute ma bande,
               Si vous pouvez nous mettre hors.
               Ses enfants étaient déjà forts.

Ce qu'on donne aux méchants, toujours on le regrette.
               Pour tirer d'eux ce qu'on leur prête,
               Il faut que l'on en vienne aux coups ;
               Il faut plaider, il faut combattre :
               Laissez-leur prendre un pied chez vous,
               Ils en auront bientôt pris quatre.

 

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Les Loups et les Brebis

Après mille ans et plus de guerre déclarée,
Les Loups firent la paix avecque les Brebis.
C'était apparemment le bien des deux partis ;
Car si les Loups mangeaient mainte bête égarée,
Les Bergers de leur peau se faisaient maints habits.
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Ni d'autre part pour les carnages :
Ils ne pouvaient jouir qu'en tremblant de leurs biens.
La paix se conclut donc : on donne des otages ;
Les Loups, leurs Louveteaux ; et les Brebis, leurs Chiens.
L'échange en étant fait aux formes ordinaires
Et réglé par des Commissaires,
Au bout de quelque temps que Messieurs les Louvats
Se virent Loups parfaits et friands de tuerie,
lls vous prennent le temps que dans la Bergerie
Messieurs les Bergers n'étaient pas,
Etranglent la moitié des Agneaux les plus gras,
Les emportent aux dents, dans les bois se retirent.
Ils avaient averti leurs gens secrètement.
Les Chiens, qui, sur leur foi, reposaient sûrement,
Furent étranglés en dormant :
Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent.
Tout fut mis en morceaux ; un seul n'en échappa.
Nous pouvons conclure de là
Qu'il faut faire aux méchants guerre continuelle.
La paix est fort bonne de soi,
J'en conviens ; mais de quoi sert-elle
Avec des ennemis sans foi ?

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                                                                LE JARDINIER ET SON SEIGNEUR

            Un amateur de jardinage,
            Demi-Bourgeois, demi-Manant,(1)
            Possédait en certain village
Un jardin assez propre, et le clos attenant.
Il avait de plant vif (2) fermé cette étendue.
Là croissait à plaisir l'oseille et la laitue,
De quoi faire à Margot pour sa fête un bouquet,
Peu de jasmin d'Espagne , et force serpolet (3).
Cette félicité par un Lièvre troublée
Fit qu'au Seigneur du bourg notre homme se plaignit:
Ce maudit animal vient prendre sa goulée (4)
Soir et matin, dit-il, et des pièges(5) se rit.
Les pierres, les bâtons y perdent leur crédit.
Il est sorcier, je crois.  Sorcier, je l'en défie,
Repartit le Seigneur. Fut-il diable, Miraut
En dépit de ses tours, l'attrapera bientôt.
Je vous en déferai, bon homme, sur ma vie.
Et quand ?  Et dès demain, sans tarder plus longtemps.
La partie ainsi faite, il vient avec ses gens.
Ca, déjeunons, dit-il, vos poulets sont-ils tendres ?
La fille du logis, qu'on vous voie, approchez.
Quand la marierons-nous ? quand aurons-nous des gendres ?
Bon homme, c'est ce coup qu'il faut, vous m'entendez,
            Qu'il faut fouiller à l'escarcelle (6).
Disant ces mots, il fait connaissance avec elle,
            Auprès de lui la fait asseoir,
Prend une main, un bras, lève un coin du mouchoir ;
            Toutes sottises dont la Belle
            Se défend avec grand respect ;
Tant qu'au père à la fin cela devient suspect.
Cependant on fricasse, on se rue en cuisine :
De quand sont vos jambons ? ils ont fort bonne mine.
Monsieur, ils sont à vous.  Vraiment, dit le Seigneur,
            Je les reçois, et de bon coeur.
Il déjeune très bien ; aussi fait sa famille (7),
Chiens, chevaux et valets, tous gens bien endentés :
Il commande chez l'Hôte, y prend des libertés,
            Boit son vin, caresse sa fille.
L'embarras des Chasseurs(8) succède au déjeuné.
            Chacun s'anime et se prépare :
Les trompes et les cors font un tel tintamarre
            Que le bon homme est étonné (9).
Le pis fut que l'on mit en piteux équipage
Le pauvre potager : adieu planches, carreaux ;
            Adieu chicorée et poreaux (10);
            Adieu de quoi mettre au potage.
Le lièvre était gîté dessous un maître chou,
On le quête, on le lance (11) : il s'enfuit par un trou,
Non pas trou, mais trouée, horrible et large plaie
            Que l'on fit à la pauvre haie
Par ordre du Seigneur ; car il eût été mal
Qu'on n'eût pu du jardin sortir tout à cheval.
Le bon homme disait : Ce sont là jeux de Prince (12).
Mais on le laissait dire ; et les chiens et les gens
Firent plus de dégât en une heure de temps
            Que n'en auraient fait en cent ans
            Tous les lièvres de la province.

Petits Princes, vuidez vos débats entre vous.
De recourir aux Rois vous seriez de grands fous.
Il ne les faut jamais engager dans vos guerres,
            Ni les faire entrer sur vos terres.

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LE VIEILLARD ET SES ENFANTS

Toute puissance est faible, à moins que d'être unie :
Ecoutez là-dessus l'esclave de Phrygie (1).
Si j'ajoute du mien à son invention,
C'est pour peindre nos moeurs, et non point par envie ;
Je suis trop au-dessous de cette ambition.
Phèdre enchérit (2)  souvent par un motif de gloire ;
Pour moi, de tels pensers me seraient malséants.
Mais venons à la fable, ou plutôt à l'histoire
De celui qui tâcha d'unir tous ses Enfants.

Un Vieillard prêt d'aller où la mort l'appelait :
Mes chers enfants, dit-il (à ses Fils il parlait),
Voyez si vous romprez ces dards (3) liés ensemble ;
Je vous expliquerai le noeud (4) qui les assemble.
L'Aîné les ayant pris et fait tous ses efforts,
Les rendit, en disant : Je le donne aux plus forts.
Un second lui succède, et se met en posture,
Mais en vain. Un Cadet tente aussi l'aventure.
Tous perdirent leur temps, le faisceau résista :
De ces dards joints ensemble un seul ne s'éclata.
Faibles gens ! dit le père, il faut que je vous montre
Ce que ma force peut en semblable rencontre.
On crut qu'il se moquait, on sourit, mais à tort.
Il sépare les dards, et les rompt sans effort.
Vous voyez, reprit-il, l'effet de la concorde.
Soyez joints, mes Enfants, que l'amour vous accorde.
Tant que dura son mal, il n'eut autre discours.
Enfin, se sentant prêt de terminer ses jours :
Mes chers Enfants, dit-il, je vais où sont nos pères.
Adieu, promettez-moi de vivre comme Frères ;
Que j'obtienne de vous cette grâce en mourant.
Chacun de ses trois Fils l'en assure en pleurant.
Il prend à tous les mains ; il meurt ; et les trois Frères
Trouvent un bien fort grand, mais fort mêlé d'affaires (5).
Un Créancier saisit, un Voisin fait procès :
D'abord notre trio s'en tire avec succès.
Leur amitié fut courte,  autant qu'elle était rare.
Le sang les avait joints, l'intérêt les sépare.
L'ambition, l'envie, avec les Consultants (6),
Dans la succession entrent en même temps.
On en vient au partage, on conteste, on chicane.
Le Juge sur cent points tour à tour les condamne.
Créanciers et Voisins reviennent aussitôt ;
Ceux-là sur une erreur, ceux-ci sur un défaut.
Les Frères désunis sont tous d'avis contraire ;
L'un veut s'accommoder, l'autre n'en veut rien faire.
Tous perdirent leur bien, et voulurent trop tard
Profiter de ces dards unis et pris à part.

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LE SERPENT ET LA LIME

On conte qu'un Serpent voisin d'un Horloger
(C'était pour l'Horloger un mauvais voisinage),
Entra dans sa boutique, et cherchant à manger,
              N'y rencontra pour tout potage
Qu'une Lime d'acier qu'il se mit à ronger.
Cette Lime lui dit, sans se mettre en colère :
        Pauvre ignorant ! et que prétends-tu faire ?
              Tu te prends à plus dur que toi.
              Petit serpent à tête folle,
              Plutôt que d'emporter de moi
              Seulement le quart d'une obole, (1)
              Tu te romprais toutes les dents :
              Je ne crains que celles du temps.

Ceci s'adresse à vous, esprits du dernier ordre,
Qui n'étant bons à rien cherchez sur tout à mordre.
            Vous vous tourmentez vainement.
Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages
                     Sur tant de beaux ouvrages ? (2)
Ils sont pour vous d'airain, d'acier, de diamant .

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Le Lion et le Chasseur

Fable n° 2

Livre VI

 

 

Un fanfaron, amateur de la chasse,
Venant de perdre un chien de bonne race
Qu’il soupçonnait dans le corps d’un Lion,
Vit un berger. « Enseigne-moi, de grâce,
De mon voleur, lui dit-il, la maison,
Que de ce pas je me fasse raison. »
Le berger dit : « C’est vers cette montagne.
En lui payant de tribut un mouton
Par chaque mois, j’erre dans la campagne
Comme il me plaît ; et je suis en repos. »
Dans le moment qu’ils tenaient ces propos,
Le Lion sort, et vient d’un pas agile.
Le fanfaron aussitôt d’esquiver :
« Ô Jupiter, montre-moi quelque asile,
S’écria-t-il, qui me puisse sauver ! »
La vraie épreuve de courage
N’est que dans le danger que l’on touche du doigt :
Tel le cherchait, dit-il, qui, changeant de langage,
S’enfuit aussitôt qu’il le voit.

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L'ÂNE ET SES MAITRES

L'Âne d'un Jardinier se plaignait au Destin 
De ce qu'on le faisait lever devant l'aurore. 
Les Coqs, lui disait-il, ont beau chanter matin ; 
             Je suis plus matineux encor. 
Et pourquoi ? Pour porter des herbes au marché. 
Belle nécessité d'interrompre mon somme ! 
             Le sort de sa plainte touché 
Lui donne un autre Maître ; et l'Animal de somme 
Passe du Jardinier aux mains d'un Corroyeur. 
La pesanteur des peaux, et leur mauvaise odeur 
Eurent bientôt choqué l'impertinente Bête. 
J'ai regret, disait-il, à mon premier Seigneur. 
             Encor quand il tournait la tête, 
             J'attrapais, s'il m'en souvient bien, 
Quelque morceau de chou qui ne me coûtait rien. 
Mais ici point d'aubaine ; ou si j'en ai quelqu'une
C'est de coups. Il obtint changement de fortune, 
             Et sur l'état d'un Charbonnier 
             Il fut couché tout le dernier. 
Autre plainte. Quoi donc, dit le Sort en colère, 
             Ce Baudet-ci m'occupe autant 
             Que cent Monarques pourraient faire. 
Croit-il être le seul qui ne soit pas content ? 
             N'ai-je en l'esprit que son affaire ? 

Le Sort avait raison ; tous gens sont ainsi faits : 
Notre condition jamais ne nous contente : 
             La pire est toujours la présente. 
Nous fatiguons le Ciel à force de placets. (1)
Qu'à chacun Jupiter accorde sa requête, 
             Nous lui romprons encor la tête.

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LES ANIMAUX MALADES DE LA PESTE

          Un mal qui répand la terreur,
          Mal que le Ciel en sa fureur (1)
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom),
Capable d'enrichir en un jour l'Achéron, (2)
            Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
            On n'en voyait point d'occupés
A chercher le soutien d'une mourante vie ; (3)
            Nul mets n'excitait leur envie ;
            Ni Loups ni Renards n'épiaient
            La douce et l'innocente proie.
            Les Tourterelles se fuyaient ;
            Plus d'amour, partant (4) plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit : Mes chers amis,
            Je crois que le Ciel a permis
            Pour nos péchés cette infortune ;
            Que le plus coupable de nous
Se sacrifie aux traits du céleste courroux ;
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L'histoire nous apprend qu'en de tels accidents (5)
            On fait de pareils dévouements : (6)
Ne nous flattons (7) donc point ; voyons sans indulgence
            L'état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
            J'ai dévoré force moutons ;
            Que m'avaient-ils fait ? Nulle offense (8) :
Même il m'est arrivé quelquefois de manger
                        Le Berger.
Je me dévouerai donc, s'il le faut ; mais je pense
Qu'il est bon que chacun s'accuse ainsi que moi 
Car on doit souhaiter selon toute justice
            Que le plus coupable périsse.
Sire, dit le Renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Et bien, manger moutons, canaille, sotte espèce.
Est-ce un péché ? Non non. Vous leur fîtes, Seigneur,
            En les croquant beaucoup d'honneur;
            Et quant au Berger, l'on peut dire
            Qu'il était digne de tous maux,
Etant de ces gens-là qui sur les animaux
            Se font un chimérique empire.
Ainsi dit le Renard, et flatteurs d'applaudir.
            On n'osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l'Ours, ni des autres puissances
            Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples Mâtins (9),
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L'Âne vint à son tour, et dit : J'ai souvenance
            Qu'en un pré de Moines passant,
La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et je pense
            Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n'en avais nul droit, puisqu'il faut parler net.
A ces mots on cria haro (10) sur le Baudet.
Un Loup quelque peu clerc (11) prouva par sa harangue
Qu'il fallait dévouer ce maudit Animal,
Ce pelé, ce galeux, d'où venait tout leur mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
            Rien que la mort n'était capable
D'expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour (12) vous rendront blanc ou noir.
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LE CHIEN QUI PORTE À SON COU LE DÎNER DE SON MAÎTRE
Nous n'avons pas les yeux à l'épreuve des belles, 
               Ni les mains à celle de l'or : 
               Peu de gens gardent un trésor 
               Avec des soins assez fidèles. 
Certain Chien qui portait la pitance au logis 
S'était fait un collier du dîné de son maître. 
Il était tempérant plus qu'il n'eût voulu l'être 
               Quand il voyait un mets exquis : 
Mais enfin il l'était et tous tant que nous sommes 
Nous nous laissons tenter à l'approche des biens. 
Chose étrange ! on apprend la tempérance aux chiens, 
               Et l'on ne peut l'apprendre aux hommes. 
Ce Chien-ci donc étant de la sorte atourné, (1)
Un Mâtin passe, et veut lui prendre le dîné. 
               Il n'en eut pas toute la joie 
Qu'il espérait d'abord : le Chien mit bas la proie, 
Pour la défendre mieux n'en étant plus chargé. 
               Grand combat : D'autres Chiens arrivent ; 
               Ils étaient de ceux-là qui vivent 
      Sur le public, et craignent peu les coups. 
Notre Chien se voyant trop faible contre eux tous, 
Et que la chair courait un danger manifeste, 
Voulut avoir sa part. Et lui sage : il leur dit : 
Point de courroux, Messieurs, mon lopin (2) me suffit : 
               Faites votre profit du reste. 
À ces mots le premier il vous happe un morceau. 
Et chacun de tirer, le Mâtin, la canaille, 
      À qui mieux mieux ; ils firent tous ripaille ; 
               Chacun d'eux eut part au gâteau. 

Je crois voir en ceci l'image d'une ville, 
Où l'on met les deniers à la merci des gens. 
               Echevins, Prévôt des marchands, (3)
               Tout fait sa main (4) : le plus habile 
Donne aux autres l'exemple. Et c'est un passe-temps 
De leur voir nettoyer un monceau de pistoles. 
Si quelque scrupuleux par des raisons frivoles 
Veut défendre l'argent, et dit le moindre mot, 
               On lui fait voir qu'il est un sot. 
               Il n'a pas de peine à se rendre : 
               C'est bientôt le premier à prendre. 
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Le Fou qui vend la sagesse

Jamais auprès des fous ne te mets à portée :
Je ne te puis donner un plus sage conseil.
               Il n'est enseignement pareil
À celui-là de fuir une tête éventée (1).
               On en voit souvent dans les cours :
Le Prince y prend plaisir ; car ils donnent toujours
Quelque trait (2) aux fripons, aux sots, aux ridicules.
Un Fol allait criant par tous les carrefours
Qu'il vendait la sagesse ; et les mortels crédules
De courir à l'achat : chacun fut diligent.
               On essuyait force grimaces ;
               Puis on avait pour son argent
Avec un bon soufflet un fil long de deux brasses (3).
La plupart s'en fâchaient ; mais que leur servait-il ?
C'étaient les plus moqués ; le mieux était de rire,
               Ou de s'en aller, sans rien dire,
               Avec son soufflet et son fil.
               De chercher (4) du sens à la chose,
On se fût fait siffler ainsi qu'un ignorant.
               La raison est-elle garant
De ce que fait un fou ? Le hasard est la cause
De tout ce qui se passe en un cerveau blessé.
Du fil et du soufflet pourtant embarrassé,
Un des dupes (5) un jour alla trouver un sage,
               Qui, sans hésiter davantage,
Lui dit : Ce sont ici hiéroglyphes (6) tout purs.
Les gens bien conseillés (7), et qui voudront bien faire,
Entre eux et les gens fous mettront pour l'ordinaire
La longueur de ce fil ; sinon je les tiens sûrs (8)
               De quelque semblable caresse.
Vous n'êtes point trompé : ce Fou vend la sagesse.

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LE MILAN ET LE ROSSIGNOL

Après que le Milan, manifeste voleur,
Eut répandu l'alarme en tout le voisinage
Et fait crier sur lui les enfants du village,
Un Rossignol tomba dans ses mains, par malheur.
Le héraut du printemps lui demande la vie :
Aussi bien que manger en qui n'a que le son ?
               Ecoutez plutôt ma chanson ;
Je vous raconterai Térée (1) et son envie.
Qui, Térée ? est-ce un mets propre(3) pour les Milans ?
Non pas, c'était un Roi dont les feux violents
Me firent ressentir leur ardeur criminelle (2) :
Je m'en vais vous en dire une chanson si belle
Qu'elle vous ravira : mon chant plaît à chacun.
               Le Milan alors lui réplique :
Vraiment, nous voici bien : lorsque je suis à jeun,
               Tu me viens parler de musique.
J'en parle bien aux Rois. Quand un roi te prendra,
               Tu peux lui conter ces merveilles.
               Pour un Milan, il s'en rira :
               Ventre affamé n'a point d'oreilles.(4)

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LE BERGER ET SON TROUPEAU

               Quoi ? toujours il me manquera 
               Quelqu'un de ce peuple imbécile ! 
               Toujours le Loup m'en gobera ! 
J'aurai beau les compter : ils étaient plus de mille, 
Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin ; 
               Robin mouton qui par la ville
               Me suivait pour un peu de pain 
Et qui m'aurait suivi jusques au bout du monde. 
Hélas ! de ma musette(1) il entendait (2) le son ; 
Il me sentait venir de cent pas à la ronde. 
               Ah le pauvre Robin mouton ! 
Quand Guillot eut fini cette oraison funèbre 
Et rendu de Robin la mémoire célèbre. 
               Il harangua tout le troupeau, 
Les chefs, la multitude, et jusqu'au moindre agneau, 
               Les conjurant de tenir ferme : 
Cela seul suffirait pour écarter les Loups. 
Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous 
               De ne bouger non plus (3) qu'un terme. (4)
Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton 
               Qui nous a pris Robin mouton. 
               Chacun en répond sur sa tête. 
               Guillot les crut, et leur fit fête. 
               Cependant, devant qu'il (5) fût nuit, 
               Il arriva nouvel encombre, (6)
       Un Loup parut ; tout le troupeau s'enfuit : 
Ce n'était pas un Loup, ce n'en était que l'ombre. 
               Haranguez de méchants soldats, 
               Ils promettront de faire rage ; 
Mais au moindre danger adieu tout leur courage : 
Votre exemple et vos cris ne les retiendront pas.
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